‹ C. de Feuillide. L'Algérie francaiseChapitre 8 sur 12 · II · texte numérisé non relu

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Projet SainHager,*

— Pioires de l'a i

— De la YiabilL

(le roiiteB. — Se i

tion (les ports A'i

rfrails.elc. — J> i

Moulin» et usJiH»

.derOcciiont. -

i' ^■>^'l fjl ■ — Son empreinte Blgéninne.

itc de la prospérité roloniald.

iropri» de 1 ,3S0 kilomMnv de messagerie. — Améliom- ■ Docks, entrepôts, canivan- Lx dans la vallée du CmV. — ché aux grains et aux fiinnca la tiens ulgérieDiies,

Le projet dont je m'occupe ici me semble ôtro le cerli&cat de vie signé par la colonie eile-oïécne dont, pour aviser, les grands capitalistes de France demaa-t dent l'exhibition.

Au mois d'octobre 1 853, l'un des auteurs cecevyit des bureaux, de la guerre le récépissé suivant. :

a A M. Juillet Saint- Loger, l'un des gérants » de la Caisse du commerce algérien.

» Monsieur, je vous informe que la note que vousi» M m'avez adressée au sujet de l'ouverture d'uiie:roiil6' » d'Oran à Blidah, avec embranchement suç,, Chérir/ nchell, Orléansville , Tenez, etc., combinéoi aycc!» » l'établissement d'un roulage et d'un service joniTr j n oalier de messageries, des dépêches, des transpofAa:i,

SEiCONDE PARTIE. 48a

» de la gaerre et des administrations civiles , a été » transmise à M. le gouverneur général avec invita-^ )) tion de l'examiner et de vous faire connaître direc- )) tement la suite dont ce projet complexe lui parât- » trait susceptible.

» Recevez, Monsieur, etc.

» Le conseiller d'État, général de division, » directeur des affaires étrangères,

7) L. Daumas.

11 en fut de ce projet de viabilité comme du projet d'assainissement et de canalisation dans la Milidja, dont j'ai conté la mésaventure; il échoua comme lui à Tun des nombreux cartons des nombreuses étapes administratives. Présenté de nouveau avec de nota-' blés modifications dans un mémoire imprimé, déposé aux bureaux de la guerre en septembre 1 854 , il ne fut pas plus heureux, et très-probablement il ne servit qu'à fournir un des détails du vaste ensemble publié trois mois après, en décembre, par M. de Chabaud- Latour.

Du reste, la question de priorité n'est ici qu'une question très-secondaire, et je n'en aurais point parlé, si ce n*eût été une preuve de pins de ce que deviennent en Algérie tous les projets qui ne sont pas d'iniliatire administrative. Dans ce pays, à cette vielitte maxime t Périssent les colonie$ plutôt qu'un primipf»; 'bien des gens semblent avoir dontoé pour

L'ALGEIIIK FRANÇAISE.

varianle cdie-ci : Périsse la colonie alffériennn iplul/H que de vivre par d'autres ijw par r'ottJt.Dan&cQ.pajra^ on ne s'est point toujours boinÉ à ne pas<faii«;tia&« souvent travaillé à empêcher de faire. >< < .

Quoiqu'il en soit, le projet Saint-Lager et C* se rw sent de son or"'"" ""«"mû la projet Cbabaud-LaUwi!

a^. relent de i preint son cac pn retrouve à et financière.

|a sachant biei mettent du pi l'Algérie souffre t!u par pBT. ilommes d'initiative,

ci porte fortement emfet militaire; à celui-là n empreinte algérienne ant vécu en Algérie, et e vont pas à tâtons; ils main aux endroits Oit .a vie menace de s'édiapils se jettent bravement

hors. des sentio^ battus par la routine, et ne demain dent pas des siècles ou des quarts de siècle pour^dw oavrages qui , rondement conduits , peuv^it être terminés en trois années. Deux d'entre eux,.espnlf positifs et financiers habiles, accoutomés à juger d'oit coup d'œil le quotient des choses et à travailla avtiit les capitaux associés de l'industrie, n'ont aaaane part à faire aux hasards et à la fantaisie. 11 n'est donc paf UD seul des articles de > leur projet qui ne oonpiiat!» àXormerunfiBBembleftuissant d'iodispedsabàbtâpFaltique et d'exécution imotédiate. Sans doate^.-etliAi a'ea affichent pas la prétention, ils ne'disebbipoiid qu'après eux il D'y aura plus rien à iàice^ntm:ik disrat avec raison que la part dont ilS' predntiAik «ba(ge-doit être eiLéculée sur l'heure.,

