‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 6 sur 322 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

littérature, des idées ou de la poésie du xixe siècle, de Nettement et de Gervinus à George Brandès, Joseph Texte et Catulle Mendès, ont rencontré cette question sur leur chemin et ne Font point éludée1. Des érudits comme Weddigen,

aussi bien contre la restauration bourbonienne que contre le classicisme académique. » Victor Hugo, sous l'influence de Byron, définit le romantisme le libéralisme en poésie ; il accepta même comme un titre d honneur le nom à' Ecole satanique. Lamartine représenta le côté sentimental du mal du siècle, à la Childe Harold ; Musset, le côté négateur et cynique, à la Don Juan ; pendant que G. Delavigne, dans ses Messéniennes, se faisait le chantre de l'enthousiasme pour la liberté. — Comtesse d'Haussonville, la Jeunesse de lord Byron, Paris, 1872 : « La France a quelque droit sur lui, car c'est en France surtout qu'il a trouvé des disciples et des émules... La mélancolie, le désenchantement et les élans religieux de M. de Lamartine, l'éblouissante couleur des Orientales, le pathétique et la grâce d'A. de Musset, l'imagination et la sensibilité qui se moquent d'elles-mêmes, tout ce qui nous charme chez ces poètes divins retentit d'écho en écho jusqu'à lord Byron. » (Pp. 15-16.) — James Darmesteter, Lord Byron (dans les Essais de littérature anglaise, Paris, 1883) : « En France il fut accepté et naturalisé presque instantanément ; jamais, chez nous, poète étranger n'a été adopté si rapidement... Lamartine fut hanté toute sa vie par le génie de Byron... » Le poète anglais eut peu d'action sur Hugo ;« Musset est de nos. trois grands poètes celui qui lui doit le plus, » etc. (Pp. 194-197.) — Nichol, Byron (collection des'English men of letters), p. 210, résume et reprend à son comjDte l'opinion émise par Elze. (Voir ci-dessus.)

1. Nettement (Histoire de la littérature française sous la Restauration, Paris, 1853, t. I, pp. 236 et suiv.) s'étend longuement sur l'influence exercée par Byron. — Selon Gervinus, la mort de Byron est, avec la chute de Chateaubriand et le passage de celui-ci dans l'opposition, le fait capital qui produit une révolution dans la poésie française. (Histoire du XIXe siècle depuis les traités de Vienne, trad. Minssen, Paris, 1864-1874, t. XIX, p. 182. Sur 1 influence de Byron, voyez encore pp. 172, 271, 282. L'ouvrage de Gervinus, Geschichte des Neunzehnten Jarhunderts seit den Wiener Vertràgen, a paru de 1856 à 1866.) — Brandès, les Grands courants littéraires au XIXe siècle (lre édition, 1872-1890), t. V, F Ecole romantique en France, trad. Topin, Paris, 1902, pp. 53-56 : «L'influence de Byron sur le romantisme français fut plus profonde encore que celle de Scott. La jeunesse rassemblée autour de Hugo se laissa charmer et enchanter par la passion violente qui débordait dans les poèmes de Byron, et qui était en si parfait accord avec la vie déréglée et désordonnée du poète. Childe Harold et Lara surtout, cette mélancolique figure qui traîne de pays en pays son orgueil et ses tourments, devinrent ses héros préférés. Elle voyait

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