‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 72 sur 322 · Voir le Réveil du 30 décembre · texte numérisé non relu

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2. Annales de la littérature et des arts, t. XIII, pp. 415-422 : Compte rendu de la séance d'ouverture de la Société des Bonnes-Lettres (4 décembre 1823;, sous la présidence de Lacretelle jeune, de l'Académie française.

l'invasion 111

lord Byron, il faut aller les chercher parmi les écrivains indépendants qui ne sont pas gênés par la contradiction de leurs opinions politiques ou religieuses et de leurs penchants littéraires, et qui réalisent dès lors l'union du romantisme et des idées libérales. Au premier rang il faut citer Stendhal. En 1818, encore tout plein du souvenir de ses entretiens avec Byron et de la lecture de ses poèmes, il s'écriait : « Je suis un romantique furieux, c'est-à-dire que je suis pour Shakespeare contre Racine, et pour lord Byron contre Boileau d. » Avec le temps son enthousiasme avait un peu baissé Ses préférences inclinaient du côté de Walter Scott. « Je viens de lire Byron sur les lacs, écrivait-il en 1821. Décidément, les vers m'ennuient, comme étant moins exacts que la prose. Rebecca, dans Iuanhoë, m'a fait plus de plaisir que toutes les Parisina de lord Byron 2. » En 1823, dans la première partie de Racine et Shakespeare, il qualifiait le poète anglais d'« auteur de quelques héroïdes ennuyeuses, toujours les mêmes», et traitait Caïn de « plate amplification de collège 3 ». Il se flatta « d'avoir piqué lord Byron4». Mais il demeura, malgré ces boutades, toujours fidèle à son admiration première, et empressé à se répandre en détails laudatifs sur « le grand poète » dans la société duquel il était fier d'avoir passé quelques mois 5. Une lettre que Byron lui avait adressée au mois de mai 1823 avait d'ailleurs réchauffé son zèle. Byron y défendait Walter Scott contre quelques critiques de Beyle. Celui-ci répondit en homme

1. Correspondance inédite, I, p. 68 : lettre du 14 avril 1818. Il écrivait dans la même lettre : « Je mets au premier rang des hommes que j'ai connus Napoléon, Ganova et lord Byron. »

2 Souvenirs d'égolisme, Paris, 1892, p. 273.

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