‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 89 sur 322 · LA GÉNÉRATION DE 1825 MÉLANCOLIE ET SATANISME · texte numérisé non relu

LA GÉNÉRATION DE 1825 MÉLANCOLIE ET SATANISME

Il paraît admis, à partir de 1825, que nos poètes peuvent légitimement puiser aux sources étrangères. Les plus timorés leur conseillent seulement de s'y prendre à la façon de Chênedollé, c'est-à-dire « précisément comme Boileau imitait luimême, en appropriant ses imitations à notre goût, en observant cette sobriété de détails, ce respect du ne quid nimis qui, grâce au génie de notre langue, n'est vraiment bien compris qu'en France1.» La précaution est tardive. Le temps n'est plus où Letourneur faisait la toilette de Young avant de le présenter au public français, où Ducis pliait l'audace anglaise « à la sévérité de nos mœurs et à la délicatesse de nos spectateurs- )). Depuis 1820, c'est à doses massives, et sans édulcoration préalable, que l'esprit français absorbe la prose et la poésie de tous les peuples de l'Europe. La vogue de la première traduction des Œuvres complètes de Bijron a donné le signal de l'invasion. La tentative de Pichot a été accompagnée ou suivie de la publication en français des Œuvres complètes de Scott, de Schiller, de Shakespeare, de la Collection des Théâtres étrangers. On a traduit Lalla Rookh et les Amours des Anges de Moore, les Poésies de Gœthe, les Ballades de

1. Annales de la littérature et des arts, compte rendu des Etudes poétiques de Chenedollé, t. XXVIII, 1827, p. 255.

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