‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 305 sur 322 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

encore ! Avec cet enfer ici-bas, je vous apporte aussi l'enfer véritable : votre époux ira avec les millions de damnés pousser des cris de rage, voguera sur les feux éternels, et rien, rien ne pourra me racheter 4... » La fatalité suit son cours : les deux amants sont unis. Mais, dénoncé à la justice, évadé de sa prison après une bataille en règle avec la maréchaussée, capturé au terme d'une fuite épique, Argow paye, en place publique de Valence, sa dette à la société, et Annette, sur sa tombe, expire de douleur et d'amour 2.

La Comédie humaine aura, parmi ses innombrables acteurs, des « forbans » moins vertueux et des « pirates » moins sentimentaux mais plus justement effrayants, les Philippe Bridau, les Vautrin, les Gobseck, incarnations modernes et réalistes de cette énergie malfaisante queByron avait symbolisée dans Lara et dans Manfred. Mais, comme s'il ne pouvait s'abstenir de lui faire porter au moins une fois l'empreinte du maître, Balzac a logé en un coin de l'œuvre colossale une de ces étranges figures qui, entre 1820 et 1830, hantèrent toutes les imaginations françaises. C'est le meurtrier inconnu qu'un épisode mélodramatique de la Femme de trente ans 3 nous montre, par une nuit d'hiver, cherchant un asile au foyer, en apparence heureux et paisible, du général d'Aiglemont. « Des gouttes de sueur froide sillonnaient son front jaune et large. Une audace incroyable brillait sur son visage fortement contracté. Ses yeux de feu, fixes et secs, semblaient contempler un combat dans l'obscurité qui était devant lui. Des pensées tumultueuses passaient

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