‹ C. de Feuillide. L'Algérie francaiseChapitre 7 sur 12 · partie des ressi ront venir de la métn · texte numérisé non relu

partie des ressi ront venir de la métn

polo, devra t ritorial, l'intêrèl agri-

cole. Linlérét iiiuusiriei ne peut venir qu'en second ordre, l'intérêt commercial en troisième.

Comment asseoir, en effet, le commerce là où il n'y a pour l'alimenter ni industrie, ni agriuiUoro, ni population, ni viabilité, point de sources de rip chesses? Ces diflicultés, qui sont de tons les paya., sont aggravées encore par la configuration et la oatiure des côtes de l'Afrique septentrionale. Elles sont p<wt favorables, dangereuses même pour la navigation iXA les portsd'un acnés, facile, d'un abrisûren toute sfiisQA, ou qui peuvent être rendus tels, n'y sont pas au noiQlHn de trois sur une étendue de plus de deux cents lieue^s^

Comment aussi prendre l'industrie pour point 4.'flpn pui de la colonisation, dans un paya où les .ler^w^i la pluralité des terres, seraient en friche, et où^ pan conséquent, manqueraient les matières preiQièree,^ L'industrie nalionale? . .\.\;\i.,i ur.

*^'P6 vèsta (et commefit TÉtat coloniflateiir ne Vb4^\ paB'Qompm?), il eAt été d'une bonne politique, an poîM'de vne purement français et de rassimilation douamère, qu'à son origine la colonie eût été consti* tûée^ pour la production territoriale , qui seule pouvait la faire arriver à la consommation des objets importés par la métropole. Puisque c'est une œuvre à reprendre , l'Algérie doit être organisée avant tout pour la production de ce qui est inhérent à son sol, à sa natnre. L'industrie saura bien s'y implanter d'elle-même, simultanément ou plus tard, pour en utiliser les produits sur place ; le commerce à son tour saura bien y accourir pour les répandre aussitôt qu^il y verra un fonds solide de profits.

C'est malheureusement en sens inverse que, sous la pression des intérêts métropolitains, les questions d'agriculture, de commerce et d'industrie ont été traitées en France et subies en AFrique. Mais les pou* voirs législatifs , pesant sur le pouvoir exécutif, n'ont pu , malgré toutes les lois de douane et de navigation, faire tenir en l'air ce qui n'avait pas de bases SUT la terre. Le commerce ne ferait rien à Alger, noalgré la banque dont il a obtenu le privilège, sans la Caisse du commerce^ que le patriotisme et Tintelligence de MM. Robert et Juillet Saint-Lager ont fondée contre les énormités usuraires des petits prêteurs. Si l'on eût mis, au contraire, l'agriculture au premier rang de l'intérêt algérien , la colonie aurait eu sa banque territoriale , elle aurait marché au lieu de

44S L-AIOÉHIE FRANf.AlSF..

Se traîner; tant de profondes ruines v'avFaioot'plkl fienaé parloiil le découragement et ia désertion; et aé ' lieu de vt'géler, le commerce serait en pleine etllo» rftscence.

Les projets qui ont pour but l'extension des défrii chemenis et t" ' • ni donc: les seuls qutj

en' ce moment l mériter l'attention et

Tcxanien.

' Dos vingt-q la colonisation algé-^

rienne, il en e enseignements hors de

contestation ai

Le premier, t vail européen s'acconi*

l)lit k plus de fraie que le travail indigène. Par conséquent, l'Européett est tenu de vendre plus diei-^iM l'Arabe; ou s'il vend au même prix, it gagne moins.

Le second enseignement, conséquence du pmbier^ c'est que les exploitations entreprises sur une grande échelle ont été ou sont presque toutes une caosede mine pour les entrepreneurs, fermiers ou ptoprié* laires. !

Enfin, il y a ce troisième enseignement , que'tes grandes exploitations, alors même qu'elleS'U'aartiieill pas à lutter contre la concurrence arabe^ «■beti^teraient en Algérie j comme ailleurs, à la cooKmrreaot do petit cultivateur. • '" ^l'inn'li

Le travail indigène se fait à moins de firai«'|>-pBn!f que sa main-d'œuvre est moins chère; et ftltencst moins chère parce que le travailleur arabe -a'iiloiafe do besoins que le travailleur européen, le iiwraiUeta-

f-&ECONDE PARTIE: U9

lapfaistsinrtoutv 'L'Arabe couche sous un gourbi de fccaiicbes>et debodesèobe^ ou sous une tente en poii dëiiobameau. il vit d' eau , de laitage, de fruits, dé pain, et quel pain! Pour se couvrir des pieds à la téte^iii')nô.liiîifaul en toute saison qu'un burnous, qfmH ae'4?eB0Uyelle pas trois fois en sa vie. Au tra-» iraillémr français, il faut une maison, des vêtements chauds, à certains jours une certaine recherche dans la {ôilette^' une nourriture copieuse, da \^ viande, du viur et des dissipations fort coûteuses souvent.

Le grand propriétaire se heurte à la concurrence du petit cultivateur, qui , ayant moins de passions et de besoins, moins de dépenses, moins de lumières et d'imagination, a aussi moins de risques de se briser à des essais dont la pratique dément trop souvent les théories. Il retire un meilleur revenu de son champ, parce que, le travaillant de ses mains ou avec ks mains de sa famille, il n*a aucune mise de capital à sortir et à exposer; parce que, le cultivant pour son propre compte, il le fait avec un soin et une ardeur que le grand propriétaire ne saurait obtenir des bras qu'il loue et qui lui coûtent cher.

. En Afrique, la concurrence indigène peut être souionue par la supérioiîté des procédés européens qui donnent un plus grand rendement; et, quand ces •procédés seront appliqués par les Arabes, la concurrenee.eera soutenue encore, parce que, d'une part, ies^indigèdea auront pris quelques-uns de nos goûts ^éitiWs besoins y et que les Européens auront été

forcés, pour &e tenir eous l'humidité et bods le soltilf ] do prendre im peu de la sobriété et de la totnpénliieâ ' dos iodigèncs.

Mais la coacurrence des petits cultivateurs rester», par ces raisons mêmes, une pierre d'achoppement de plus en plus r '"" la grande propriété,

qui n'aura plui is l'élève du bétail une

source réelle ( Aussi, 1rs possesseurs

de milliers d'I titre onéreux, soft à

titre gratuit, Si tu d'en opérer le défri-

chement, ou y près l'avoir commencé.

Sans doute, le pitaux, le manque de

bras, y sont pour quelque chose, mais la conviction de succomber sous la doubla concurrence des indi- (fènes et des petits cultivateurs y est pour beaucoup.

Ces trois causes de la grande jachère algérienne en ont prodoit une qaatri^e, dont, sans calomnier les riches concessionnaires, on peut dire qu'elle a exercé ane forte tntlaence sur leur parti pris de fermer lenr coffre et de se croiser les bras. Croyant ou feâgoant de croire au penplem^it rapide et toujours promis de l'Algérie, ces nouveaux landlorg non réeidenls ODt attendu et attendent la marée montante dfe l'émifgration '.

