‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 36 sur 322 · T. I, pp · texte numérisé non relu

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vie, et ne voit dans les misères humaines qu'un objet de sarcasme et de dérision.

Il se rencontre en ce point avec Voltaire, et il y a tout lieu de croire que l'accord n'est pas purement fortuit. Dès la première heure, les lecteurs français ont fait le rapprochement : on peut dire qu'il leur a sauté aux yeux. « Il a bien lu Voltaire, disait Chateaubriand, et il l'imite souvent1. » Il n'apparaît pas que Don Juan doive grand'chose à la Pucelle, bien qu'à maintes reprises on les ait comparés. Mais Candide et les Romans en général ont été un des livres de chevet du poète anglais ; il les cite fréquemment ; il y fait allusion dans ses lettres ou même dans ses vers, comme à des ouvrages familiers. Surtout, il s'en est assimilé l'esprit. Les aventures de Don Juan ne reproduisent pas dans le détail celles de Candide, mais elles y font plus d'une fois penser. L'un et l'autre écrivain promènent à travers le monde, au cours d'une odyssée fertile en incidents imprévus, capricieusement inventés et médiocrement enchaînés, un héros dont la personne ne leur importe guère, mais dont l'histoire leur offre une ample matière à philosopher. Il arrive souvent que leurs réflexions se répondent. Le VIP chant de Don Juan, par exemple, satire de la guerre et des guerriers, développe tel passage de Candide ou de Micromégas. Avant que Byron eût raillé l'hypocrisie anglaise, Voltaire avait peint le monde comme il va, dénoncé le mensonge des apparences, montré l'envers de la société, et, sous les dehors brillants ou élégants, la corruption des mœurs. Avant que Byron se fît un triste plaisir de rabaisser l'orgueil de l'homme, de lui étaler le néant de ses illusions, la vanité de ses grandeurs et les basses nécessités auxquelles sa nature est sujette, Voltaire avait exposé un matérialisme encore plus cynique par la bouche du grand anatomiste Sidrac. Du persiflage à la bouffonnerie, tous les deux ont connu et pratiqué toutes les formes de l'irrévérence. Mais il y

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