INTRODUCTION XIII
page ou qu'un quart de chapitre ; si les spécialistes avaient évité le double défaut des nomenclatures arides et complètes, et des généralités brillantes mais vagues ; si les comparaisons esquissées entre Byron et quelques grands romantiques n'étaient comme les amorces d'une étude plus compréhensive et les pierres d'attente d'un édifice complet ; si le livre de M. Clark ne révélait une connaissance du romantisme français plus étendue et superficielle que familière et sûre, s'il ne manquait, pour guider le lecteur à travers les documents un peu mêlés qu'il rassemble et les rapprochements intéressants, mais souvent hasardeux, auxquels il se livre, l'indispensable fil conducteur. Il a paru que les efforts de tant de travailleurs n'avaient pas épuisé la matière ; que même on avait « laissé sur le verdie noble — je veux dire l'essentiel — de l'ouvrage » ; qu'il fallait pousser l'enquête plus à fond, et en dégager plus clairement les résultats ; que si, comme le constatait récemment M. Faguet, « on ne tient pas encore assez de compte de Byron quand on fait l'histoire du romantisme français1 », c'est qu'on n'a pas encore suivi dans l'étude même de son influence un procédé rigoureusement historique, fixé de manière certaine quand elle a commencé et quand elle a fini, marqué les étapes qu'elle a parcourues, montré comment elle s'est propagée à travers ce milieu littéraire, — résidu aujourd'hui d'écrivains deux fois morts et d'œuvres irrévo-* cablement oubliées, — dont les talents les plus originaux n'ont pas impunément subi l'ambiance. Tel a été le point de départ de ce livre. L'exposé de cette recherche, que l'on a voulue aussi complète et aussi minutieuse que possible, en constitue la portion centrale, et, par l'étendue, la plus considérable.
1. « Byron est vraiment le dieu du romantisme français. Il a agi puissamment sur Lamartine, sur Musset, sur Vigny et même sur Gautier première manière. Je ne vois guère que Victor Hugo qui lui ait échappé, mais celui-ci complètement. C'est pour cela qu'on ne tient pas encore assez de compte de Byron quand on fait l'histoire du romantisme français. » (Journal des Débats du 10 août 1903.)