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CHAPITRE fi

La composition de l’armée. — Les qualités de l'armée byzan-

tine et sa place dans la société. — Les défauts de l'organisation militaire. — L'armée des frontières et la défense du territoire. — La marine.

Dans tout Etat du moyen âge, l'armée tient une place essentielle. Dans un Etat tel que l'empire byzantin, menacé sans cesse sur toutes ses frontières par des ennemis reédoutables, elle joue un rôle plus considérable encore. Les institutions militaires sont, on le verra plus tard, la base de l'organisation administrative ; la défense du territoire, la sollicitude pour les soldats figurent parmi les préoccupations qui s'imposent le plus fortement à l'esprit de tout empereur. Tant que l'armée à été solide, nombreuse, dévouée à sa tâche et à son maître, la monarchie, malgré toutes les difficultés, a duré : à mesure que la force militaire s'est épuisée, Byzance s'est acheminée vers la ruine. Parmi les causes qui ont fait la puissance et la grandeur de l'empire, l'institution militaire prend donc place au premier rang. « L'armée, dit un empereur, est à l'Etat ce que la tête est au corps. Si l'on n'en prend grand souci, c'est le salut même de l'empire qui sera compromis. »

LA COMPOSITION DE L'ARMÉE. — De quels éléments se composait cette armée ?

LE RECRUTEMENT NATIONAL. — De même qu'à l’époque romaine, elle se recrutait, à toutes les époques, pour partie, parmi les habitants de l'empire. En principe, tout citoyen romain devait le service militaire de dix-huit à quarante ans ; et les hommes que fournissaient soit la conscription, soit les engagements volontaires, étaient même, dans la langue administrative, considérés comme les soldats par excellence. (orpxri&rr.) : non qu'ils fussent meilleurs que les autres, mais parce qu'ils apparaissaient comme les représentants de l'armée nationale (on les appelle toujours ol ‘Pœuatoi}, comme les héritiers des vieilles légions romaines. Et il faut observer ici que, contrairement à ce que l'on croit volontiers, cet élément national tint longtemps dans les armées byzantines une place numériquement très importante. Les troupes que fournissait ce recrutement régional étaient toutefois de qualité assez inégale. Si les rudes paysans de Thrace ou de Macédoine, les robustes montagnards de Cappadoce, d’'Isaurie ou d'Arménie étaient des soldats admirables, la levée des recrues amenait souvent ausi sous les drapeaux des contingents de valeur plus médiocre, pauvres gens brusquement arrachés à leur charrue et dont les formations improvisées savaient à peine se battre. Aussi, d'assez bonne heure, pour des raisons diverses, le gouvernement impérial admit qu’à la prestation en nature pourrait se substituer un impôt spécial, et il encouragea même, à certaines époques, très vivement, les sujets à acquitter de préférence cêtte taxe militaire. Par ailleurs, des exemptions nombreuses du service de guerre semblent avoir, à des titres divers, été accordées. Et pour

renforcer les éléments fournis par le recrutement national, de plus en plus l'empire fit appel aux mercenaires.