■ Il s'était même fondé, dans c«(te attonle, drs sociétéfl c dates de brocantage en panieipatkm pour l'acquisition de lerm et d'immeubles, leurV«i)«nt« et leur enploiuiiion.

A la tél^de l'une de ces aSBOciations , fondée en 1 g3( , el dost l'acte de dépât fut rççu, le U janvier tB35, par U' Ouerlin, notaire i

I SBCONDB PARTIE. 451

i'il»«q|érrat I|ii6'ië prix de leers terres arrivera par kiideoiiaideà xint aorte de sorenobère qoi les enri« chirait tout d'un coup ; mais Timmigration n^est pas vernie y et sieHe fût venue, elle se serait, je pense, montrée pea soucieuse de se faire rançonner par la spéculation^ à titre d'achat ou 'de tenance : les terres Be • ttiaiM|uetit pas en Afrique, et TÉtat les donne pour rieQ«

Après ces enseignements divers tirés de Tétat des propriétés et de la culture en Algérie, demandons quelques autres enseignements non moins importants a rhistoire des colonies en Amérique. Les uns et les autres nous serviront à juger la valeur de quelques projets de colonisation en travail d'enfantemeiit.

J'ai dit ce qu'a été en Afrique le système de colonisation par le monopole de TËtat. Je vais dire ce qu'a été en Amérique le système de colonisation par le mch nopole des compagnies.

Tout le monde sait en France de quels désastres furent suivis les essais de colonisation tentés par le ministère Choiseul , qui , dans le courant du siècle dernier, avait donné la Guyane française à Tentre*prise. La savane du Kourou, en 4 762, n'avait pas tellement recouvert les cadavres des douze mille Fran-

Alger, se trouvaient : un maréchal de Franco , un intendant et un sotis-inteiidant imlitaires ^ un officier supérieur d'état-major, des négociants de Marseille et d'Alger, des agents comptables des subsistanéds de l'armée, etc. Tous ces personnages figuraient dans l'acte pour .un ou |)lttsieur8 vingtièmes.

^is qui, en dis-huit mois, y mourureni (]'nl)aiHkfn<

et de désespoir juscju'aa deroier, qu'en>lâi4Ûlja-tt'u)>

aie retrouvé quelqaes ossements, i.i 1 1 .iiijiiKtii>ii|j>M !>

Un mot avant d'aller plus loin, i ;nri.i;ii r:ii.i

L'argument que l'on pourrait demander à la Crm-

•*\i syslùme des compaa Compagnie anj[;laiso a sage Angleterre avait les Élats de l'Amérique recommencer l'expé-

ins l'Amérique sept^-

ptfijnk lies Inde- "" gnies n'a rien commerce el ne profité de la leç du Noid ; elle rience.

Que a'était-il trionale^

A'oiri d'abord ta Louisiane. La trop fameuse coinpa* gnie du Mississipi la peupla deSuisseset d' AUem»tds, qui, presque tous, y moururent de chagrin et de mîi sère. La compagnie, qui ne voulut pas-en avoir le démenti , remplaça cette première émigration par le racolement de domestiques chassés de toute maison honnête, de banqueroutiers frauduleux, de débauchés, de fils de famille qu'il fallait soustraire à la justice, de tons les coquins, de toutes les Stles .dont lettei put vider les prisons, les tavernes, les tripots-etiles' mauvais lieux. La compagnie étant morte-âedébbreti ment en 1731 , la Louisiane rendue à elte^ménieiRfiti peu à peu ses mœurs et sa vie. ' < >i m ,i i,

En 1584, le célèbre Walter Raleigh obtint «^g|i-*i gabeth, la reine vierge, le privilège de rexploitathoi] des contrées nouvellement découvertes au ikndiid^>

l]AÉiéd<iuô. 11 JbQda'ane compagnie qui entreprit uii établissement dans la Caroline. Après six années d'exploitation, l'établissement ne comptait que quinze, cents habitants des deux sexes. Une seconde compagnie^^' croyant pouvoir mieux faire, se greffa sur celi^là^ et ce qne.tous les efforts réunis purent obte* nir, ce fut, en 4644, une population deqtmire cmt^ perscHines.

l^n 1664, Charles H concéda TÉtat de New-York à son frère, qui devint Jacques II. Mais ce prince donna si peu de liberté civile et politique à ses colons, que ceux-ci allaient abandonner la colonie, quand il prévint leur délaissement par la constitution d*une assemblée chargée d'en régler les affaires, a Toutefois, dit un historien , la prospérité de l'État fut lente ^ parce que Jacques H avait fait à certaines personnes des cdn-^ cessions si considérables, que ces personnes, qui rowlaient vivre dans le faste sans rien faire, rétrocédaient la terre à des^ conditions fort dures et souvent inaccep-tables, j»

Il en fut de même dans le New Jersey, que ce même Jacques II avait concédé à deux de ses favoris. Ceux* ci alors, comme tant d'autres en Afrique aujourd'hui, n'ayant nulle envie de cultiver par eux-mêmes, cedèhrent leurs concessions à des spéculateurs , lesquels à leur tour les revendirent en détail. Le vrai cultiva* tedrise voyant forcé, pour avoir des terres, de supporter la diarge de toutes ces spéculations, finit par cpkîtfer la partie. En 1 702, les spéculateurs, se voyant

m l'aijOékib française.

ruinés à leur tour, uban donnèrent leur privilège an 1 gouvern^ncnt, qui distribua le» terres à des coildi' tions raisonnables, el la colonie ac releva avec le trft^ J vail el la terre aiïrenchis.

La Caroline est peutrétre l'exemple le plus remar^ ] quable du gr -^ * ■— e le double monopole de i

l'administra établissement La propri( à huit seignei Dieu que l'il une constiti

Te développe dans tout 1

fut donnée par Charles II , L l'exploiter à leur proGt.

l consenti à leur rédiger I monopole en faisait la i base, le monopole lua la terre et le travail. Les choses allèrent à ce point, qu'en 1728 le parlement s'en émut, et Qt rentrer de nouveau la Caroline à l'Etat. Alors, rendue à la liberté de la terre et du travail , la Caroline marcha rapidement vers la prospérité.

Il eo fui ainsi dans la Géorgie. La colooisation y passa par les mêmes phases : monopole de quelques grands concessionnaires, rachat opéré par TËtat, et retour à la vie par le retour au morcellement deU terre et à la liberté.

Ou les lois de la logique eonl fausses, et rblstoire n'a pas d'enseignements, ou bien il faut RpptiqiifF'à l'Algérie ces leçons tirées de temps et de pays >divers. On peut donc, en matière de colonisulion surloM^ ériger en axiomes d'économie sociale les propositionfi suivantes : invnij

Piusde grandes œnceisions! '.■■u.,. ,Hir

SECONDE PAUTIB. 465

Ptu$ dé monopolêè de eompagnies !

LAtefi^ A (fui la etiltioe de ses mains et avet ses prèp^s ressourtes!

Dès lors on est en droit d'affirmer que , dans les projets de oolonisation qui reposeront sur des principes contraires, il n'y a aucune clianoe de succès ni de durée.

