‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 60 sur 322 · Voir le Drapeau blanc du 24 juin · texte numérisé non relu

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2. Mémoires, ch. lxxiv. — Le Vampire, drame fantastique en 5 actes et 10 tableaux, par Alexandre Dumas et Aug. Maquet, représenté le 30 décembre 1851 sur le théâtre de l'Ambigu.

3. « En publiant cette nouvelle dans la première édition des Œuvres de lord Byron, nous avions été trompés avec le public par le véritable auteur, qui avait spéculé sur le nom du noble lord... Le Vampire, protégé par le nom de Fauteur du Corsaire et de Lara, a fait fortune dans les salons... Aussi se plaint-on de toutes parts que le Vampire ait été banni de la seconde édition des Œuvres de lord Byron. Nous cédons aux vœux des nombreux souscripteurs, en ressuscitant le Vampire revu et corrigé. » Cette résurrection se fit sous la forme d'une plaquette in 8°, qui fut jointe, avec pagination spéciale, au t. III de l'édition Ghastopalli, Paris, 1820. Les lignes ci-dessus sont extraites de Y Avis de l'éditeur, en tête de la traduction du Vampire.

4. M^c Belloc, Lord Byron, Paris, 1824, II, pp. 168-170. — Voyez, dans le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, l'article d'Ernest

l'infiltration 79

Cette traduction était l'œuvre cTAmédée Pichot, Àrlésien de naissance, docteur de la faculté de Montpellier, enlevé à la médecine par les lettres, traducteur attitré, entre 1820 et 1850, des poètes anglais et futur directeur de la Rev ne britannique. C'est en 1815, sous le ciel du Midi, que, pour la première fois, il entendit piononcer le nom de Byron. A cette époque de réactions politiques, où l'on ne voyait, dit-il, autour de soi qu'exagération et qu'anarchie, cette poésie exaltée ne lui offrit rien que de naturel. Elle lui causa des transports d'admiration. Son initiateur était un médecin mulâtre de la Trinité, nommé Philippe, qui fréquentait alors l'école de Montpellier. « C'était une de ces organisations fortes, une de ces imaginations ardentes, une de ces physionomies auxquelles s'appliquent les vers du poète :

Children of the sun... soûl of fire. »

Philippe déclamait et copiait à Pichot les poèmes de Byron, et Pichot les traduisait « d'une plume aussi rapide que la sienne { ». Ce sont ces lambeaux de traductions liés ensemble qui formèrent la première édition entreprise par Ladvocat dans le courant de 1819. Il fallait faire vite, et même très vite, pour ne pas laisser tomber l'engouement du public. Pichot s'associa un confrère en doctorat, le Montpelliérain Eusèbe de Salle, qui, après avoir passé par l'Ecole royale des langues orientales, servi comme officier supérieur interprète au quartier général de l'armée d'Afrique pendant l'expédition d'Alger, et eu son heure de célébrité en 1832 avec son roman d'Ali le Renard 2, devait finir sa carrière comme professeur d'arabe

Desclozeaux sur Byron : « Le roman du Vampire, qui parut en France sous le nom du poète, et qui commença, il faut bien le dire, la réputation de Byron parmi nous... » 2e éd., 1853 (la première est de 1832-1839).

1. Voir Pichot, Voyage historique et littéraire en Angleterre et en Ecosse, Paris, 1825, lettre LXX, t. III, pp. 69 et suiv.

2. « Un contemporain nous écrit qu'à l'une des soirées de Nodier à l'Arsenal, où se trouvèrent M. Eusèbe de Salle et M. Victor Hugo, il

à Marseille. Les deux traducteurs, mis à l'aise par l'anonymat, ne s'attardèrent pas à peser leurs expressions ni à polir leur style. Les deux premiers volumes, publiés au mois d'août 1819 et contenant: le Corsaire, Lara, le Siège de Corinthe, le Vampire, Parisina, etc., avec une Notice enthousiaste sur lord Byron, furent suivis, de 1819 à 1821, de huit autres, qui tenaient le public français au courant des nouvelles productions par lesquelles la verve intarissable du poète anglais réveillait sans cesse la curiosité de ses lecteurs. Cette rapidité vertigineuse provoquait les railleries du Journal des Débats. En annonçant, le 9 décembre 1820, la représentation à Londres de Marino Faliero, il ajoutait ces réflexions humoristiques : « Des traducteurs français sont déjà partis en poste pour nous donner le chef-d'œuvre tragique de lord Byron aussitôt qu'il aura paru. La concurrence va s'établir: on assure même qu'une compagnie littéraire, pour devancer les entreprises rivales, doit placer une ligne télégraphique qui partira de Covent-Garden { et viendra apporter par signaux les vers de la tragédie anglaise au comité du Théâtre-Français. La poésie romantique, qui se perd dans les nuages, ne saurait voyager d'une manière plus convenable. » La première édition, dans le format in-12, était médiocrement imprimée sur un papier rugueux et bleuâtre. Avant même qu'elle fût terminée, Ladvocat, faisant honneur à son succès, en publiait une autre in-8°, luxueuse celle-là, ornée d'un beau portrait du poète et signée de l'anagramme collectif A. -E. de Chastopalli, puis en 1821, sous les initiales A. P. et E. D. S., une troisième, in-18, dédiée, paraît-il, au beau sexe par le galant libraire. Au cours de celle-ci, la brouille se mit entre les collaborateurs 2 : Pichot congédia Eusèbe de Salle, remania

vit presque autant d'index dirigés vers l'auteur à' Ali le Renard que vers Fauteur de Notre-Dame de Paris. )> Asselineau, Bibliographie romantique, 2e éd., Paris, 1872, p. 183.

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