‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 65 sur 322 · avriJ 1820. — Voir aussi le n° du 20 novembre · texte numérisé non relu

avriJ 1820. — Voir aussi le n° du 20 novembre

l'invasion 93

seulement quand sera fondé l'édifice constitutionnel qu'on pourra s'occuper de littérature ; alors « de nouvelles idées réclameront des formes nouvelles, et, devenue constitutionnelle, la France deviendra romantique». L'auteur ne souhaite pas du reste « une révolution complète ». Il pense qu'il serait plus sage « de donner à la république des lettres une charte littéraire où les anciennes traditions et les idées nouvelles fussent heureusement combinées pour concilier le respect des siècles passés avec les besoins du présent ». Là-dessus, il conclut, d'une façon un peu imprévue d'ailleurs, « que lord Byron est le plus grand poète du xixe siècle d ». Dans la Renommée, Philarète Chasles consacre une de ses correspondances d'Angleterre à défendre Byron contre les imputations dont Thiessé venait de le charger dans la Revue encyclopédique. Il proteste contre cette critique tatillonne et terre à terre. « Il ne faut pas chercher à suivre le vol de l'aigle avec une loupe. » Reprocher à Byron d'être romantique, c'est lui reprocher d'être né Anglais. L'accuser de manquer de jugement et de suite dans les idées, c'est plus absurde encore. « Lord Byron n'a pas le jugement du critique, du géomètre, du dialecticien... Il a le jugement des Bacon et des Rousseau, cette force vive et pénétrante de pensée qui va au fond de toutes choses, et qui, trouvant pour résultat le néant et le vide, se replie avec effroi sur elle-même, demande compte à Dieu de la nullité de l'existence, et s'écrie avec une douleur profonde : Qu'est-ce que le monde ? qu'est-ce que la vie 2 ? »

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