■ I I ■ I t il— ^^tAxA**^— — i**^ii I I m I tu « i* i I I II t« I I I I ■ ■ 1 I >

Projets de colonisation par comps^es en Afrique. — Métayage. — Monopole du coton. — Engagés asiatiques. — Destinées plushautes de TAlgérie. — Système du protectorat : clientèle et esclavage; recommandation et servage. -^ Affranchissement de l'élément hu* main. — Exploitation des découvertes de la science. — Drainage. — Machine-Barrat. — Arsenaux de la colonisation. — Le salut de FAlgérie est dans les aspirations vers l'avenir. — Rêve et réalité.

Enseigné par les destinées de9 colonies américaines aux derniers siècles, j'ai dit : Plus de grandes conces^ sions! Plus de monopoles de compagnies! La terre à qui k^ cultive de ses mains et acec ses propres ressourees. fiors de ces principes, ni succès ni durée.

Il arrive précisément que les grands proj^ de iXiiobieatioD auxquels se livre en ce moment la spécu^^ latidtt^ algérienne, ont au contraire pour base les grandes concessions, le monopole des compagnies et une sorte de féodalisation de la terre avec redevances.

■~nses dont e\ie sera jn.get i n'ont pas de terres en donl ponr chni^ae élal ce, ils no pourront a'y Ht formel de la oompaint pas inùme demandé

ÏS6 LALGÉniE FRANÇAISE.

'] Voici uno compaoïDÎd qui demande ynigl 'ihilfe 1 hectares de terre dan>; ta province d'Oran, et. det ' meilleures, pour y fonder des espèces depbalan»^ léres où , sous prétexte de créer de petits propriélaîreB en dix ans, elle pousserait, à titre de métayers con-l' géables à volor'-' — les familles de France. Quant le nombre est établir qii'avei gnie: celui des à litre de voix

Les auteurs de ce projet ne s'inQaa;inent pas moins sincèrement, je veux le croire, constituer le travaU affranchi sur une terre libre. Ils vantent tnétne trè»^ fort leur projet à ce point de vue; et ils De s'aperçoi* vent pas que, sous le titre d'adminislraldurs de la ooffipagaie, ils organisent quelque chose commeles Huit seigneurs de la Caroline, concédée par Charles U^ Us coonaissent le climat d'Afrique, et cepeadiat 36 oe se disent pas que cette espèce de réméré 'dâ^ia terre par le travail, à échéance de dix a&aéssiiJiie peut tenter que les cultivateurs qui ne le oonaaisseiU pas. Ils ne se doutent pas qu'ils orgauiseot tool sinufplement un mont-derptété territorial; qa'ilstratpDrÉent avec habileté la question du salaire pour le<dé{^iBei>; que sous la coodition de redevance du oinquièaiftj je crois, ils le perçoiveot à leur profit,: «t tTpIriènnl les métaywft européeDs au même titre quedesincÉn

-SECONDE PARTIE- m'

itrabesjeKpIoitentileiir&MamfTia^, Ou jeme troibpe lbliytoiika<vhii8et bons cultivatears^ salaire poni* 8«hiitoj'iisiir&pour usure , aimeront mieux continuer ànles'>9qbir] eu France que courir, pour si peu, les chances du «flioiat algérien, qui rend très-problé^malîqve^ Fetlerdeé du droit de propriété sur la terre apr»ttlilx.-tàimées de travail.

Void une autre compagnie qui, formée au capital de quelque cinquantaine de millions, demandait tout simplemeâtf de la province de Gonstantine à la pro* viiice d-Oran, en passant à travers la province d'Algei*^ trois cent mille hectares des meilleures terres dans les plaines, au pied des montagnes, sur le littoral. Elle voulait exploiter en grand la culture du coton , aru moyen de trois mille familles arabes, pour Fembriga* demeot desquelles elle réclamait le concours de TÉlatl

Sauf Ténormité do la concession, l'écrasement complet du travail européen et le racolement par spabis, il y avait une idée algérienne dans ce projetl Mais comme il faut que tout monopole, si habile qu'il soit dans une partie de son déguisement, se montre à nu dans* une autre partie, afin que les moins clair^ivoyants ne s- y laissent pas tromper, la compagnie^ pour se' payer de l-bonneur qu'elle faisait à la France enluii prenant; trois cent mille hectares où elle dai« gneraîtH^eurichir, demandait très^ nominativement e^fiaveif' des arguments à Tappui, le monopole dp oaÉÊOiefce du coton. Oh! mon Dieu , oui! ce que la evÉourisefaee de ses trois mille hmilk» de khammoÉ

ISR LAI-tîïiniE PIIANÇAISE.

n'aurait pas taé, elle le prenait et faisait an dovoir i l'État de ne pas le laisser prendre par d'autres.

Après avoir fourni les spahis pour contraindre )m Arabes au travail , l'Ktat aurait eu à fournir des douaniers pour veiller à la cueillette européenne. Défense aurait été fail** '*'* '"•"'!•"• "ne capsule, une balle ds colon à d'autri lagnie, et à un prix dé^

battu, non ps lur, e'il vous plaît, maii

avec l'admii l'État! Oui, en toute

vérité, cette < osait tout simplement h

la France de rique pour y faire de»

colons un peu ^ypliens dont elle aurai!

élé le pacha! tt ces enormiies ont couru ! elles ont été imprimées sur magnifique papier! elles ont osé dire que l'Ëtat les patronait, qu'elles allègent aboutirl Et quand on pense que parmi ces égorgeurs de la liberté du travail et du commerce, il y avait d'ancieni représentants de l'Algérie aux assemblées nationalei, dei iadustrieisdegrandrenomqui avaient écrit I La ffuAuni du colon doit être libre en Algérie! vertiges de l'iS' térét! ù cécité de l'amour de l'or! 6 i|icon«ist»nDe de* esprits, voilà de vos oeuvres! Et que vos déplions ont dû être amères quand l'État voua a répondu : Nonl'

Les preuves du désarroi d'idées dans teqoel stnitl tombée les spéculateurs de la terre , fatiguée d'attendre les émigrants de France , n'auraient pas été con^ilèlw sans le troisième projet de colonisation qiri a frapfié( ou frappe encore peut-ôtre à la porte des ministUM oli de leurs bureaux. Après avoir menacé l'AlgëriB d'iuiv

•î SBGONDB PARTIE. 4Bf

tPiiA^/pc^Uei reoMAtiUitio» de seigneur» luxeraios^ du monopQ)«,4u cQiX¥Berce^ d'uDQ orgaïueatioQ do (&U \9^9^%gYpy^, lasystèo^ de colonisatiop par compa* gqiMréve le travail et le peuplement au moyen d'une tcawplantation de races asiatiques par navires fran^ gais» Nptre. marine marchande n irait plus faire la trtfite d^ nègres sur la côte de Guinée; elle irait faire la traite des cuivrés sur la côte de Coromandel ; le tabac et le coton ne seraient plus cultivés par des escfaves à perpétuité comme à la Havane et dans les États du Sud de TUnion américaine, mais par des esclaves temporaires sous le nom d'engagés pour di)( ans, plus ou moins. Il va sans dire que, poqr première mise de fonds, TÉtat fournira toujours des concessions d'hectares par milliers. On espère beaucoup de cette transplantation des races d'Asie où le^ terres ne manquent pas et dont ces races ne font rien, sur les terres de T Afrique, où le travail euro* péen viendra quand on saura Ty faire venir, et où, en ajoutant les uns aux autres les hectares concédés, il ne trouverait plus guère où mettre la charrue.