îSBCCmBE' PARTI B: 4#é

()^Mè«ie»'et'iiiétiie dé mort coloniale. Ils di^nt icj^Ai'Hé otitirgnt^'à^Itt^ldbloQisatiop , et ponr la pins grande e^b^^ ikèMïtm^tx^-tr^sot public de h métropole; nné' voie nouvelle, nécessaire, dans laquelle d*atitrëd les* suivront; et qu'enfin^ dans la mesure de leurs réaTisatioû», i se irravent la pierre de Tangle du salut pfrésent^ elles pierres d'attente de la prospérité Mure de l'établissement algérien. i

Ejes progrès des peuples, disent-ils, se mesurent à la facilité et- à l'étendue de leurs voies de communication. Soit dans la paix, soit dans la guerre, en efifet, led routes font le rayonnement continu à tOdS les points du territoire des deux fonces par lesquelles toute société se manifeste : la force ntidiviëè qui s'appelle TÉtat, la force individuelle qui s'appelle te travail.

Voici pourtant que pour relier entre elles les trois provinces dont elle se compose , pour y faire sentir Tunité du gouvernement, T Algérie n'a que la Voie de mer, la mer souvent mauvaise sur ses côtes.

A l'intérieur, pour assurer dans chacune de ses trois provinces la mainmise du pouvoir sur les populations groupées aux flancs des monts^es, enfoncées dans les'irepKs de» vallées, dissénainées dans les broùs^ «tailles, les taarais et les plaines;' pour rattacher les biroonférences au centre , le centre au littoral; pour sérTwrsur tous les points de la colonie les grands in^- (érdtoduepmfmerce, de l'industrie, de l'exploitation desHinÔM», des feréts, des carHères, TAIgéHè ibe

m LALGÈRIE FBANÇArSE.

posaède qu'environ 500 kilomètres de roules réeUe*-' ment adievées, praticables ca tout Icmps. Sur tQUt>> le resle, quand vient l'hivernage, la circulaCion Ah' , voitures est interdite par t'adaiiDistration.

Je me souviens, eo effet, d'avoir lu sur les murs d'Alger et à la p""'" •'"■' — -igs des villages environoauts t'aniche <

tt Avis At>Mr: mpire français. Préfbo '

» lure du dépa •. — 'Avis, Le préfet du

>i départemeut leur d'informer ses ad-

)) ministres qui instructions que M. te"

» gouverneur gênerai donnait l'an dernier, à pareille ' »épo(}ue, M. le sfénéral commandant la division' «d'Alger a décidé que les routes ci-après désigaéw nserootinterdites, sur le territoire militaire, pendant.' » la mauvaise saison , à la circnlalion des Toitures;< ' » et que cette interdiction commencera le 35 da pré^ '' » eeat mois de décembre t '''

ff Savoir : i ° rentes d'Alger à Dellys (moins la partib" » comprise entre Dellys et le village de Ben-Miohaud), '' »et d'Alger à Tizionzou et Dra-et-Mezanv 8° rouie'' n d'Alger à Aornale; 3" route d'Aumale à BoMrdJ^'' » Bouira et aux Beni-Mansour; 4" route de Hâtl^h'ft''' » Boghar, à partir du Damiette; 5° route de MilifldAi »k Blidab par la Bourkrka; 6° route d'OrtéauBVille^à"' » Tenez} 7° route de Cherchell à MilianaliL ■ ■»> -^'v

B Le préfet croit devoir engager le commwcte i'iWlM"' » de faire arriver^ d'ici au terme ei-dessu$ ^foé'^ M ^

SECONDB PARTIE. 497

nxH/>jet9:qHHlanrafUâetDpédier sur les différentes places »ïiie)\l intérieur j et dont le transport ne pourrait se » Mn ipar voitures .

^ Lé préfet, Lautour Mezbrat. »

. j» Alger, W.40 décembre 4853.

