‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 261 sur 322 · Histoire d'un merle blanc, VI · texte numérisé non relu

Histoire d'un merle blanc, VI

2. Mardoche est tout simplement écrit en alexandrins à rimes plates, coupés arbitrairement de dix en dix par un chiffre romain. C'est, à la régularité près, le moyen dont s'était servi Lamartine pour donner en français l'équivalent de la strophe de Spenser... (Voir ci-dessus, p. 353.) Les stances du prologue des Marrons du Feu se rapprocheraient davantage par le nombre des vers (sept) de la strophe employée par Byron dans Childe Harold. Le sizain de Namouna n'est venu qu'après ces ébauches.

sistiblement le souvenir de Byron. Le poète y conte de tragiques histoires, où l'amour joue le premier rôle, un amour sombre et sauvage qui par la volupté conduit à la mort. Il aime, comme son grand devancier, à rapprocher les images de l'une et de l'autre, quand il ne va pas jusqu'à les unir. Il rivalise avec lui de mollesse et de séduction dans les scènes voluptueuses, de vigueur dans les chaudes peintures de meurtres et de combats. Sainte-Beuve rapprochait de Parisina la première partie de Portia1 ; il est certain que le colloque de la comtesse et de Dalti développe, avec infiniment de charme et de poésie, le thème posé par le poète anglais : « Les voilà, son amant est à ses pieds. Que leur importe le monde et tous les changements qu'y amène la mobilité du temps! Les créatures qui l'animent, la terre, les cieux, ne sont rien pour leurs yeux et leurs cœurs. Indifférents comme ceux qui ne sont plus pour tout ce qui est à leurs pieds et au-dessus de leur tête, comme si tout avait cessé d'exister, ils ne respirent plus que l'un pour l'autre. Leur ivresse est si grande que si ce délire brûlant ne perdait enfin de son ardeur, il consumerait les cœurs dans lesquels il s'allume2... »

Amour, disait l'enfant, après que demi-nue

Elle s'était mourante à ses pieds étendue,

Vois tu comme tout dort ? Que ce silence est doux!

Dieu n'a dans l'univers laissé vivre que nous.

Et Dalti :

Le ciel, ô ma beauté, ressemble à Fâme humaine : Il s'y trouve une sphère où l'aigle perd haleine, Où le vertige prend, où l'air devient de feu, Et l'homme doit mourir où commence le dieu3.

1 Portraits contemporains, Paris, 1869, t. II, p. 185. — Le rapprochement est fait également par Montégut. (Nos morts contemporains, Paris, 1883. p. 228.)

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