LES MERCENAIRES. — Dans cette masse d'aventuriers flottant sur toutes les frontières de l'empire, et toujours prêts à vendre leurs services à qui veut les acheter, la monarchie byzantine trouvait sans peine des soldats admirables. Soit qu’elle employât des colonies étrangères — Turcs Vardariotes, Mardaïtes du Liban, Slaves de Macédoine ou de l'Opsikion — cantonnées dans l'empire, soit que — à titre d'alliées {(otuywayo) — elle fît entrer dans son armée des régiments étrangers fournis par un prince ami de Byzance et que commandaient des chefs de leur race, soit que — sous le nom de fédérés — elle enrégimentÂt, sans distinction d'origine, les barbares de toute provenance qui désiraient la servir, une véritable mosaïque de peuples se rencontrait sous les étendards de Byzance. Dans les armées du vr siècle, on trouve, côte à côte, Huns et Vandales, Goths et Lombards, Hérules et Gépides, Antes et Slaves, Perses, Arméniens, Arabes de Syrie, Maures d'Afrique. Dans les armées du x° et du x° siècle, apparaissent des Khazars et des Petchenègues, des Phargans et des Russes, des Slaves et des Ilbères, des Mardaites d'origine libanaise et des montagnards de provenance caucasiénne, des Arabes et des Turcs, des Normands de Scandinavie et des Normands d'Italie. Dans l’armée des Comnènes, on rencontre des Anglo- Saxons et des Scandinaves, des Italiens et des Allemands, des Latins de tous les pays d'Occident, Français de France et Normands de Sicile, et les représentants de tous les peuples de l'Orient, jusqu’à des Turcs désignés sous le nom de Turcoples. Plus tard, les Paléologues employèrent des Catalans et des Turcs, des condottieri génois ou vénitiens, des auxiliaires serbes ou bulgares. À aucune époque de son histoire, l'empire n'a manqué de soldats étrangers.

C'est qu 2ussi bien le basileus rémunérait largement leurs services. La solde des officiers dans l’armée impériale était exceptionnellement avantageuse et bien faite pour tenter la besogneuse nobiesse de l'Arménie et du Caucase, pour

allumer Îles convoitises des aventuriers scandinaves ou russes. La paie des hommes était souvent très haute. Mais surtout, aux soldats qui s'engageaient sous ses drapeaux, l'empereur distribuait en outre volontiers, sous condition du service militaire, des terres qu'un statut spécial régissait et protégeait, véritables fiefs inaliénables, insaisissables et héréditaires, dont les possseurs portaient le nom de che valiers (xaflaiñépior). À ces avantages matériels, s'ajoutait une estime particulière. L'empereur byzantin se fiait davantage à ces soldats étrangers qu’à ses troupes nationales ; il lui semblait que ces mercenaires qu'il payaït bien étaient à lui plus sûrement, qu'ils demeuraient plus en dehors aussi des influences qui pouvaient troubler l'empire. Il leur confiait donc volontiers les grands commandements, les hautes dignités militaires ; il s'en remettait à eux du soin de sa sécurité personnelle. Un des régiments de la garde, l'Hétérie, se composait presque exclusivement d'étrangers, Russes, Scandinaves et Khazars. Et la fameuse garde varangienne, primitivement composée de Russes, se recruta successivement parmi les Scandinaves de Russie, les Normands d'Islande et de Norvège et iles Anglo-Saxons : corps d'élite, grassement payé, et dont les fantassins, armés de ja lourde hache (rhomphaia), remplissent toute l'histoire byzantine de la renommée de leurs exploits.

Aussi, étaitce de tout le monde barbare un continuel afflux d'étrangers vers Byzance. Au x° siècle, les Russes et les Scandinaves, venus par bandes dans [a capitale, sur leurs longues barques taillées dans un tronc d'arbre, remplissaient l'armée et la flotte impériales, soldats merveilleux qui aimaient mieux se faire tuer que de se rendre. Les contingents arméniens, très estimés à cette époque, étaient nombreux. Les prisonniers mêmes n'hésitaient pas, pour recouvrer leur liberté, à prendre du service dans l’armée impériale, et les Arabes à se convertir, pour profiter des faveurs que le basileus distribuait à ses soldats. Au xrr° siècle, les Latins formaient l'élite des troupes impériales, au grand dépit des Grecs, jaloux de la sympathie que leur marquait Manuel Comnène. Des fils de rois du Nord, de grands barons

d'Occident, étaient heureux de trouver dans le service de l'empire des aventures pittoresques et une fortune proftable. Et cette armée composite, où se rencontrajent toutes les races, était d’une solidité et d’une bravoure incomparables.