Ces espérances de la compagnie asiatique se fondent sur les essais qui se tonl dans nos colonies où les esclaves ontété émancipés. Il serait sage d'attendre que Tessai fût un peu pins avancé pour en tirer avec ceDti(|ide une conclusion. Je sais seulement qu'en 1840 l'ittprrivai à Semerara , au moment même ou une pareille tentative de travail par engagés chinois et malais a^ail^ea des résultats dont les planteurs de la Guyane

L'ALGÉRIE PRANÇAIBE.

ilwS

anglaise se félicitaient peu ; et le gotiverneDr,' Lyoas , se montrait assez embarrassé de cet(e popaHK' lion exotique qoi lui restait sur les hros. D'aiileui*, le travail par engagés peut âtre une trausition néce»saire entre le travail esclave et le travail lilire claos

les pays d'é~" Çaise, sur ur sorte de rei serait un at Trouvons-m faire pour p< civilisation,

'"^nle; mais en terre franlalion et de liberté, cette n esclavage temporaire une immoralité sociale.

JUS n'avons pas assez à 3nes dans les voies de la core la charge et la res-

ponsabilité de peuplades asiatiques? A moins qae pour les fondateurs de cetic nouvelle exploilalion de l'homme par Thomme et par le capital, le travailleor qai n'est ni blanc ni chrétien n'ait droit qo'an traitement des bètes de somme : à la Dourriture et an repos! Mais quelques échecs qu'aient sabis chez noos les idées de progrès social et de fraternité hamaine, noQS n'en sommes pas encore, je pense, revenus là. Non , Dieu merci ! il y a à faire de l'Afrique antre chose qu'un tréteau du haut duquel les Fontanarose du charlatanisme colonial , battant la grosse caisse d^ la spéculation, racoleraient des hommes et des tacs d'éCQS pour exploiter à leur profit tes uns ti In autres, et, après avoir dévoré les seconds, àba»donner ce que le travail et le climat auraient épmf^ dans les premiers. L'Algérie a été cfmquîse aaxi pnfmiers jours des recherdies démocratique» aar lalpke

1 SECOJKDE PARTIE. m

-^andeiinasaetjpoésible de bîen-élre et de libertéfà -dbnfief eiis»h(liDEBe0v)poar d'a^itres destinées soeîalâs «cptt'lAipetpétuilé^dli salariat et du métayage, la feoon- -atitotîonMéei ht ^ande propriété et de la cuUare eb ffiriria^lJÉAnes et en bottes vernies , et Torganisaiîon -diotia Irlande française avec des landlords et le fernage progressif pour la dépeupler de tenanciers qui ne veulent pas mourir de faim ! Il y a à poursuivre en Afrique un autre but civilisateur que de la changer «en un désert d'hommes sans liens ni esprit de sociabilité, machines inintelligentes montées pour le travail et pour la production, et qui n'auraient d'autre horizon et d'autre intérêt que leur passage dans ces champs de coton et de tabac où, sans y être nés, ils viendraient mourir.

Les peuples ne remontent pas plus les siècles que les fleuves leurs cours.

Si le patronage de TËtat finit son temps, ce n'est pas pour que celui des compagnies commence le sien. Mieux vaudrait encore celui-là que celui-ci : rEtat ne spécule pas, n'exploite pas; les compagnies font plus que de spéculer et d'exploiter, elles '^eeswent.

Dans l'exploitation de l'homme par l'homme, il

il- toujours un moment où le serviteur et Je maître

-yoovaieilt s'entendre, sympathiser; l'un supplia,

Vaiitff^ fléchir. Mais dans l'exploitation de l'homme

-fNHt les compagnies , quelle pitié l'homme peul-il tftn-

«•sÉ|doë?!Les eompagoies ne sont ni des hommes^niim

L'ALGÉHlE FRANÇAISE,

hopime ; ce sont des chiffres, des lingots : les chiOres et les lingots n'ont pas d'entrailles.

Aussi, le développement final du patronage des compagnies est-il écrit d'avance dans le r61e qae le protectorat a joué jusqu'ici dans l'histoire des sociétés : à Rome, b ■' " ■ tjt à l'eaclavage; dans l'époque gallo ?commandation aboutit

au servage féo

Pour que 11 )it le complément du

christianisme, i lent humain tout entier

cesse dôtre la lations tyranniquea de

l'argent. Le ch prises en Algérie sera

encore assez vaste; il aura, pour s'étendre, toutes les découvertes modernes de la science.

S'il est vrai , ce que je souhaite , que dans la sUnation présente de l'Algérie on trouve de grands capitaux qui veulent ^'y risquer, voici quelqoes idées que j'offre aux recherches des spéculateurs. Il en peot sortir la formation de deux, compagnies:' — l'une poor le drainage , cet épuisement et cette épuration ded eaux sous-jacentes , cet accroissement décuple de la production agricole : grande découverte à la propagation de laquelle le gouvernement anglais, qui n'in^ tervient jamais dans les intérêts privés, a fait cependant une avance de deux cents millions ^ — i'aaire, pour l'exploitation de la machine Barrât, soltitiott dtt problème de la vapeur applicable à l'agricolttire, qui, à une grande profondeur, pioche, exUrpeJ laboure, dont chaque pic et chaque soc fait «a obb

heatei rosnvre d'an homme dans un jour; machiBB puissante qui, appliquée aux défrichements de la terre algérienne, suppléerait à TinsutTisance des bras et affiçanchirait les pionniers de la colonisation du tribut que la fièvre et la mort prélèvent sur les pre* miers fouilleurs des terres incultes.

Voilà certes dés spéculations vraiment dignes de notre siècle, car elles se résument en ces deux termes : accroissement du capital d'argent par la fécondation et la plus-value du sol ; économie du capital humain par l'assainissement du pays.

Enfin, la question des difficultés matérielles de la colonisation , qui n'a pu être résolue par l'État depuis vingt ans , pourrait l'être en quelques mois par une compagnie appelant à elle toutes les ressources dont aujourd'hui l'industrie dispose.

