‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 35 sur 322 · T. II, p · texte numérisé non relu

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que m'aient fait les cieux. Finis mon supplice, et ne me laisse pas plus longtemps errer dans ce désert sauvage, s'il n'est point de berceaux où je puisse respirer et goûter la douceur du repos *. »

On peut suivre dans la littérature française de la fin du xvme siècle et de l'époque impériale, de Colardeau à Baour- Lormian et à Lamartine lui-même, la fortune de cette lugubre poésie2. Le « youngisme » a précédé le byronisme et y a préparé les esprits. Dans Childe Harold et dans Don Juan on a reconnu, — non sans raison, — « l'écho de la mélancolie des Nuits 3 ». Mais si Young se plaît à ramener perpétuellement la pensée sur la misère humaine, sur la souffrance et sur la mort, c'est pour tirer de ces images désolantes des motifs de consolation et d'espérance. Son pessimisme se tourne et se fond en effusions religieuses : « Heureux l'homme qui, dégoûté des plaisirs factices d'un monde tumultueux et de tous ces vains objets qui s'interposent entre notre âme et la vérité, s'enfonce par choix sous l'ombre épaisse et silencieuse des cyprès, visite les voûtes sépulchrales que le flambeau du trépas éclaire, lit les épitaphes des morts, pèse leurs poussières et se plaît au milieu de leurs tombeaux î... Ce sombre empire, où la mort est assise au milieu des ruines, offre à l'homme un asyle paisible où son âme doit entrer et promener ses pensées solitaires... O mon âme, entrons-y sans effroi, cherchons ici ces pensées consolantes dont l'homme a tant besoin sur la terre 4. » Et l'âme, accablée un moment sous le poids de la destinée, se redresse, et n'aspire qu'avec plus de force à l'immortalité. Mais, tandis que Young, spiritualiste et chrétien, s'attendrit et se résigne, Byron, sceptique, maudit la

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