LES QUALITÉS DE L'ARMÉE BYZANTINE ET SA PLACE DANS LA SOCIÉTÉ. — Il ne faudrait point s’exagérer l'importance numérique de cette armée, malgré l'étendue de la tâche qu'elle avait à remplir. Au vr siècle, Bélisaire reconquit l'Afrique sur les Vandales avec 15 000 hommes tout au plus, et 26 à 30 ooo soldats suffirent à détruire le royaume des Ostrogoths. Au x° siècle, les grandes expéditions dirigées contre la Crète comprennent, en ce qui touche les troupes de débarquement, des effectifs de 9 000 à 1£ 000 hommes : une armée de £ à 6 ooo soldats paraît en ce temps une force importante, avec laquelle on peut sans hésiter se mesurer avec l'ennemi, et il serait puéril de prendre à la lettre les exagérations des écrivains arabes évaluant à 100 OU 140000 hommes les armées des empereurs du x° siècle. Au xiIr siècle, les plus puissantes armées des Comnènes ne dépassaient pas 30 000 à 50000 hommes. Le total des troupes byzantines régulières qui, en face des Arabes, forment au x° siècle l'armée d'Asie, ‘s'élève à 70 000 hommes environ. Avec les 24 000 hommes qui composent la garde impériale, avec les régiments de l’armée d'Europe, l'ensemble des forces byzantines atteint, à cette date, au maximun 140 000 hommes.

Mais cette armée est une armée d'élite. Composée principalement de cavalerie — le service à cheval est, comme dans toutes les armées du moyen âge, le service préféré à Byzance — elle est, par son armement, qu'il s'agisse de Ja cavalerie cuirassée des cataphractaires ou de la cavalerie légère des trapézites, un instrument de guerre d'une solk

dité et d’une souplessæ admirables. Constamment entraînée par ces rudes et incessants exercices, dont les traités de Tactique, du vr au xr siècle, nous montrent le pittoresque détail, elle est rompue au métier des armes, capable de supporter toutes les épreuves, toutes les fatigues, toutes les privations, et le perfectionnement perpétuel qu'on apporte à ses méthodes de combat lui assure le plus souvent sur ses adversaires une supériorité incontestable. Ces vieilles bandes éprouvées par cent batailles ont une bravoure merveilleuse, un élan prodigieux, et leur valeur s'augmente encore de ce double sentiment, soigneusement entretenu chez ces soldats, d’une part, qu'ils sont les descendants de ces Romains « qui autrefois par leurs armes brisèrent tous leurs adversaires », d'autre part, qu'ils combattent pour la défense de la chrétienté, sous la protection du Christ, de la Vierge « alliée invincible de l'empereur et sa collègue dans le commandement des armées », sous l'œil des grands saints militaires toujours prêts à guider leurs escadrons. dans Ja mêlée. Qu'elle combatte sur les champs de bataille d'Asie ou de Bulgarie, qu'on la transporte au delà des mers, en Crète, en Italie ou en Afrique, partout cette armée a fait preuve d'un courage, d'une ténacité infatigables ; et, si elle a des défauts incontestables, qu'on verra tout à l'heure, elle n'en a pas moins, bien des fois, victorieusement promené à travers le monde les étendards de l'empire, brisé au vi” siècle les royaumes barbares des Vandales et des Ostrogoths, anéanti au vi siècle la puissance de }’empire perse, arrêté au vir siècle l'élan de l'Islam, rétabli en Asie au x° siècle le prestige de Byzance et noyé dans le sang le grand Etat bulgare né dans les Balkans ; elle a, au xiIr° siècle encore, réussi à tenir en échec les Normands, les Hongrois et les Turcs ; et ainsi, pendant plus de six cents ans, elle a rendu à la monarchie d'éciatants services et paré ses drapeaux d’une auréole de gloire.

