‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 61 sur 322 · Lisez Drury-Lane · texte numérisé non relu

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2. La cause de cette brouille tut, ce semble, la publication sous le nom

l'infiltration 81

les morceaux qu'il avait traduits, et c'est sous son nom seul que seront faits dès lors les tirages postérieurs de la traduction de Byron, dont la dix-huitième édition figure actuellement sur le catalogue de la librairie Garnier.

On ne pouvait guère s'attendre, étant donnée la précipitation avec laquelle la traduction Pichot avait été rédigée, à ce qu'elle fût un modèle d'exactitude ni de style, malgré les améliorations que l'auteur, il est juste de le reconnaître, s'efforça à chaque nouveau tirage d'apporter à sa première version. Byron la disait « très inférieure » à celle de la Bibliothèque universelle1. Telle quelle, elle fut jugée « écrite avec talent », avec « facilité », avec « élévation », avec « élégance », par la plupart des critiques du temps, d'ailleurs plus préoccupés du fond que de la forme, et peut-être médiocrement compétents 2. Quelques-uns, mieux informés sans doute, se montrèrent plus sévères. La Revue encyclopédique qualifia la prose de Pichot de « pâle et de décolorée » 3, et le Lycée français déclara tout net que son travail n'était pas autre chose qu'une « entreprise de librairie4 ». En tous cas, l'entreprise était bonne, puisqu'en 1830 elle avait déjà rapporté

de Byron, malgré l'opposition de Pichot, du roman à'Irner, œuvre d'Eusèbe de Salle. Voir Œuvres complètes de Byron, 3e éd., in-18, Paris, 1821, t. VII, p. 241, la note signée A. P., et, sur le roman d'/rner, ci-dessous, p. 82.

1 . « The french translation of us ! ! ! Oime î Oime ! » To Murray, Ravenna, october 12, 1820. (Letters and Journals, éd. Prothero, t. V, p. 96.) Et ailleurs : « Moore wrote to me from Paris months ago that « the French had caught the contagion of Byronism to the highest pitch », and has written since to me to say that nothing was ever like theîr « entusy musy » (you remember Braham) on the subject, even through the « slaver of a prose translation » : thèse are his words. The Paris translation is also very inferior to the Geneva one, which is very fair, though in prose also. » To Francis Hodgson, Ravenna, may 12, 1821. (Ibid., t. V, p. 282.)

2. Voir en particulier le Constitutionnel du 20 nov. 1820 et les Débais du 28 juillet 1821.

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