XII INTRODUCTION
juges autorisés ont fait un grief à M. Zyromski d'avoir, dans la liste des écrivains et des ouvrages qui ont contribué à former le génie de Lamartine, omis le nom du poète anglais i. En 1901 enfin, la matière même, — ou peu s'en faut, — de la présente étude a fait l'objet d'une thèse sur Byron et la poésie romantique en France, soutenue par M. W. J. Clark devant l'Université de Leipzig 2.
Il semblerait donc qu'on ne manquât pas de lumières sur le sujet, et on en aurait sans doute assez, si les auteurs de souvenirs sur le romantisme n'étaient, comme tous les mémorialistes, prévenus d'avoir, par une naturelle illusion d'optique, grossi les faits qu'ils rapportent ; si les biographes de Byron n'étaient suspects d'avoir, de dessein prémédité, grandi à l'excès le rôle de leur héros ; si les historiens de la littérature avaient pu accorder à l'influence de son œuvre plus qu'une
1. G Lanson, Revue universitaire du 15 avril 1898, p. 399 ; F. Reyssié, Débats du 22 février 1898.
2. Byron und die romantische Poésie in Frankreich, Inaugural-Dissertation zur Erlangung der philosophischen Doktorwûrde der hohen philosophischen Fakultat der Universitât Leipzig, vorgelegt von Walter J. Clark, Leipzig, 1901, 103 pp. in-8°. L'ouvrage de M. Clark comprend sept chapitres : I. Jugements sur l'influence littéraire de Byron. — IL Byron en France avant 1819. -— III. Byron chef d'école — IV. Byron et les poètes. — V. La légende de Byron et les odes sur Byron et sur la Grèce. — VI. Byron et le théâtre. — VIL Observations relatives au style sur les traductions. — Il n'y est question ni des circonstances qui ont favorisé le développement chez nous de l'influence byronienne, ni des étapes et spécialement du déclin de cette influence, ni de Faction exercée sur le roman. Le chapitre VI, qui traite de Byron et du théâtre, est particulièrement faible. Les jugements portés par M. Clark sur nos grands poètes romantiques sont parfois singuliers. « Lamartine est le grand représentant de la poésie du vague. Quand on a lu quelques poésies de Lamartine, on connaît le style et à peu près le contenu de toutes les autres » (P. 27). Aussi une demi-page suffît-elle à M. Clark pour régler la question de ses rapports avec Byron. Chez Musset, idées, sujets, style, tout est byronien, et l'écrivain français n'est qu'un médiocre plagiaire du poète anglais. Je ne puis énumérer les erreurs de fait, qui sont nombreuses; je signale seulement l'absence de conclusions, et un dédain de la composition et de l'ordre qui rend la lecture de l'ouvrage extrêmement pénible.