‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 3 sur 322 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

élevé parmi nous une école jeune et puissante, impatiente d'avenir, féconde en images, riche d'une abondance de pensées que les grands événements contemporains avaient mûries pour la moisson du poète, il faut attribuer à lord Byron une grande part dans ce progrès véritable en matière d'art et de poésie, car c'est lui surtout qui a enseigné à chercher des effets nouveaux loin des sentiers d'une littérature que les traditions frivoles du xvme siècle avaient achevé d'épuiser1. » Ce n'était évidemment que dans la seconde moitié du xixe siècle que l'on pouvait traiter le sujet dans toute son étendue et avec la modération désirable. Encore n'est-on pas arrivé du premier coup à l'impartialité. A la superstition des littératures étrangères avait succédé, vers 1850, un dédain injustifié à leur égard. Après avoir crié sur tous les tons que les Anglais et les Allemands avaient fait le romantisme français, on commençait à penser et à dire qu'ils n'y avaient été pour rien. En refusant d'admettre « que la littérature romantique en masse, prose et vers, art et langue, romans, drames et odes, procédât de l'Angleterre et de l'Allemagne », Granier de Cassagnac parlait le simple bon sens ; mais en déclarant « parfaitement déraisonnable et impossible » que « les Méditations poétiques vinssent d'ailleurs que de M. de Lamartine, Notre-Dame, les Chants du crépuscule et le Roi s'amuse d'ailleurs que de M. Victor Hugo, Antony d'ailleurs que de M. Dumas 2 », il ne faisait qu'embrouiller par ses affirmations intempérantes une question qui ne pouvait être résolue que par discernement et mesure. En 1863, Sainte- Beuve, invoquant à l'appui de son dire la familiarité où il avait vécu dans les premières années du romantisme avec les talents et les génies de l'école naissante, déclarait que « les imitations de littérature étrangère, et particulièrement de l'Allemagne, étaient moins voisines de leur pensée qu'on ne le

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