Il y aurait tout simplement à faire en Algérie ce que, dans son livre Au Texas ^ publié seulement pour ses amis, et dont il m'a été donné communication, M. Victor Considérant dit avoir rencontré à Cincinnati , « grande cité active et prospère comme tant de ces filles de l'Union américaine nées d'hier.. » (Population, en 1800, 740; en 1850, 116,181.)

a A Cincinnati , dît-îl , j'avais sous les yeux l*un des arsenaux de la colonisation intérieure. Comme une armée en campagne a sur ses bases d'opération se^ grande dépôts de guerre, la conquête de la nature a organisé, en Amérique, ses entrepôts et ses magasins : tout y est préparé et monté pour l'œuvre, Jjes opérations que celle-ci comporte sont si pratiques et si cammuneâi, que tous les détails en sont prévus et tontes k»

m i;algèris prançaibe.

ftéCESsItés pourvues. Lu colenisàlion a patsi,'en'Atairi^ot^Â I l'élal d'indvilTie cuuranU; aonouliUaje, ita rCablwpieai ^ ^ ta mille en amre sont li bien JHerminèi, tes proc^di's si uttuU, qu'on peut dire çn'e/Zc l'y confrcHiinnf ramme on fahrîrpte dani la élablissemenli ad hoc, rfc» drapi, des ptanc/itt ofUtètcltii^ \ peaux. Les créAtions 8|ioiitan6<iH diint j'nvals diïjji'va «le al '

grands espuws ci '■■ ■ '" * "^uratioii !>i (ii'oi»B|te de U^vf^ |

de terrains nag u\ui;e4 fii tnilhirps florh-

snntes , en cités Itilt' avec laqiiHli- se cascnï

ces ceutaînes de léiiués, jpl^s diaiiiië aïihi^

par IVmiicration Grouse, t[Ui absori» le flot

moulant de nol mu plmiu réc'Ui)dnat«, tl)*

traiislurmi' si vi. aisance et en ridiessc; tous

CCS plK'noméncs >rmatii)n sociale que j'étu-

diais m'avaient t mme le Jour, que si ailleurs

le problème de la colouisation est sauvent lii!-rJssé de grandes dJflicultés, la pratique l'a tltcidi'menl résolu id sans réplique, d

Que, par les soins d'une compagnie, Oran, Alger, Conslantine deviennent, comme Cincinnati, autant d'arsenaux pour l'outillage, l'élablissement et la mise en œuvre de la colonisation algérienne; que cette colonisation ne soit plus, comme dans l'Union américaine, qu'une industrie courante, et l'Algérie verra disparaître ces diiiicullés matérielles de premier élablissemeat devant lesquelles hésitent et souvent reculent les plus fermes courages. .'- -i

Pour ces compagnies, formées dans Tordred'ex^ ploitntion que je viens d'indiquer, il y a certMude'de bénéfices aussi bien que d'avenir progressif poiur'lli colonie elle-m^me. Ces compagnies ont pour bat en effet de pourvoir à une nécessité absolue, doni'l'è^ mission a toujours été dans les annales de lA colooU

satioD moderne la cause de la fin misérable de tant rfeùtneprises et d'immigratipns. Cette nécessité s'appelle : La préparation des terres^ antérieure à toute installation des premiers essaims de colonisateurs. : Depuis que ces lignes ont été publiées, en 1854, dans la Pre^e^ il a paru deux grands projets de travaux publics, qui, bien qu'à des degrés divers, répondent à quelques-unes de ces aspirations.

J'en ai donc fait dans les deux chapitres suivants l'objet d'une étude spéciale.

Des travaux publics dans les pays de conciuète. — Utilité politique et utilité sociale. — Projet administratif et militaire de 300 millions. — Ressources de l'impôt et do l'emprunt. — Fortifications, c^isernes. — Ports et phares. — Rade d'Alger. — Édifices publics. — Colonisation à Tontreprise. — Idées informes d'un chemin de fer. — Les capitalistes et l'Algérie.

Les travaux publics sont comme les racines des peuples. C'est par eux que, dans les pays de conquête, les vainqueurs témoignent de leur volonté de s'établir a demeure, qu'ils prennent pied, et que les vaincus, {piar les bienfaits de civilisation qu'ils en espèrent, açcoptent franchement leur défaite. Jusque-là, si nombrens^Si et serrées que soient les mailles du réseau dSiliOçcMp^tion^ les conquérants semblent n'habiter

vil. ■

>è'6 L-ALGÈRIE FRANÇAISE.

qti'iin camp, toiijoars prêts à lever ieiira lentes, M-l les subjugués, si résignés q-u'ils soient, sentenl, d6 loin eii loin , dans un recoin obscur do cœur, quelques vagues retours d'un vieux levain d'indépendance.

Les travaux publics sont de deux sorics. Les uns', par leur forir" ' — — '""3, leur approprialios ^ témoignent pi i la grandeur , de la ri^

chesse, délai lieelmiîmedeseapriceB

d'un peuple. * sont les édifices , les

établissements ions qui expriment et

servent les int ;livité politique et indi-

vise représenta et qui pourraient bien

n'être jamais execuies, si i ûiat ne les exécutait pas. C'est à leur création et entretien que le trésor public, rempli par l'emprunt ou par l'impôt, est chargé de pourvoir.

Dans le second ordre se trouvent les travaux mipartis, qui touchent à la fois aux intérêts collectirs de ta force qui administre et qui gouverne, et aux intérêts individuels de la force qui exploite et qui produit. Ilssont lesvoieRot moyens qui créent', facilitent les échanges, les spéculations, les exploitations du commerce, de l'industrie, de l'agriculture; ifs font rendre ainsi à un sol et à un peuple tout ce^nela nature , la science, la civilisation leur ont donidé de fécondité et d'intelligence. Plus particulièrement aeiJtinés au service des besoins sociaux, ils ont en gétiërïl un caractère très-marqué d'indispensabilité. '9i't& premiers par leur nature de travaux de lultCfl'IiPftH',

4e vanité , d'éventualités politiques rnéoie, peuveql parfois attendre , et attendre longtemps sans comproiniettre rËtat; les seconds bien souvent, pour un an^ un mois, quelques jours de retard , peuvent porter dans le travail social une cause de stagnation , de souffrance , de recul et finalement de ruine. Aussi, les États aban* donnent-ils volontiers ceux-ci à l'initiative et aux ressources des intérêts qui en doivent être le plus immédiatement servis ; et il est recx)nnu aujourd'hui que leur exécution y gagne en économie et en célérité, sans rien perdre du côté de la solidité et du goût.

Il a été mis à jour deux projets de travaux publics qui démontrent clairement que TÂlgérie française ne possède aucun des travaux qui pourraient se classer dans Tune ou l'autre de ces deux catégories. Le voulant ou non, ces sortes de statistiques de l'absence complète de travaux d'utilité politique et sociale donnent raison à ceux qui, jugeant comme moi la question algérienne du point de vue de la dépense d'argent et de temps, disent que vingt années, trois gouvernements, près de deux milliards, T action incessante de l'État , ont suffi à peine pour jeter en Afrique, de ci, delà, un peu au hasard, quelques cléments infqrmes de colonisation, et que ce qu'il peut y avoir de progrès appréciable dans cette société en formation 011 tout manque , est dû uniquement à la perseyérante énergie des colons, la seule chose qui ne manque pas.

LALIltllIB FRANÇAISE.

