‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 267 sur 322 · Don Juan, III, 2, trad. Pichot · texte numérisé non relu

Don Juan, III, 2, trad. Pichot

Oh, Love ! what is it, in this world of ours,

Whieh makes it fatal to be loved ? Ah ! why Wilh cypress branches hast thou wreathed ihy bowers,

And niade thy best interpréter a sigh ? As those who dote on odours pluck the flowers,

And place ihem on their breast, — but place lo die, — Thus the frail beings we would fondly cherish Are laid wilhin our bosoms but to perish.

2. Don Juan, I, 122 et suiv., trad. Pichot, 2* éd,. t II, p. 130 et suiv. :

'Tis sweet to hear, Al the night on the blue and moonlit dcep,

Musset reprend le thème au point pour ainsi dire où Byron l'avait laissé, et il continue à le développer du même mouvement inspiré :

Il se peut qu'on oublie un rendez-vous donné, Une chance, un remords, et l'heure où l'on est né Et l'argent qu'on emprunte. Il se peut qu'on oublie Sa femme, ses amis, son chien et sa patrie. Il se peut qu'un vieillard perde jusqu'à son nom. Mais jamais l'insensé, jamais le moribond, Celui qui perd l'esprit ou celui qui rend l'âme, N'ont oublié la voix de la première femme Qui leur a dit tout bas ces quatre mots si doux Et si mystérieux : « My dear child, I love you *. »

C'est que l'amour est à leurs yeux le seul bien qu'il y ait au monde, la seule chose qui vaille la peine de vivre. L'amour purifie et relève tous ceux qu'il touche. Une passion pure donne au pirate Conrad autant de noblesse que la vertu même; un chaste baiser sur le front de Marion rachète le suicide de Rolla. Dans la ruine des illusions et des croyances, seul l'amour reste debout. Il tient la place de la religion ; bien mieux, il en est une ; il a en soi quelque chose de divin. « Oui, l'amour est une clarté céleste, une étincelle de ce feu immortel que nous partageons avec les anges... La piété élève au ciel l'âme du juste ; le ciel lui-même descend dans nos âmes avec l'amour. C'est un sentiment qui vient de la Divinité pour détruire toutes nos pensées vulgaires ; c'est un rayon de Celui qui a tout créé, uneauréole brillante qui couronne le cœur2. »

The song and oar of Adria's gondolier,

By distance mellow'd, o'er the waters sweep ..

But sweeter still than this, than thèse, than ail,

Is first and passionnate love — it stands alone, Like Adam' s recollection of his fall.

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