‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 279 sur 322 · Histoire du romantisme, p · texte numérisé non relu

Histoire du romantisme, p

4. Alfred Michiels, les Critiques du XIX° siècle, dans la Revue française, t. II, 1840-1841, p. 429.

5. Réponse au discours de réception de M. Alfred de Musset, le 27 mai

relies ; elle n'y a rien ajouté, et votre exemple est une preuve illustre qu'il y aura toujours plus de péril que de profit pour nos poètes à se laisser aller aux charmes du grand poète anglais. » En quoi pouvait bien consister cette « imitation indirecte » ? On se le demande, quand on voit Nisard, l'instant d'après, soustraire à l'influence byronienne et revendiquer comme « le bien propre du poète et le nôtre » 4, VEspoir en Dieu, les Nuits, et les Stances à la Malibran. Dix ans plus tard, il marquait, dans la conclusion de son Histoire de la littérature française, sa prédilection pour Musset, « aussi original que ses deux aînés, et plus dans la tradition classique, qui est l'originalité même de la France 2 ». Puis Emile Montégut est venu, qui a finement montré toute la

1. Réponse au discours de réception de M. Alfred de Musset, le 27 mai 1852. Nettement, dans son Histoire de la littérature française sous le gouvernement de 'Juillet, reproduit en substance le jugement de Nisard: « L'admiration d'Alfred de Musset pour lord Byron, après avoir commencé par l'imitation, qui est la pire des ressemblances, devait aboutir à quelque chose de supérieur, et devenir cette espèce de parenté intellectuelle qui s'établit par un long commerce. » (T. II, Paris, 1855, p. 164.) M. Georges Renard accorde plus encore à l'influence exercée par Byron sur le poète français : « Musset demeura marqué pour toujours par l'épidémie byronienne qui sévit, aux environs de 1830, sur tous ceux qui étaient alors dans l'âge des engouements faciles, c'est-à-dire tout près de leur vingtième année. Il guérit sans doute : il avait trop de sève en luimême pour ne pas rejeter les éléments étrangers respires dans l'air environnant ; il développa sa nature propre jusqu'à devenir un des plus originaux et peut-être le plus français parmi les ouvriers de la grande Babel romantique. Pourtant, même dans ses œuvres les plus personnelles, subsiste je ne sais quoi de sombre qui sent encore Byron et l'Angleterre. Musset a été le premier de nos grands poètes à se dire amoureux de la mort et à chanter la désespérance. Quand il disait :

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,

quand il jetait ce cri de douleur qui à force d'éveiller des échos de toutes parts est pour nous devenu banal, n'était-ce pas l'invasion dans notre poésie de ce mal étrange que nos pères ont nommé le spleen, et qui (son nom même l'indique) nous est venu d'Angleterre par contagion ? )) {Nouvelle Revue, t. XXXV, 1885, p. 700.)

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