L'UD de ces projets, te premier, sinon par sa date ao moins p»r bod étendue , la position ofllcielle de son auteur et aussi le bruit qui en a été fait, embrasse nn vaste ensemble de travaux qui tiennent aux d«ax catégories de travaux publics. Leur exécution devrait

donc être simu" — ^ ■'"nner salisraclioD tout h

Ja rois à la colc On y sent la main d'un

officier général corps epécioiix de l'ar-

mée, où les es nés à voir et à traiter

les choees en ut à compter avec les

■ Voies et moyei a richesse de ce beaw

trésor publie di millions se remuent à

brassaées. Aussi sorte blouissement a-t-il ét^

causé on France par le i;randiose de son ensemble et la multiplicité infinie de ses détails. Mais, hélas! le grandiose n'est pas toujours l'indispensable, ni le simultané le possible ; et il n'est pas toujours nécessaire de faire dépendre lerelatifde l'absolu, la partie du tout, ni sage de négliger le bien qui est praticable aujourd'hui pour les miroitements du mieux, qui oe le sera peut-être pas demain. A courir après Tombre, on laisse échapper la proie, et quand on se ravise,' souvent la proie et l'ombre ont disparu ensemble.- Il' se pourrait donc bien que, les premiers émerveille-' méats passés, la colonie et la métropole, parde$k>ai^ sons à la fois dilîérentes et semblables, finissent pat* ne pouvoir, avec toiites sortes de regrets, accepter Id projet que M. lo général de Chabaud-Latour nous &■ envoyé du pays des mirages. ■ ' : "■ >

SECONDE PARTIB. 469

' . ! H* Algérie est •en droit de lui reprocher d' avoir mâle, lié rune à l'autre ^ Texécutioa des travaux d'utilité politique, de plus en plus contestable, et rexécution des travaux d'utilité coloniale, de plus en plus démon-* Irée; d'avoir ainsi fait dépendre ceux-ci de ceux*Ià en les englobant dans un même mouvement de fonds et en donnant aux uns et aux autres, contre toute évidence, un caractère égal d'indispensabilité.

La France, bien certainement, lui reprochera de la provoquer à des sacrifice nouveaux pour un paya auquel elle a déjà donné près de deux milliards du plus pur de son or, dont, par son projet méme^ M. de Chaband-Latour démontre Tenfouissement stérile.

De mon côté, m'associant à ce que ces griefs de la colonie et de la métropole ont de trop fondé, je reprocherai au projet du général commandant le génie en Afrique, d'avoir persisté , malgré l'expérience de tant de fâcheux précédents, à se traîner dans l'ornière du vieux système de colonisation à forfait, avec T initiative, l'argent et l'action de l'Etat.

Il suffira , est-il dit dans le projet de ces grandes créations , de trois cents millions pour leur faire face. Il suffira! non, trois cents millions ne suffiront pas; il en faudra le double, et cela de l'aveu même de 31. de Chabaud-Latour, qui greffe un projet étranger sur le sien. Mais enfin , va pour trois cents millions» En tout temps c'est quelque chose; après deux ans d'une guerre aussi coûteuse que glorieuse, c'est beaucoup. Les demander à l'État, dans des temps ordi-

m LALGÉRIB FHANÇAISE.

naires, c'est grave; dans des iempa exceptionnete 1 d'tin épuisement réceot, c'est risqué.

. . Où les prendre i' .M L'honorable auteur avoue lui-mémo qu'avec les ressources ordjuairesdu budget, la partie de soti projql la plus import«nin notir la rnlonic, celle doiil la oïlonie ne saurai eadre longtemps l'cxé*

culion, — les oui dire, — ne serait

teruiiaée en te ; que dans une |>éi-iode

de cent quara

Cent-quarai ts un pays on, sar qq

toliil jui>é Qéc( ) kilomètres de routes,

on n'a pu, dans u» quarv ue iécte, en construire que 500, praticables en toute saison! dans un pays où, faute de voies de communication, le pain, qui se paye 35 centimes à Sétif, coûte 70 ceatimes à Constaalioe! où la mesure d'orge qui vaut de 3 à 4 francs à Tenied-et-Haad, vaut de 13 à 15 francs à Alger ! où enfin, de Taveu même de l'auteur du projet, les transports de grains en 1853 sur un seul tracé de route , d'Orléansville à Tenez, ont coûté au commerce 300,000 francs de plus que si la roule avait été terminée!

Elst-ce que la prolongation d'un pareil état de choses durant cent quarante années encore, n'équivaudrait pas à la condamnation à mort de ragricullure et du commerce? - ■ |

Il faudrait donc voter des crédits eïtraoritioaires.. C'est une augmentation au budget; et grever le t^udget

SECONDE PARTIE, Mi

e'est accroître Timpôt. Le gouvernemeat le voudrait-il pour des travaux doDt la majeure partie est d'une utilité très-contestable, alors qu'il s'y est refusé pour les nécessités urgentes de notre guerre de civilisation, qui avait droit cependant à tous nos efforts ?

Reste donc un emprunt. Là est, en effet, Tespérance du projet de M. de Chabaud-Latour. L'honorable commandant supérieur du génie en Algérie, on le voit bien, a été fasciné par la rapidité avec laquelle, au moment où il écrivait, les emprunts pour la guerre de Crimée étaient souscrits coup sur coup et dépassés de deux milliards.

Mais ces deux milliards , devenus inutiles pour le service de notre gloire, répondraient-ils à Tappel qui leur serait fait pour le service de TAIgérie, qui a dévoré 1,800 millions, sans que, d'après le nombre des desiderata inscrits au projet en question , rien de sérieux , de solide , de profitable au développement colonial ait été mis sur pied ; pour une nature de travaux qui en France se suffisent à cette heure , et qui se suffiront aussi en Afrique le jour où , pour la colo* oie comme pour la métropole , il aura été déclaré que dans les grands travaux publics il y a deux parts, d(Hit Tune revient aux capitaux associés de Tindustrioet delà finance?

Si l'Algérie ne compte que sur un pareil em-* prunt, j'estime qu'elle court la chance de continuer à être dépourvue, comme elle Test, de la plus minicQè portion des travaux d'utilité publique, à la

47î LALGI^RIE FRANÇAISE.

création desquels est atlaclié soQ avenir totUeBlipTi sans lesquels elle se traîne et, malgré Le ^Iv^ nisnie voit^ïqne de l'empiriame administratif fi elle s'arrêtera. ,

La France aurait la volonté et le pouvoir d'ajotit«r des sacrifices ""—">-— ""*• sacrifices qu'elle s'ofit imposés déjà que le projet de M. dQ

Chabnud-Lato il ne devoir être accepta

que sous béni 3-

Ainsi, |>ar la part do travaux qui

est toujours à 'Ëlat , se trouve porléâ

une somme t lour fortiQcations, cai

sernes, arsenaux, magasms â poudre et autres créations iuilitaires. N'est-ce pas un peu trop prolonger les soucis de l'ère de la conquête, qui est close, dans l'ère de la colonisation, qui est ouverte? Ce n'est, ce me semble , malgré tout le mal qu'on peut se donner pour cela, ni de soulèvements, ni de razzias, ni do proclamations quelconques d'une guerre sainte, ni des terreurs de la population européenne, même quand l'effectif de l'armée d'occupation s'en allait tout entier en Crimée, que chaque paquebot nous apport^ aujourd'hui la nouvelle. Si, à l'est ou à l'ouest, par delà les montagnes des deux Kabylies , aux frootièrea du désert, il y a quelque Bou-Bagla quienlnUiU! après lui quelques imbéciles de la tente ou du gourbi, il sulËt , pour en avoir raison , de quelques haJtûlants raisonnables du gourbi et de la lente, accoufu^.à'ia voix de quelque sous-lieutenant de notre arptéenfitt

eh 1865, après une attaque dans les montagnes de ta- Grande-Kabylie qui a failli coûter fort cher sans ttVoip donné un seul résultat proportionnel aux risques, le gouverneur par intérim, aujourd'hui maréehal Pélissier, à la suite de la prise de Tougourlh , fn'esque sans coup férir, ne nous a-t-il pas appris que rëmbai*go mis sur le commerce et les transactions de Tune des plus puissantes tribus des Kabyles de Test étaient des armes bien autrement concluantes pour ces populations industrieuses, avides de douros, que nos canons et nos fusils, contre lesquels ils aimaient tant, par fantasia bravache, à faire parler leur poudre tapageuse et puante ?

