Voir ci-dessus, même chapitre, § Ier
2. Impressions de voyage, V, les Eaux d'Aix, dans la Revue des Deux Mondc.H du ler juin 1833, t. III, pp. 42-58. « Nous nous assîmes sur le tombeau brisé de l'un des généraux de l'ordre. Il appuya un instant son front entre ses deux mains ; ce mouvement fit retomber son capuchon en arrière, de sorte que lorsqu'il releva la tête je pus l'examiner à loisir. Je vis alors un jeune homme à la barbe et aux yeux noirs; la vie ascétique l'avait rendu maigre et pâle, mais en ôtant à sa beauté elle avait ajouté à sa physionomie. C'était la tête du Giaour telle que je l'avais rêvée d'après les vers de Byron, etc. »
3. Le Comte de Monte-Cristo, première édition, Paris, 1845. Je cite d'après l'édition courante, iu-18, Paris, Calmawn-Lévy,
L'imitation, ici, n'est pas déguisée ni clandestine. Elle s'affiche et s étale comme un titre de gloire. Sous la vareuse de Dantès, comme sous l'accoutrement oriental de Sinbad le marin, comme sous l'habit noir et le gilet blanc du comte de Monte-Cristo, c'est un « véritable héros de Byron », l'auteur nous en avertit, que l'homme « au cœur de bronze et au visage de marbre » dont nous lisons l'étrange histoire. « Franz ne pouvait, nous ne dirons pas le voir, mais seulement songer à lui sans qu'il se représentât ce visage sombre sur les épaules de Manfred ou sous la toque de Lara. Il avait ce pli du front qui indique la présence incessante d'une amère pensée ; il avait ces yeux ardents qui lisent au plus profond des âmes ; il avait cette lèvre hautaine et moqueuse qui donne aux paroles qui s'en échappent ce caractère particulier qui fait qu'elles se gravent profondément dans la mémoire de ceux qui les écoutent... Par une dernière ressemblance avec les héros fantastiques du poète anglais, le comte semblait avoir le don de la fascination *. » Il tient des mêmes modèles l'indomptable amour de la liberté, la rancune implacable, la soif de vengeance, le mépris de l'homme, la haine de la société, dont il se plaît à railler la justice et pour qui il croit avoir assez fait en n'employant pas à la détruire la formidable puissance que lui assurent son génie supérieur, sa volonté de fer et ses immenses trésors : « En les supprimant dans mon estime et en gardant la neutralité vis-à-vis d'eux, c'est encore la société et mon prochain qui me doivent du retour 2. » Il n'a qu'une affection au monde, cette jeune Grecque qu'il appelle Haydée, comme l'amante de Don Juan, et qui ressemble à Médora. Elle seule rattache à la vie cette âme que le néant n'effraye pas. « Eh quoi ! ce moi que je croyais quelque chose, ce moi dont jetais si fier, ne sera demain que poussière ! Hélas ! ce