‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 94 sur 322 · Ibid., Promenade au Lido, pp · texte numérisé non relu

Ibid., Promenade au Lido, pp

Des trésors de tes chants la gondole est avare ; Les sons harmonieux du cygne de Ferrare

N'animent plus les airs ; On n'entend plus ces chœurs dont la voix réunie De leurs vers alternés prolongeait l'harmonie,

En courant sur les mers.

Le Bucentaure oisif, sur la rive indignée, Ne va plus tous les ans unir la destinée De ce couple autrefois la terreur du Romain ; Et de l'anneau ducal plaignant encor la perte, L'Adriatique, au fond de sa couche déserte, Pleure sur son hymen i.

Dans le Clocher de Saint-Marc, Jules Lefèvre, pour chanter la splendeur passée et la misère présente de la « Cybèle des mers », fond dans sa poésie — il ne s'en cache pas, il s'en vante, — des fragments de Childe Harold, de Beppo et de YOde à Venise. Voici du Childe Harold :

Qui ne t'admirait pas, quand l'encens de la terre, Reine de 1 Océan, était ton tributaire, Quand les flots, de Lépante accourus triomphants, Battaient ces ponts guerriers que souillent tes enfants, Ou quand le Bucentaure, autel patriotique, Formait l'hymen du Doge et de l'Adriatique 2 ?

Et voici de YOde à Venise :

Où respirent les fils ont vécu les aïeux ; Mais, héritiers stagnants de leurs noms glorieux, Ils en sont aussi loin que l'écume grossière Est loin du flot superbe allant contre un écueil Du joug de nos vaisseaux délivrer son orgueil 3.

C'est avec les propres paroles de Byron qu'Edouard d'Anglemont exhorte les Vénitiens à la révolte :

1. Poésies, Paris, 1828 : Venise, pp. 287 et suiv. Comp. Ch. Harold, IV, 8, 11, 13.

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