Élever des fortifications, des arsenaux, des magasins à poudre au cœur d'un pays ainsi réduit, et dont, par les intérêts de lucre , on peut si aisément trouver le train ! construire des casernes juste au moment où il a été incontestablement démontré que Ton pouvait réduire des deux tiers au moins Tarmée d'occupation !... En vérité, je ne dis pas qu'on y doive absolument renoncer, mais je dis que le moment est assez mal choisi, et qu'il n'y a nul péril à attendre. D'ailleurs ne serait-il pas bon de se demander auparavant ce que , même durant la guerre , sont devenues en Algérie tant de fortifications et de casernes comme eëlles qui, au camp du Fondouck, près d'Alger, et au camp du Figuier, près d'Oran, ont englouti des centaines de mille francs ? Voilà bien des années que lebrs toits effondrés, leurs murs lézardés, leurs solives

«sôde qu'un port digne elui (i'Ala;er, au ceolt* ! looies pièces par la \ lontement, trop Icntel pourvoir GSt allé plus

pourries ne peuvent plus abriler même les liirofldellefc

enélé, les cigognes en hiver-

Le projet se rapproche davanlage des besoins réftii j et immédiats de la colonie dans le chapitre des ports^ 1 phares et canaux. Il leur est consacré une somma I de 1O0 niillio

L'Algérie, d'être appelé du littoral af France , et qui ment : l'aveni vile que lui.

Dans l'ouest, Ârzew et Mers-el-Eébir, on certaines saisons ot par certains vents, sont des ports où souveot l'embarquement et le débarquement sont toi'pOGSibles. Gherchell, Tenez et Mostaganem ne sont que de mauvaises rades, d'où souvent les navires s'échappent en toute hâte, aimant mieux tràir la haute mer.

Dans l'est , il en est de même pour Dellys, Gigelly et Slora , dont on a longtemps et laborieusement rêvé de faire comme un Taubourg maritime de Constantine; une sorte de port d'un Rouen africain , moins la Seine^' et un chemin pour le relier an chef-lieu. Bougie et Bône sont des ports que la nature avait crenBéBv mais que, faute de travaux d'art, la natm^i qui demande à être aidée, comble de plus en plus eh&qoe jour. . ■■■■ I: ■'!■

Comme ou voit, le littoral algérien mérite ^eoooM

de nos jours son antique réputation d'atterrissement inhospitalier. Ce ne serait donc pas trop, en effet, de 4 00 millions pour le rendre digne de Toccupation française. Mais j^affirme que , pour le moment , on pourrait borner les travaux aux ports naturels d'Arzew à l'ouest et de Bône à l'est, l'un recevant les produits de la province d'Oran, et l'autre les richesses de la fertile province de Gonstanline.

Quant à la grande rade ouverte en avant du port d'Alger, dont les travaux sont évalués à 44 millions, ils pourraient, dit le projet Chabaud-Latour , être ajournés à un très-long avenir. Oh! pour cela, non, je proteste ; je proteste avec la colonie , avec la métropole, avec la marine militaire, avec la marine marchande , avec tous les intérêts d'avenir algériens et français que doit ouvrir le percement de Tisthme de

Suez Aveugle qui ne voit pas cela! Tant que la

rade d'Alger ne sera pas défendue, les millions jetés dans les fortifications du chef-lieu de notre colonie auront été dépensés en pure perte ; tant que la rade d'Alger ne sera point abritée, la France doit s'attendre à voir l'Algérie demeurer en dehors de ce grand mouvement commercial de la Méditerranée, dentelle est par sa position même destinée à devenir un centre florissant.

A la part que ce projet s'est faite on reconnaît son origine toute militaire; à la part non moins large qu'il a faite aux services publics on reconnaît son origine administrative. On dirait d un appel à une levée

m L'\I,gÈaiE PIIAKÇAISE.

Qt^ .QiQâse . de r«diuii)isii'alioD pour v^air eai ce projet de dOi) imllious, iloul uliaciin awa, f-a Gouverueur, mnrîae, justice, iuiitruriiOD publiquA» doiKiues, geadariuerie^ y âguront pour treitto .mitf lions. — lUee^iflun du clergé, {uussez ce prQfflt

vous donae '' ■"• — •jouf des églUes!. ,

L[ me SI m aficudâiiL qtuj ,Mi it

lîOiivcrncur i >on mauresque ànla villft

gI m\%. cliaa les el douiutici-s ont leurs

Casernes, et eoti amiraulù; la

[raliire, que ad pas lu juâlice sous,

palmier, fau idience; leâcbrâtieoa

sont pas réduiM a adorer Dieu eu plein air comnip les musulmans. El puis, y [itjnso-l-on liien? Dooae millioDs d'églises nouvelles dans un pays ou il n'y a pas encoi'e au delà de cent mille catholiques! Alger a aussi son lycée, sa préfecture, et que sais-je eocore? Tout cela , objecle-t-OQ , n'est ni approprié * dÎ digne , ai monumental. C'est possible; mais en booae écoa»mie, le beau et le grand ne devraient passer qa'aprw l'utile; les administrateurs ne venir qu'après les adiûnistrés, de peur qu'où ait de ceux-là plus que .de ceux-ci; et avant d'introduire dans un pays les.app»rendes de la richesse , ue serait-il pas mieux, d» 4ii procurer, ou plulùt de l'aider à se donner Ui-Hnâiip les réalités de l'existence? Francliemeut UkiFrawift^ l'Algérie sont en droit de dire à cette partie du pn^«^ Repassez dans vingt ans. ni..,>pi.

, Elles D'eu diront pas autant, j'en cânvienftyiàiiNf

onquaata millions demandés pour la prin* exjfÊte^ !• vériiabie pierre d'attente de rétablissement cûIqiiuiK Mais la France et l'Algérie regretteront que ift^moitié an mmns de cette somme soit affectée, par te projet, à la continuation obstinée d'entreprises qui ont échoué déjà, ou qui sont mal venues, et à la création de travaux auxquels on a trop tardé de mettre la main.

Est-ce bien sérieusement qu'on peut aujourd'hui demander vingt ou trente millions pour creuser encore davantage cette vieille ornière de la colonisation par l'État, où plus de quarante millions ont déjà disparu , sous les couches superposées de plus de vingt mille émigrants? La façon de cette colonisation a coûté trop cher; et les souvenirs des grandes émigrations de 1 846 et de i 848 se dressent à jamais pour en repousser les nouveaux essais.

