‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 274 sur 322 · Une soirée perdue · texte numérisé non relu

Une soirée perdue

4. Le Poète déchu, cité par P. de Musset, Biographie, p. 131.

Et de sa solitude emplissait l'univers;

Lui, le grand inspiré de la mélancolie,

Qui, las d'être envié, se changeait en martyr ;

Lui, le dernier amant de la pauvre Italie,

Pour son dernier exil s 'apprêtant à partir ;

Lui qui, rassasié de la grandeur humaine,

Comme un cygne à son chant sentant sa mort prochaine,

Sur terre autour de lui cherchait pour qui mourir 1 . . . .

Maintes allusions dans ses ouvrages contemporains, et jusque dans la dernière pièce qu'il ait composée, montrent assez que cette grande figure lui était toujours présente 2. Il admirait « ce génie extraordinaire » ; il éprouvait pour « le pauvre homme », comme disait David d'Angers, de la « sympathie et de la pitié » 3 ; mais il ne se croyait pas obligé d'étendre son indulgence aux imitateurs et aux copistes du maître. Dupuis et Cotonet, tout en courant après la définition du romantisme, avaient dit leur fait aux compilateurs, traducteurs et plagiaires qui nous faisaient boire « du sang de pendu dans la chaudière anglaise h ». La quatrième lettre des deux habitants de la Ferté-sous-Jouarre est consacrée à railler quelques-unes des exagérations du temps. Le byronisme n'y est pas oublié. Narcisse se croit à la fois un petit Napoléon, un petit Byron et un nouveau Crébillon fils. « Comment arranger tout ce monde ensemble ? Il est tantôt l'un, tantôt l'autre, selon le temps et l'occasion. Aujourd'hui,

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