‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 59 sur 322 · T. XI, 1820, p · texte numérisé non relu

T. XI, 1820, p

5 Le 27 juin 1820 on joue : à la Porte-Saint-Martin, le Vampire ; au Vaudeville, le Vampire ; aux Variétés, les trois Vampires.

6. En 1823, je trouve encore à la Porte-Saint-Martin un Polichinel Vampire. Le vampirisme a été très à la mode sans la Restauration. On l'étudiait gravement (voir Y Histoire des vampires et des spectres malfaisants avec un examen du vampirisme, anonyme, Paris, Maison, 1820), et on en tirait des effets littéraires : témoin la Guzla de Mérimée.

effrayants. Dans les Trois Vampires, un brave bourgeois de Pantin, M. Gobetout, excité par la lecture des romans romantiques, et de celui de Byron en particulier, partait en guerre contre des vampires en chair et en os qui n'étaient autres que les amoureux de ses deux filles et de sa bonne. La pièce finissait naturellement par un triple mariage 4. Ces plaisanteries n'arrêtaient pas la vogue du mélodrame de Nodier. En 1823, joué par Philippe et par Mme Dorval, il attirait encore la foule à la Porte-Saint-Martin, et Alexandre Dumas y applaudissait de tout son cœur, sans se douter à coup sûr que 28 ans plus tard il ferait reparaître sur une autre scène le sinistre lord Ruthwen 2. Quant au Vampire dit de Byron, ancêtre de tous ces vampires, il poursuivait lui aussi sa carrière, malgré les désaveux de son auteur putatif. Il faudra longtemps pour qu'on l'expulse des traductions complètes du poète anglais, où la crainte de soulever les réclamations des souscripteurs oblige, bon gré mal gré, à le maintenir 3. N'était-ce pas lui qui, en 1819-1820, avait assuré le succès de la première, comme le constate Mme Belloc, non sans souligner cette ironie du sort qui fit commencer la popularité de Byron par un conte absurde, et qui n'était même pas de lui -*?

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