Quant'à la colonisation par entreprise, avec racolement de bétail humain pour assiette d'exploitation, son bilan a été dressé dans ces paroles du tableau officiel des établissements en Algérie de 1 846 à 1 849 : En somme f la colonisation par entreprise n'a pas produit les résultats qu'on en attendait. Je me crois en droit d'affirmer qu'à celte heure, en 1856, malgré le bruit qui en a été fait et dont je soupçonne qu'on est fort revenu, les espérances fondées sur certaine compagnie à laquelle toute faveur a été accordée, n'ont apporté aucun changement à cet arrêt officiel. Les piMiierB émigrants, et ils n'ont pas été suivis de

«8 LALaÉJllB FHANÇWSE.

beaucoup d'autre», n'ont pu justju.m.fak^qu«tU*f#fr

diuage et louei- U'Urs lots dir trrrain atiac .i/'n6M.

Louer leurs lois de terrain aux Arabes? l'oiir «n lel résultai, valait-il donc la peine d'exproprier les iodigèneset d'appauvrir le domaiae? L'expropriation n'e&t légitime -■ - - ^i elle est pour cause de

culture. Mois qui auraient cultivé par

eux-mêmes p as qui ne cullîvenl que

par rermiers ■■ doineioe aurait sutTi,

et avec béni ;, à céder à bail aux

indigènes dei leur a dénié et pris \»

propriété. , ,i

En revanche, on ne saurait trop approuver la part faite dans ces cinquante raillions aux travaux de barrages, d'irrigations, de dessèchements, de voies serr condaires de communication qui féconderaient, do»gécheraient, assainiraient le sol et contribueraient à établir l'égalisation dans la quantité et dans le ,pgrix des subsistances. C'est dans l'emploi de cette somme, ainsi que dans celui des 70 millions demandiéB pour un. développement de i,500 kilomèlrea de i roptâi carrosaablea et empierrées, que se trouve leotOii, sénrieux, pratique et véritablfflnent ooloi^l du prfiJQt dont, je dois le djire, pour oe c6lé do moiQa,,i'(«itiar tive D'appartiest pas à M. te commaudaati supérieur dq génie d'Algw. .,■.. - .■.imol

Aussi en fait-il bon marché. Ces routes» dw^kp études sont complètes, terminées, dont les^plaosiAl devis sont dressés et approuvés , qui oiôme W|i(.4n

• MÇONBE PARTIE; t79

trancbm iconomenoés et où , par cemséqcietit , il- y la des mitliOM dépensée, le projet lee trouve soliitéfflent^d'aneoivilisatioii trop arriérée, d^tine efficacité -tiiop' mesquine; il les immole en holocauste et sans sourciller sw les antels de nouveaux dieux. Il a entendu sur tous les points du continent européen le rigoureux coup de sifflet des locomotives courant smr les rails; et comme, dans des heures de mirages lointains, quelques Algériens inoccupés ont jeté en avant quelques vagues et informes idées de chemin de fét à vol d'oiseau en Afrique, M. de Chabaud-Latour lance ses aspirations brillantes vers ces nuages d'un rêve. Mais si le fantaisiste s'évertue à leur donner un corps , le savant , ramené au positivisme , ne tarde pas à les dissiper. C'est en effet lui qui nous apprend que t a Les études du Grand-Central algérien sont trh^som^ îi maires; qu'il serait à désirer que le gouvernement » donnât une mission spéciale à quelque ingénieur » pour faire des études approfondies, et qu'à cet effet i> un crédit spécial fût ouvert au budget (encore n l'État); et qu'enfin, sur le prix de revient, les au* »teurs se sont trompés de 100,000 francs par kiloi» mètre : soit une erreur de 4 00 millions pour tout le »» parcours, d 100 millions! rien que cetal

Quoi qu'il en soi t de ces rêves, dont les réalisations, fondées sur des erreurs de 100 millions, sont par delà deux ou trois horizons visibles du ciel algérien , leurs auteurs et leurs adhérents se font complètement ittirsie^ sur le concours qui, en vue (Ttm minimufh

VW) L'AtG*RlE FRANÇAISE.

'S"inlffrêl garanti par l'État , leur serait prêté par A»' capitalistes Icspltis sériniT de France. D'atiord le tempe des garanties de minimum d'intérêt est passé; il fawt en prendre son parti ; ensuite, voici le langage que, hier encore, teBaîent, à qui leur parlait de l'Algérie; les capitalistes " ; de France, les hommes

placés à la lât louvement dé capïtttut

qui enfante lei circulation: ■ '>

— ■ « En ce 1 1 bien longtemps peot-

étre, il n'y a pour nous en Algérie.

Que l'Algérie i i certificat de vie sigiié

par elle-même i administration ; qu'elle

fasse enfin de la grande culture, de l'agricultare, et DQD du jardini^e et de i'honicuUure-poor des'expositiotis permanentes ou anivereellea, et aouBtteiiote

■aléfs. » ■■ ■■'■ ''■"■M--,

Haiâ de ce que l'État, ni par l'emptlmt hifér

t'impàt, ne peut jeter en Algérie trois cents sotlvëffàx

minions à un anachronisme de fortiBcations et d'engins de guerre, ni à uftluxe'tm peu'Strfititd'édiBoes publics, ni à un gigantesque ensemble de constructions maritimes, ni à un vaste réseau de i,âOO kilomètres de routes ; de ce que , pour des raisons tirées soit de la situation du travail, soit de l'éparpillement des centres de population, soit d'une foule d'autres causes nées du monopole administratif et financier, les capitalistes de France prennent leurs plus grands airs quand on leur parle de 300 millions d'argent à convertir en i ,500 kilomètres de rails de fer, ce n'est

I ^Ç^ÇpNPÇ PARTIR. : - 1^

(Misiiif a)m^R,.pérefPp|toir^ pour qaft. Ji;%érjift, q^\ 4it|M(]P0i|Htl?«9p1>n0able da mauvais eniploi de pluj^, (^ç jYMgK ?Qii^ ^t,49,pi:^ de deux ipil^rdflt, acit d^ iiéi^f t^]^ loqgteoips de sa part légitime, praiic^b^, j^ima^Pi^ ^"miP^mes f de travaux ^ de créations;, ^(iMlJbtisaçpteQtei.ittns lesquels, il n'y a qu'uDQvaix jpuUi}»>diiad^,^^ Sécondèjat soleil, ses eau;^ aboq^ dantes, ses. plaines fertiles, ses riches vallées, ses enAtiii^.yarîée», et, par-dessus tout, Ténergie perse- .yérapte ^ ses colons, ne seraient plus avant peu que des présents maudits, des forces perdues, des causes de naisèreet de ruine, en pleine surexcita^tipu de ira- :vail eti de surabondance de produits. .

Mais si T Algérie ne peut pas attendre, si TÉtat ne doit plus faire, si les grands capitalistes de France refusent de s'en mêler, qui donc fera, et dans quelle : mesure, et à quelles conditions, et dans quel espace /de temps?

C'est à cette situation extrême que répond le projet .qui fait TotijeA du chapitre suivant.

Jli';.':

- • .tn- |.

Page 1