Aussi l'empire a-t-il eu pour ses soldats une attentive et constante sollicitude. Un ouvrage militaire du x° siècle, où s'exprime de façon remarquable la pensée des grands souverains guerriers de ce temps, recommande, si l'on veut

qu'ils aillent « d’une âme joyeuse, d'un cœur ardent et satisfait, risquer leur vie pour nos saints empereurs et pour l'ensemble de la communauté chrétienne», si l'on veut « accroître leur courage et leur donner l'audace de tenter l'impossible », de ne ménager aux soldats ni les gratifications ni les privilèges. « Il faut, dit l’auteur, qu'ils jouissent de toute la considération qui leur est due, qu'on ne les laisse point, eux qui exposent leur vie pour le salut des saints empereurs et la liberté des chrétiens, mépriser, maltraiter par de vils collecteurs d'impôts, qui ne rendent à l'Etat aucun service. » Le soldat ne devra être jugé que par ses chefs. Il n’est pas admissible qu'il soit justiciable des tri bunaux ordinaires, et qu'on puisse voir, « enchaînés comme des esclaves et battus de verges, des hommes qui sont les défenseurs et, par Dieu, les sauveurs de la chrétienté, et qui, pour ainsi parler, meurent chaque jour pour les saints empereurs ». [l faut entretenir le soldat dans la joie, dans le contentement, dans l’enthousiasme : il en sera plus brave, plus hardi, il en apparaîtra invincible ;: et ainsi non seulement l'empereur défendra l'empire, mais il soumettra toutes les terres de ses ennemis.

Ainsi, dans la société byzantine, nulle condition n'apparaît supérieure à l'état militaire. Sur son fief, le soldat possède, pour lui et pour les siens, des immunités considérables ; dans l'Etat, la classe militaire (orpatiorixèç olxox) est tout autrement considérée que la classe civile {(roxrtixés). Défenseur de la religion, de l'empereur, de la patrie (le mot sæ trouve dans un autre traité du x° siècle), le soldat a droit à tous les privilèges, à tous les égards : et un empereur ne craignait pas de demander à l'Eglise d'honorer comme des martyrs les guerriers qui étaient morts pieusement en se battant contre les infidèles.

LES DÉFAUTS DE L'ORGANISATION MILITAIRE, — Il va de soi qu'une armée, composée de cette sorte et à qui la faveur impériale assure le plus souvent une telle place dans l'Etat, joint à ses qualités éminentes des défauts non moins redoutables, que cet admirable instrument de guerre peut devenir la source de graves dangers.

Les soldats que fournissait le recrutement dans l'empire étaient souvent de qualité fort médiocre. Outre que beaucoup d'entre eux n'étaient point, par nature, d'humeur fort belliqueuse, le relâchement de la discipline leur avait permis d'ajouter à leurs fonctions militaires toutes sortes d’occupations civiles : ils étaient moins une armée qu'une garde nationale, fort peu exercée à la guerre, et, par surcroît, de fidélité souvent douteuse ; on en trouve une preuve dans cette armée d'Egypte des vr et vn* siècles, si désorganisée et si impuissante contre les Arabes. Dans les provinces où le contingent était meilleur, le système de recrutement régional créait un autre danger. Les soldats avaient pour officiers, pour généraux, des hommes de leur pays, issus de la noblesse féodale de la province, qu'ils connaissaient, auxquels ils étaient attachés par mille liens de clientèle et de vassalité, auxquels ils obéissaient aveuglément, bien plus qu'aux ordres de l’empereur lointain. L'ambition politique de tout chef d'armée trouvait donc dans les soldats qu'il commandait un appui. Cest ce qui explique le grand nombre des insurrections militaires, des pronunciamientos, où une armée proclame son général empereur et réussit plus d’une fois à l'asseoir sur le trône.

