‹ ByzanceChapitre 4 sur 11 · VI JEAN LOMBARD · texte numérisé non relu

VI JEAN LOMBARD

d'imagination qui suivirent, et nous ne doutons pas que Lois Majourès ne donne envie de les connaître.

M, Tliéodore Jean, qui a écrit la préface dCAdel, compare justement ce poème à une « symphonie à la manière de Wagner ». La misère prolétaire, l'écrasement de l'homme par son œuvre industrielle, ses hauts fourneaux, ses fabriques, ses docks, l'opposition de ce halètement d'esclaves avec la pure splendeur de la nature primitive, avec le flamboiement de la Beauté et de la Justice illuminant le monde redevenu vierge, voilà le thème dCAdel.

C'est «idéalisée, herculéanisée, l'incarnation de l'humanité asservie... » Image de la Révolution future, Spartacus de l'avenir, Adel appelle à lui l'innombrable armée des misérables et met le feu à la Gomorrhe sociale. Une apothéose de liberté, d'égalité et de fraternité déploie à la fin son ciel d'aurore. En écrivant ces strophes. Lombard ne se doutait certes pas qu'il traitait un sujet analogue au Laon et Cj^thna, de Shelley. Adel, dans le fond, reproduit le leit-motif de poèmes humanitaires, conçus par des ouvriers. L'idée, le développement en sont prévus, connus. Mais, au lieu de pauvretés et de niaiseries dont la maladresse vous désarme, une poésie âpre surgit. Qu'elle manque parfois de goût et de mesure, il n'importe. L'accent pénètre, l'inspiration souffle.

En ces vers s'affirme la vision large et véhémente. C'est la marque du talent halluciné de Lombard qui fut surtout, avant tout, un poète, un créateur de formes et d'images, tel qu'il se compléta, ensuite, dans V Agonie, dans Bj'zance

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