Eh bien, sur les 4,500 kilomètres de routes qui fjgureoi dans le projet cuiministratif ^ et dont les plans sont tracés et les devis dressés, les auteurs du projet algérien s'engagent à ouvrir et achever à Tétat d'entretien, carrossables et empierrés, les i ,380 kilomètres qui, par une grande artère, relient entre elles les trois provinces d'Alger, d*Oran, de Constantine, et qui , dans ces trois provinces, mettent en communica-» tion entre elles et avec le littoral les centres de popu^ lation que voici : Blidah, Milianah, Cherchell, Orléansville, Tenez, Bel-Assel, Relizan, Mostaganem, Arzew, et sur la route d'Alger à Bône, Aumale, Sélif, Bougie, Guehna, Constantine. Ces travaux, dit le projet, seront exécutés en deux années, et, conformément aux tracés et projets adoptés par Tadminis* tratioD« il leur serait consacré la somme de 27 mil« lionp 600^000 francs.

,A6n que la viabilité soit créée tout entière et d'un sbrI coup^^. les auteurs du projet de la Compagnie

générale de l'Algérie veulent employer i millions 70(0^000 francs à rétablissement et achalandage d'w service régulier de roulage, et d'un service

4M L'AIGÉIIIE FRANÇAISE. ^^^

quotidien |d« ^toessagertes sur tofjl ' le . pqccouj^i des

Boules exécutées, avec relais,

hûteileriefi, cara,vai»«fr

jails, toutes choses dont l'absence donne « l'Algérw

ies apparences et aussi lea réalités d'un p«yâ oû-U

(Civilisation n'a pas encore mis

îlespieda., ,^ -„i . .-.i,

Les ports co ~ " "^i

liés, dit enc9ïe,1^,pDfùflt

algérien, sont 1

^tractions du .commerce

anarilime : bien

ird'hui norissanlea a'ûo*

-pas dû à une i

6 leur origine, la rapi- i

dite de leur !

leur prospérité. .

. Cependant

inquante lieues d« CÔ1<£

feu hoapiUliér i

7s saisons et par certaiog

iVents, l'Algérie ne possède guère que le porl d'Alger.

:Eh bien, sur le nombre de porls et de rades que les

4niTeax,d'Qrt peuvent améliorer, U ea «âddas^oiM, en leur consacrant une somme de 9 iBiJJioils<SQO^QQ0 francS) les auteurs du projet se chargeiH>deifaiM eu 'deux années les entrepôts des produits de 1« .pttNtQQe d'Oran et de la province. de Constantioe. Clesl^il^ ptiit 'd'Arzew à l'ouest et de J3ône à l'est. ,,,1-. ■ „< ^mA, L'Algérie ne possède dqd plus danftftiiaiyeiitoiVQB villes manUii)e&, pas- même à. Alger^ oaïAWLides grands élablissemenls qui sont lea réevuwn j9tii)es versBDls de la.iprodu4tioa et du ooinnierceiiîlifd en sollicitent et «n f«TOpseDt tes ppéculat0p?)6{))M4fh- .|in)visioDnemaals.L£,projet algérien i:épw(tt^^9,<|ep;c ijtnnéesauaslyune soiiuBede%,70ft,000/^sMKS.4»RaAa ,Qen0tructiQik'4edoGkae(d'eatrep6lâ à>Bômt 6 ^rmi^t -iAlger,.ii.!i:, ...| ,. ■>■■■..• -i^ :u,]ho'.\ h\ ^hbL

^'^iï)iM^mm\^ téMî^s fck fortiine de Mfriqu&éejiKétii* tyfiiiiârt6«'èiif6ti#iMàlèlte prhicipale PagriCâHnreyiciifi «n'^OsèéU IJaiViiH^^oamoière du monde roîdairi ;. ràiiiB tèbf'Afh^tlii&f'icèiDmë'^eâ tout pays/ l'agriotrtutre n'A été et ne peui^éit^ fiôriseante qu^à la couditioii d'oia iNMP'ftidétMlgMiMt déd eaux.

' i@é^lldtfdt sttr cette terre d'Afrique <m abonéeM lu «Qf«ità'd^€ad et lé6 sources, où matheurenë^tiietft BfU^ abofidé&t')ed terres sèches et brûlées, et sur taiquelle sotit^pdssésf tant de siècles de dévastation et de i)fàrbai^ie;ii'ti'd pas encore été dressé ni creusé , deipwi ta conquête de la civilisation , un seul de cm Itwink d'irrigation qui, par remmagasittement'et la -répartition des eaux, assainissent le sol , augmeâtedt lêB proddits et la valeur des terres, et diminuent les '^tfelble^deiaiiiortalité.

