‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 30 sur 322 · Don Juan, II, st · texte numérisé non relu

Don Juan, II, st

Haidée was Nature's bride

Haidée was passion's child, boni where the sun Showers triple light,and scorches even the kiss

Of his gazelle-eyed daughlers ; she was one Made but to love, to feel that she was his

Who was her chosen : what was said or done Elsewhere was nothing

4. Rousseau juge de Jean- Jacques, Ite dialogue, Œuvres complètes, éà citée, t. XVIII, p. 254.

amour naturel pour la solitude, qui n'a fait qu'augmenter à mesure que j'ai mieux connu les hommes 4. » — « Vous me demandez pourquoi je fuis les hommes : demandez-le à euxmêmes ; ils le savent encore mieux que moi 2... Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé tous les liens qui m'attachaient à eux 3. » Est-ce Rousseau qui parle ? est-ce Byron? On en pourrait douter, s'il n'y avait dans l'accent quelque chose de résigné et de plaintif qui ne se retrouve pas dans les hautains soliloques de Childe Harold et de Manfred. Ce n'est plus un vieillard, lassé de l'existence, qui cherche loin des agitations humaines l'oubli et la paix : c'est un jeune homme, misanthrope avant d'avoir vécu, qui déclare la guerre à la société avec la fougue de son âge et l'ardeur de combattivité qu'une longue suite d'ancêtres violents a déposée en lui. Rousseau se réfugie dans la solitude, mais il n'en proteste pas moins qu'il est « le plus sociable et le plus aimant des hommes 4 » ; il aime mieux les fuir que les haïr r>. Ryron se plaît à appeler sur lui la haine de ses semblables et à la leur rendre. De ce qui était chez Rousseau une souffrance et le triste fruit de l'expérience, il fait l'aliment et l'acre jouissance de son orgueil.

Tous deux, se séparant et se détournant des hommes, ils se sont rejetés vers la nature. « Je ne vois qu'animosité sur le visage des hommes, disait Rousseau, et la nature me rit toujours °. » A tous deux elle a été bienfaisante et maternelle : elle a apaisé ces âmes inquiètes ; elle les a plongées dans les rêveries infinies où se perd la conscience doulou-

1. Première lettre à M. de Malesherbes, éd. citée, t. XIX, p. 340.

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