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2. André Le Breton, Balzac, l'homme et V œuvre, Paris, 1905, p. 71. Je dois beaucoup au très intéressant et suggestif chapitre que M Le Breton consacre aux Origines du roman balzacien.
celle-ci ne peut soutenir. Un teint basané, des manières brusques, « un air de majesté répandu sur ses traits et qui paraît provenir de l'habitude du commandement », des « gestes où respire la conscience qu'il a de sa supériorité », achèvent la ressemblance d. Aux voleurs qui l'arrêtent sur le grand chemin, comme aux gendarmes qui lui demandent ses papiers, cet inconnu impose le respect -. De morale et de religion, il n'en a cure. S'il entre dans une église, c'est pour y prendre l'attitude hautaine du Giaour, et son mépris perce dans son regard 3. Pirate et flibustier, enrichi par le meurtre et par le brigandage, il ne connaît ni la pitié ni la peur. Mais ce féroce corsaire tombe sous l'empire d'une petite bourgeoise pieuse, timide et tendre. « Cet homme, qui avait vu mourir tant de ses semblables froidement et sans sourciller, pâlit devant une jeune fille 4 ! » En vain il se refuse à « faire le malheur de cette créature céleste5 ». En vain, pour mettre un abîme entre elle et lui, il lui trace une peinture effroyable du sort qui les attend : « Unir votre destinée à la mienne, Annette, c'est unir la plante délicate et pure qui porte le parfum le plus céleste avec celle qui ne distille que des poisons... Songez que tout en vous apportant en dot une couche nuptiale trempée de larmes, vous aurez un cœur qui tremblera à chaque regard que vous jetterez sur moi. Dans la nuit vous serez en proie à un terrible sommeil qui sera troublé par tout ce que les remords ont de plus affreux; je vous montrerai les ombres sanglantes que je vois et qui me poursuivent... Voilà mes nuits !... Voulez-vous de mes jours? Sans cesse je prie; sans cesse je pleure ; je n'ose regarder le ciel ; la nature entière m'accuse, et la prière, les privations, ne me paraissent jamais assez sévères !... Oh ! ce n'est rien