"'•' Dfas millions de francs, dit le projet Saint*Lagef ,

Emile Robert et 0% seront mis au plein cœur de Tune

^de$ plus vastes et des plus belles vallées de T Algérie,

dans la construction de barrages et de canaux sur le

^béKf et âe&'nombreux affl^ients. •

-^ 'i>Gbmmé^iea 'pfécédent^, dès travaux seraient exé-

^«fatés etidiâwx années. r • = '

no Bufiny^ettei se trouvent ded modifications impor-

'tlftt^ (|ue^,'depuis la pubficnléqfti M avait été donnée,

>^é(p|^r^<fii Ye^tied d'une mafn amie, et dont avis a été

^ôfl6^,^€WaVril 1855, paM'enm aux bureaux de ia

^gcMn<9 d'ottittî^peiidice au itrémott'ede 48&4i*^isafiii,

dans la portion de TAIgérie où les cultures- -ëér*-

L'AlOfrRIE FBANCAISI-.

980,000 à 4 ttimtttt^'lEéttë'^i^MRiéllidft'îMmiMffàft BUT besoins alitûedt6frB^de«'WDt>^b^Uliltf«9roliéeas établis enl>Algérie>«' ët'tfM'd«me'ttHÉio«8tfi^

tribus du Sab«m'i icoamnael'Idefl^'MHMâi «thâ^^kL pfoduire. L'Â1g«rieï!oepMidiirit,"ltit«« Wrhlfmè^ ce déficit, exporte' dft 8 à 9OOtMO'li@0lèmNi lA blé. D'où tire-t^lt0Oet'9xééd«Dl dCF'én M8èltâ>>D« la zone atgérioine occnpée par les iod^tSBd sMlilr C'est donc dans cette zone qae réside ta VArhalfTë puissance nourricière de l'Algérie; c'est donc là qil*n faut aller établir le marché aux grains et aux fn^îti^ de la France et de l'Europe.

H n'est pn-sonne aujourd'hui qui, voyait qae depuis 18i8 la production indigène s'est accroe sur Due ligne parallèle à celle de la pacification et des marchés ouverts , ne soit conTaincu que sur cèWc lerté' arable de 1 8 millions d'hectares, la prodoctioâ, qtttt^ la France le voudra, puisse être an moiak -qulitM tnplée. Quant à moi , j'affirme hautement que ^âèfnilN la découverte des procédés de meunerfe pi^'léàqà^ls le savant M. Millon, pharmacien en chef'tld'rarikMë à Alger, donne à la farine des blés durs ftidj^èt toutes les qualités de la farine des blés téridiêd'd'Etf* rope, la prodaction indigène doit entrer p6ti\i' tfk fléM

j . PBC0;^DB PARTIE. m

jUM. ,fj^f^ 4^11% les .^wize millions d'bectoiitres« «quei, ,f(çlo^;P]9: ^iomiste' célèbre (M. Michel Chevalier), r^gjlppeioccideatfiie et centrale se peut à peine proci^^r sur I9 marché général du monde à des prix q.i&i réppnidleiit à la cote moyenne de nos mercuriales.

Que faut-il pour que rAlgérie, aux mains de la France, devienne encore la mamelle nourricière de Toccident européen, et laisse bien loin les deux millions de médimnes de blé que César, à son retour d'Afrique, se vantait de retirer pour le peuple romaiii du royaume de Juba, TAIgérie d'aujourd'hui?

Il faut que, dans les trois provinces, des moulins et des usines à meunerie soient établis sur les principaux cours d'eau, et dans les lieux les plus propres à favo« riser tout à la fois Tagriculture et le commerce, le producteur et Tacquéreur, renvoi à Tusine et le trans* port au littoral. Quand Tindigène verra tout grands ouverts , près de lui , les marchés aux grains et aux farines, où il pourra, sans trop courir, recevoir à ses heures, selon son humeur et ses besoins, le prix comptant de tout ce qu'il pourra produire, oh! l'indigène alors sera surexcité à produire pour les rem^ p^r^ Cela est dans sa nature, parce qu'en les remplissapt il s'enrichira.

