‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 293 sur 322 · Le Giaour, trad. Pichot, 2e éd., t. II, p · texte numérisé non relu

Le Giaour, trad. Pichot, 2e éd., t. II, p

Yet did he but what I had done, Had she be false to more than one.

Faithless to him, he gave the blow, But true to me, I laid him low.

3. « Il (Hugo) lut donc, un soir de juillet, Marion de Lorme, qui s'appelait alors Un duel sous Richelieu, devant une réunion nombreuse dans laquelle on remarquait MM. de Balzac, Eugène Delacroix, Alfred de Musset. Alexandre Dumas, Alfred de Vigny, Sainte-Beuve, Villemain, Mérimée. Armand et Edouard Bertin, Louis Boulanger, Frédéric Soulié, Taylor, Soumet, Emile et Antoni Deschamps, les Devéria, Charles Magnin, Mme Tastu, etc. — Le succès fut très vif. » (Victor Hugo raconte par un témoin de sa vie, Œuvres complètes, éd. ne varielur, in-8", t. II,

était une première épreuve au théâtre du type byronien. D'où sort ce beau cavalier, tout de noir vêtu, qui grimpe si lestement au balcon de Marion de Lorme ? Il a pour tout nom Didier, — Didier de rien, bien qu'il porte 1 épée au côté et qu'il vive en gentilhomme. Il n'a connu ni père ni mère. Il est mystère pour les autres et mystère pour lui-même :

J'ignore d'où je viens et j'ignore où je vais i.

Il ne sait qu'une chose, c'est qu'il est né pour souffrir. Une fatalité pèse sur lui ; il a été créé pour le malheur, et pour y entraîner ceux dont la destinée est liée à la sienne. A peine ouvre-t-il la bouche, qu'il se déclare « funeste et maudit 2 ». Il est seul, il est triste, il est amer. A vingt ans, il a jugé l'humanité :

Je voyageai. Je vis les hommes et j'en pris En haine quelques-uns et le reste en mépris, Car je ne vis qu'orgueil, que misère et que peine Sur ce miroir terni qu'on nomme face humaine. Si bien que me voici jeune encore, et pourtant Vieux, et du monde las comme on l'est en sortant, Ne me heurtant à rien où je ne me déchire, Trouvant le monde mal, mais trouvant l'homme pire...3

Il n'a qu'une consolation, l'amour ; mais l'amour, il n'ose ni l'accepter ni l'offrir. Il ne peut donner en retour « que

p. 258 ) Sur le retentissement de cette lecture et de celle qui eut lieu, quelques jours après, à la Comédie Française, voir le Mercurz du XIXe siècle, t XXVI, 1829, p. 142 : « Il est bruit en ce moment d'une lecture que le roi des romantiques se serait laissé arracher par Messieurs de la Comédie-Française . . Le titre en a transpiré dans le public : c'est Un duel sous Richelieu. On nous a raconté des choses prodigieuses de l'enthousiasme des artistes : l'un d'eux n'aurait pu manifester le sien qu'avec le secours de la pantomime, tant son vocabulaire habituel lui a semblé mesquin auprès de celui de M. Victor Hugo... »

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