Trad. Pichot, 2e éd., t. II, pp. 31 et
But never at our vesper prayer, Nor e'er before confession chair Kneels he
His floating robe around him folding,
Slow sweeps he through the columned aisle
With dread beheld, with gloom beholding The rites that sanctify the pile.
But when the anthem shakes the choir,
And kneel the monks, his steps retire ;
By yonder lone and wavering torch
His aspect glares within the porch ;
There will he pause till ail is done —
And hear the prayer, but utter no ne.
Comparez la tirade de Rolla :
O Christ ! je ne suis pas de ceux que la prière Dans tes temples muets amène à pas tremblants ; Je ne suis pas de ceux qui vont à ton calvaire, Ense frappant le cœur, baiser tes pieds sanglants : Et je reste debout sous tes sacrés portiques Quand ton peuple fidèle, autour des noirs arceaux, Se courbe en murmurant sous le vent des cantiques, Comme au souffle du nord un peuple de roseaux...
de la mort dans ses effets et consumé ses nuits dans l'étude des sciences.
Il marcha sur les pas de ceux à qui la mort
Révèle les secrets de l'être et de la vie ;
Incliné sous sa lampe, infatigable amant
Dune science aride et sans fin poursuivie,
On le voyait la nuit écrire assidûment,
Ou quelquefois encor, quand l'astre au front d'albâtre
Efface les rayons de son disque incertain,
Il osait, oubliant sa tâche opiniâtre,
Etudier les lois de ces mondes sans fin,
Flots d'une mer de feu sur nos fronts balancée
Et que n'ont pu compter ni l'œil ni la pensée !...
Comme Manfred enfin, il est destiné à donner à la fois l'amour et la mort; s'il n'a pas versé le sang de Georgina, comme Manfred celui d'Astarté, il a brisé le cœur de la malheureuse, et quand il implore son pardon il s'aperçoit, lui aussi, avec désespoir qu'il est trop tard.
Dalti ou Tiburce ne sont que des esquisses. Voici dans la Coupe et les Lèvres un tableau longuement étudié, où tous les détails n'ont pour but que de mettre en relief le personnage central. « Franck, a-t-on dit, est le plus byronien des héros de Musset1. » Il est certain qu'il a un peu des traits de tous ceux de Byron. Il est sombre et fatal comme le Giaour, impérieux comme Lara ou Conrad. Par certains côtés de sa nature, il se rapproche lui aussi de Manfred, Il est, comme lui, possédé par le démon de l'orgueil ; il a en horreur la communauté humaine ; il a perdu toutes les illusions terrestres ; comme lui, il cherche à se soustraire par le suicide au fardeau de la vie; il promène sur son cœur la pointe de son poignard, comme Manfred cherche dans les hauteurs
1. Arvède Barine, Alfred de Musset, Paris 1883, p. 51. Voir dans le même sens Sainte-Beuve [Portraits contemporains, Paris, 1869, p. 189 : « Le personnage principal de la Coupe et les Lèvres, Charles Franck, n'est pas d'une autre famille que Manfred, Conrad, le Giaour ») et Lafoscade (£,ç Théâtre d'Alfred de MusseL Paris, 1902, p. 63 et suiv.).
alpestres le précipice où ses atomes rentreront dans le sein de la terre. Il exhale lui aussi son désespoir en déclamations pessimistes ; il aspire au néant :
Je renierai l'amour, la fortune et la gloire, Mais je crois au néant comme je crois en moi 3.
S'il y a du satanisme dans le génie malfaisant de Manfred, il y en a aussi dans l'apologie du mal que fait Franck :
Le bien a pour tombeau l'ingratitude humaine ; Le mal est plus solide : Erostrate a raison 2.
Mais il y a entre les deux personnages de profondes différences. Manfred est doué d'un génie supérieur : il a une intelligence capable de comprendre l'univers ; il exerce une véritable domination sur la nature ; par là s'expliquent son refus de se mêlera la foule des hommes et sa hautaine solitude. L'orgueil de Franck est puéril : le dépit d'avoir été moins heureux à la chasse que ses compagnons, le désir de se singulariser, lui font prendre une attitude que rien ne justifie dans ce que nous connaissons de lui. Sa longue tirade philosophique du IVe acte est un peu inattendue. Ce n'est pas seulement parce que Franck est un simple chasseur de chamois ; c'est surtout parce qu'il y a une disproportion singulière entre les causes de ce pessimisme et l'expression qui lui est donnée. Manfred est un savant et un penseur : sa désespérance vient du remords incessant de son crime, mais elle a aussi des raisons intellectuelles. Il est préoccupé de l'énigme de la vie et de la destinée ; ses passions mêmes n'ont fait que redoubler cette préoccupation en lui faisant désirer de percer plus vivement les obscurités de l'avenir. Franck est un enfant qui n'aurait jamais pensé à rien si Monna Belcolore ne s'était trouvée sur sa route. Ajoutez qu'il lui