C'est à la création de ces moulins et usines à meunerif3 sur les points les plus convenables de tout le Tq1| algérien , que le projet modifié de la compagnie g^r^je dÇ: TAlgérie destine une somme de deux milr litfïf^ (^(^ f;:ançs. Et si les bureaux se fussent occupa

tia L'ALGÉRIE FRANÇAISE.

du projet, celte réalisation n'eût été renvoyée ni à deux ans , ni à un ao ; elle aurait eu lien tout de suite, et elle fonctionnerait en la présente année 1856.

Il faut en dire autant de la partie suivante du projet.

Peuplée à p"!"" dont trente mil vaux des char que 50,000 1 possède six n dant annuellen moisson, un ti et, sur la récolte lui systèmes vicieux de battage ,

'ingt mille Européens, sont adonnés aux tra- L cultures européennes I, alors que l'Ëlat en iident le travail; perbras au temps de la le la récolte sur pied , ;3 p. 0/0, par suite des l'Algérie française n'a pas encore songé à triompher des causes principales de son dépeuplement , qui sont dans les diSicaltés et les périls du défrichement et de l'appropriation des terres. Ni pour elle, ni pour l'Algérie Indigène elle n'a su ou pu appeler en aide aux travaux et eux rendements de l'agriculture les découvertes modernes de la science, appliquées au défrichement et à l'appropriation du sol, au sciage et au battage des récoltes.

Ëb bien , dit le projet algérien modifié, puisque les pionniers se découragent et succombent aux périls des défrichements; puisque les semailles doivent être calculées sur la quantité de bras qu'il y aura sur le terrain aux jours de la récolte; puisque le battage par fléaux, les gaules, les pieds des chevaux et des

bœafs disperse, broie et perd un tiers des grains, la compagnie générale de TAlgérie iconsacrera une somme d'environ huit cent mille francs à l'introduction en Afrique, — pour remplacer tous les bras de chair qui manquent, succombent ou travaillent mal, — de ces bras de fer, de ces machines qui défrichent, piochent, labourent, moissonnent, battent, et font chacune la besogne de cent hommes par jour.

Il n'est nul besoin d'être au courant des affaires d'Afrique pour apprécier du premier coup d'œil les résultats immédiats et d'avenir qui sont au fond des réalisations de ce projet tout algérien, pour la métropole, pour la colonie, pour l'État, pour l'Europe occidentale elle-même.

Qui donc ne reconnaîtra que dans la création de la viabilité sur un parcours de 1 ,380 kilomètres à travers les trois provinces d'Alger, d'Oran et de Constantine, il y a toute une rénovation pour le travail des terres, pour les échanges du commerce, pour les spéculations de l'industrie , pour les exploitations des richesses qui sont à la surface et dans les entrailles du sol; pour la centralisation et l'unité du pouvoir; pour la pacification de tous les intérêts, de toutes les races, et pour leur marche ascendante, par infiltrations rapides et sûres, vers une grande et puissante assimilation de l'Algérie avec la France?

Dans ces eaux aménagées , dans ces terres tour à tour desséchées et irriguées , qui ne voit cet assainissement du climat et du sol par lequel la terre d'Afri-

Ï9i LAtGÉRlE PHANÇAISE.

qne doit (.Hre relevée de tontes les réalités da péril el da loutea les exig tt q U i — B^fe i»Jpè«Bpl3''P sJiavQO h. Dans ces deax:|k)rtil, iifllânivéS'iIi'«l'«t^ItOittam dans ces docics et «Jt ieidr^)6ti Ëa0^éKSVnMv>Ai villes iBarilime8yin';«4«fil<f)«8ile!déV6)oj|tpMiU'tiâ»> qfie jour Btimnlé difat lucvi^iâtionuM kNiVQMcMnttiJ per conséquent ac«diUmUI'))BcVimpaiiMi«a^^ l'exportation de»t«ràra»da/Tiéwr>pifiiIioi3)3i ad

Dbqs ces teiTM > défrichtov ■ h^atéiÉ ué» wu i j tfc défi poissantes miMJùveg Bsorat^ prdtM A^iMnAJI^M familles et les ooltOru des m\oa»f')AiM (|iMi4»fit^ algérien en preQdrsngB0C0ent,>n'y'«^U)|m^)>(Mi an avenir qu'on touche, une irrésistible déviatkn vers la colonie africaine de ce grand courant d'émis grattoD qui se précipite vers les continents du nouveau monde , et dont les premiers flots seront fournis par les cinquante ou soixante mille pionniers que la Compagnie générale enrôlera pour ses travaux, et anx-> quels elle donnera toute facilité de s'établir à demeure sur les terres concessibles que, sur uu parcours de 1 ,380 kilomètres, ils auront ouvertes à la circulation et au travail?