Byzance essaya de remédier à ces inconvénients en faisant dans son armée large place aux mercenaires, meilleurs soldats, et qu'on espérait plus fidèles. Mais ce mode de recrutement eut ses dangers aussi. L'armée byzantine eut tous les défauts d’une armée de mercenaires. Bélisaire déjà

disait à ses soldats : « Vous êtes supérieurs à vos adversaires par le courage et la force corporelle. Vous ne leur cédez qu'en un point, c'est que vous ne savez pas obéir à vos chefs. » L'indiscipline fut le vice fondamental des troupes byzantines, Ces aventuriers sans patrie, uniquement préoccupés de gagner le plus possible, sont pour le général de terribles collaborateurs. Ils discutent les ordres, refusent de marcher, parfois trahissent en pleine bataille; ils se considèrent comme au-dessus des règles ordinaires, et, au lieu de sévir, il faut négocier et transiger avec eux. S'ils sont mécontents, ils se révoltent ; en tout temps, ils sont un fléau pour le pays qu'ils traversent, ami ou ennemi. Leurs chefs ne valent guère mieux : eux aussi désobéissent ouvertement, eux aussi ne pensent qu'à s'enrichir, à profiter de leur force et de la faiblesse de l'empire pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Véritables condottieri, ils sont toujours prêts à se vendre au plus offrant ou à travailler pour eux-mêmes.

LES GÉNÉRAUX. — Avec de tels soldats, tout dépend donc du général qui les commande. S'il inspire confiance aux hommes, s'il sait les manier et les prendre, s'il sait s’en faire aimer, il obtiendra d'eux tout ce qu'il demandera; s’il déplaît, s’il paraît trop exigeant ou trop sévère, l’armée lui refusera l'obéissance ; on intrigue contre Jui dans les camps, on l'’abandonne sur le champ de bataille. I] s’est trouvé, heureusement pour l’empire, qu’à bien des époques de son histoire, il a eu la fortune d'avoir à la tête de ses armées des généraux éminents, capables d'invincible énergie et de ferme bienveillance, qui ont su, par leur courage, leur science militaire, leur sollicitude, leur ardente éloquence aussi, inspirer aux troupes l'enthousiasme et la confiance. C'est au vr siècle un Bélisaire et un Narsès : c'est au vir siècle un Héraclius, au vin° les grands empereurs isauriens; c'est un Jean Gourgen qui, au x° siècle, fut « un autre Trajan, un autre Bélisaire », et ce sont ceux de la famille des Phocas, qui, pendant trois générations, conduisirent à la victoire les armées de l'empire ; et ce

sont encore les grands empereurs du x° siècle, Nicéphore Phocas, Tzimiscès, Basile II, et plus tard les empereurs de la maison des Comnènes, Manuel surtout, qui, par sa bravoure ardente de paladin, fut longtemps l’idole des soldats. On en pourrait citer bien d’autres, dont longtemps Byzance garda le glorieux souvenir. C’est à ces grands chefs de guerre que, même après leur mort, le peuple, dans les crises graves demandait secours. En 813, quand les Bulgares étaient aux portes de Constantinople, la foule, envahissant l'église des Saints-Apôtres, se rua au tombeau de Constantin V, criant: « Lèvetoi, viens au secours de l'Etat qui périt »; et on assura que le grand empereur était sorti de son tombeau, monté sur son cheval de guerre, pour combattre une fois encore les Bulgares tant de fois vaincus par lui. Quand les Russes, en 970, menacèrent Constantinople, quand en 986 les Bulgares écrasèrent l'armée impériale au défilé de la Porte Trajane, on supplia de même Nicéphore Phocas de sortir de son tombeau pour reprendre le commandement de ses armées victorieuses, lui dont le nom seul faisait trembler les ennemis de l'empire, lui « qui avait tout vaincu, sauf une femme, et dont le rugissement de lion suffirait à mettre en fuite les adversaires ‘ ». Et ja postérité, décernant de même à Manuel Comnène le nom du plus illustre héros de l'épopée byzantine, le saluait du titre de « nouvel Akritas ».

Mais que l'empire faiblisse, que le recrutement militaire se tarisse, que les grands généraux manquent, alors l’instrument militaire se fausse et se brise. Ce sont les émeutes dans les camps, les soulèvements des armées, les ambitions des chefs, l'anarchie, la guerre civile — et, à la faveur de cette décadence, les progrès des ennemis.

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