Traduction Pichot, 3^ éd., 1821, t. III, p
Pas un nuage au ciel. Tout, comme nous, repose. Viens, respire avec moi l'air embaumé de rose î Regarde, plus de feux, plus de bruit. Tout se tait. La lune tout à l'heure à l'horizon montait. Tandis que tu parlais, sa lumière qui tremble El ta voix toutes deux m'allaientau cœur ensemble. Je me sentais joyeuse et calme, ô mon amant, Et j'aurais bien voulu mourir en ce moment !
Ah I qui n'oublierait tout à cette voix céleste ! Ta parole est un chant où rien d'humain ne reste. Et, comme un voyageur sur un fleuve emporté, Qui glisse sur les eaux par un beau soir d'été, Et voit fuir sous ses yeux mille plaines fleuries, Ma pensée entraînée erre en tes rêveries *.
On sait comment le bruit lointain du cor les tire de leur extase, et remplace tristement pour eux la voix amoureuse du rossignol.
Avec le lyrisme, c'est la passion queByron a enseignée aux dramatistes nouveaux. Elle n'est pas toujours chez lui violente et sombre. Ses caractères féminins sont en général des types de dévouement et de tendresse. Son Haïdée, sa Médora, aiment jusqu'à la mort : telles la fille de Triboulet, la pauvre Blanche, ou Jenny Darlington. Gulnare, pour sauver Conrad, a commis un meurtre. Elle le rachète, sous le nom de Kaled, en sacrifiant sa vie au maître qui est en même temps son amant. Ce jeune page, à la taille svelte, aux traits délicats, aux joues veloutées et aux yeux mélancoliques, nous le retrouvons dans la Paula de Christine. Elle aussi, pour suivre l'homme qu'elle adore, elle a trahi sa mère et son devoir ; elle s'est résignée à prendre le nom de Paula et des habits de cavalier, bien qu'elle se doutât que c'était pour la cacher aux regards d'une femme. Elle accepte tout, pourvu qu'elle reste auprès de son amant :