‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 86 sur 322 · Voir la fin du chapitre précédent · texte numérisé non relu

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4. Les Femmes romantiques, comédie par MM. Théaulon et Ramond de la Groisette, représentée le 14 mars 1824 sur le théâtre du Gymnase dramatique, 2e éd. (répertoire du théâtre de Madame), Paris, 1833.

5. La formule est du baron. « C'est donc une maison de commerce ? interroge la soubrette Madelon. — Oui, et qui exploite à son profit la manie du siècle. » (P. 13.)

officiers de cavalerie et un vieux garçon, le chevalier de Figeac, feront l'affaire. Mais comment les faire agréer ? Le baron mande ses parentes en son château. Il leur annonce qu'il a chez lui le premier romantique du siècle, lord Trois- Etoiles ; le lord a l'intention d'épouser l'une d'entre elles. Chacune part de son côté à la recherche « du privilégié des grandes pensées, de l'homme aux accents mélancoliques », qui dans les ruines, qui sous le saule pleureur. Elles en ramènent, croyant avoir fait la conquête de lord Byron, ou Edmond, ou Victor, ou Ernest, ou le chevalier de Figeac. Quatre mariages les consolent de leur désillusion. Et les feuilletonistes d'applaudir, ne reprochant aux auteurs que d'avoir, en ridiculisant Byron, malmené un peu W. Scott1. Le plus clair résultat de ces attaques, c'était de rendre plus étroite entre les représentants de l'école nouvelle l'union qu'avait commencée la fondation de la Muse française. Auger, dans son discours, parlait avec dédain de ces jeunes gens qui n'avaient « ni dogme fixe, ni discipline arrêtée, ni chef institué », « qui ne marchaient pas tous de front ni du même pas ». «Au sein du schisme même, disait-il, naissent sourdement de petits schismes secondaires, à qui peut-être il ne manque qu'une occasion pour éclater 2. » Les uns tiraient du côté de Chateaubriand, les autres du côté de Byron. Le romantisme, qu'était-ce ? Le Génie du christianisme ou Manfred ? — Les deux, répondit la Muse française, par la plume de Victor Hugo, qui, du même coup, prenait nettement

1. Voir le compte rendu de L. S. (Lesourd) dans les Débats du 22 mars 1824. « Le succès, dit VAlmanach des spectacles (Paris, Barba, 1825;, a été vivement contesté, mais aux représentations suivantes, l'ouvrage a été applaudi. )> Il l'était encore en mai 1824, à 1 indignation de V. Hugo : (( Quelques jours après la nouvelle de la mort de lord Byron, on représentait encore à je ne sais quel théâtre du boulevard je ne sais quelle facétie de mauvais ton et de mauvais goût, où le noble poète est personnellement mis en scène sous le nom de lord Trois-Etoiles. » (Muse française, art. sur George Gordon, lord Byron, II, p. 339, note.)

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