‹ ByzanceChapitre 10 sur 58 · DE L’APOGÉE DE L'EMPIRE A SA CHUTE · texte numérisé non relu

DE L’APOGÉE DE L'EMPIRE A SA CHUTE

intellectuelles — comme pour évoquer les gloires d’autrefois, comme pour symboliser et annoncer l'avenir ? Dans Byzance mourante, il est singulier et significatif de voir brusquement reparaître les grands noms des Périclès, des Thémistocle, des Epaminondas, d'entendre évoquer le souvenir de ce que ces glorieux ancêtres firent jadis « pour la chose publique, pour la patrie ». Il est singulier et sign ficatif de voir les hommes les plus éminents de l'époque adjurer l’empereur de prendre, au lieu du titre traditionnel et suranné de basileus des Romains, le nom nouveau et vivant de roi des Hellènes, « qui à lui seul suffira pour assurer le salut des Hellènes libres et la délivrance de leurs frères esclaves ». Illusions qui semblent vides de sens, au moment où Mahomet Il est aux portes: fait remarquable pourtant que cette reprise de conscience de l'hellénisme qui ne veut pas mourir et qui prépare obscurément, au moment même de la catastrophe, un avenir meilleur.

Telle est, en un raccourci sommaire, l'évolution de l'histoire de Byzance, depuis la fondation de Constantinople en 330 jusqu'à sa chute en 14653. Entre ces deux dates, dans ces onze siècles, que de périodes glorieuses! Au vi® siècle, avec Justinien, l'empire romain, une dernière fois, se reconstitue, et la Méditerranée devient de nouveau un lac romain. Au vur siècle, les Isauriens brisent l'élan de l'Islam et réorganisent sur des bases nouvelles la monarchie absolue. Au x° siècle, les grands empereurs de la maison de Macédoine font de Byzance la grande puissance de l'Orient. Au xir siècle, avec les Comnènes, l'empire grec fait encore brillante figure dans le monde européen. Il ne suffit donc pas de parler de décadence : on peut, on doit parier de grandeur aussi. Et il vaut la peine de chercher les causes profondes de cette grandeur, avant d'étudier les raisons de cette décadence. Et surtout, il ne faut pas oublier les services rendus par une civilisation qui fut-longtemps la plus brillante du moyen âge; il faut chercher ce que durent à l'empire byzantin l'Orient et l'Occident même, et quel héritage, aujourd'hui encore, Byzance nous a laissé.

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