‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 57 sur 322 · Ibid., II, pp · texte numérisé non relu

Ibid., II, pp

ses menaces, étaient terribles ; il parlait vaguement et sans suite, riait d'un rire convulsif, et, jetant autour de lui des yeux égarés, il s'écriait que la terre était teinte de sang et que les spectres des morts lui apparaissaient 4. » — « Ne me regarde pas ainsi ! lui dit-il encore. Fleur fragile et passagère, ne prodigue pas vainement tes doux parfums sur un sépulcre vivant qui ne renferme plus que la corruption et la mort I Si tu pouvais lire dans mon cœur et voir le ver rongeur qui le dévore, tu frémirais et tu reculerais d'horreur 2 ! » Tels sont les madrigaux qu'il débite à ses tristes amantes, et l'on comprend que l'une d'elles, en le quittant, s'écrie : « Il a l'âme de Satan 3 ! »

D'un personnage aussi étrange, on ne pouvait rien attendre que d'extraordinaire ; aussi n'éleva-t-on pas au premier moment le moindre doute sur l'authenticité du Vampire, publié en 1819 sous le nom de Byron par la librairie Galignani. La rhapsodie de Polidori , traduite immédiatement par un certain Faber 4, obtint un succès foudroyant. Romanciers et dramaturges en quête d'émotions fortes et de situations nouvelles, s'en emparèrent pour l'exploiter. Au mois de février 1820, Ladvocat lançait un ouvrage en deux volumes : Lord Ruthwen ou les Vampires, roman de C. B., publié par l'auteur de Jean Sbogar et de Thérèse Aubert. En juillet, on en imprimait en toute hâte une seconde édition, augmentée de Notes sur le vampirisme. Charles Nodier, l'éditeur et, disait-on, l'auteur du roman 5, présentait modestement l'ou-

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