‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 63 sur 322 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l'invasion, romantisme et philhellénisme

Les premières escarmouches, comme on peut s'y attendre, ne sont pas en général favorables à Byron. Les grands journaux et les revues les plus importantes sont pour la plupart à la dévotion des classiques, et les critiques qui tiennent garnison dans ces forteresses ont juré de ne jamais se rendre. « Je suis tellement attaché à mes vieilles admirations, s'écrie Viennet au début de l'article où il examine l'œuvre de Byron, je suis si fortement encroûté d'aristotélisme, tranchons le mot : je suis un ultra si déterminé en littérature, que la moindre innovation dans les lois du Pinde me semble le présage d'une épouvantable anarchie i. » « Le critique, renchérit Béquet dans les Débats, doit faire la guerre à tous ces insectes que le vent du septentrion nous apporte dans ses ailes, et son état n'est-il pas en quelque sorte d'écheniller le Parnasse 2 ? » Tous les moyens sont bons contre l'ennemi. La Minerve littéraire s'empare triomphalement d'un article de la Literary Gazette, pour lancer contre Byron la redoutable accusation de plagiat, avec preuves incontestables à l'appui 3. Mais, d'ordinaire, les partisans de la tradition ont assez de confiance dans la bonté de leur cause et dans la vertu des immortels principes

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