Enfin, pour dernier mot de cet ensemble de réalî'sations, qui ne voit que dans les défrichements, daaa les moulins et usines à meunerie le long des eaux emmagasinées, il y a la solution presque immédi^e de la formidable question des subsistances , toujours soulevée, jamais résolue ? Qui oe reconnaît que le TeU algérien peut devenir le marché aux grains et aux

SECONDB PARTIE. 495

forineiiqae FEurope ocoidentale trouvera sans ceBse ouvert à quelques jours de navigation de ses côtest^ au lieu de s'en aller une fois Tan le chercher dans la Baltique ou au fond de la mer Noire?

Si rÉtat^.il y a un an^ avait accepté ce projet, que lui en aurait^îl coûté? Rien. S'il l'acceptait aujouiv d'hui , que lui en coûterait-il? Pas davantage : rien!

En retour de ces travaux, de ces établissements^ de ces créations^ qui en deux années changeraient la face de notre colonie africaine, la Compagnie générale ne demande à TÉtat rien au delà de ce que TÉtat accorde gratuitement chaque jour à des particuliers , à des compagnies qui souvent n'en font rien , n'en tirent rien, attendent le bon moment de vendre, ou en monopolisent les bénéfices.

La Compagnie demande des terres pour les défricher, les labourer, les assainir, les irriguer, et en-* suite les rétrocéder tout appropriées à ses travailleurs^ à ses maçons, à ses pionniers, ou aux immigrants, quels qu'ils soient, que ces avantages d'appropriation ne peuvent manquer d'attirer en Algérie. Dieu merci ! au fond de cette loyale et féconde opération, il n'y a aucune trace vénéneuse de ce trafic de cheptel humain qni a été expérimenté, qui n'a pas réussi et qui n'en est pas moins l'ornière dans laquelle persistent à se traîner les convoitises des spéculations , les inintelligences sauvages de faiseurs de projets, et les espérances les plus chaudes de messieurs des bureaux de la guerre.

13Ç l'ai,g£r]e française.

, .j^Compagaie demande, pour les utiliser et en féconder leurs coDcessions, les eaux qu'ils auront emmagasinées entre les nombreux barrages du Cliélir, d^ ses affluents et des autres cours d'eau où seronl établis ses moQliii^,«i.i|s^f^ j^.fifftqpe^ ïiflMmi^ qu'elle n'emploierftpaa,,if ÇoflyfWH^^^'^I^W^^ qolons qui sont v^,[aT^t^p|jej(]s iffflVm^lSfl^ après. Ces chosesrf^.ne.sei^ïir^il^aiîp^f m>mîVm^ en France, où de^^omp^g^i^, ^^ 9<Pff°96fmmpriétaires oa usuEirDiti^,,de ccj((^ ()I^^f!.M'7W(g# Içar distribution aœt f;i>;ei^|n8!,le pli^ j9Qt,d^.,|çmii recettes et de leurs rpveo«8. , , , . - ,., ^j ^nna

A Alger , à Bône , à Arzew , daos les autnw localités où le projet place les docks, les entrepôts, les magasins, les hôtelieries, les caravansérails, les relais de poste, ledomaiaeet l'administration de la guerre possèdent des lois de terrain à bâtir, des maisons destinées à être démolies. Ces lots de terrain inoccapés, ces maisons vouées au pic et an marteau «que te domaine et l'administration de la guerre concèdent chaque jour aux premiers venus, pour ainsi dire, à charge seulement par eux d'y élever des constructions, la Compagnie générale les demande, mais^elle les demande pour créer des établissements qui, p|f leur destination même, ont un caractère inconta^laUp d'utilité publique.

Ce projet, où est écrit tout entier l'avenir possible du développement algérien, n'a pas fait graqd b,r|iit dans le monde parisien du journalisme ;,, il, y,^if,^>t|é

Seconde PARtiE/ 49t

qtlélcju^' peci ^t6uffé par le brait des fanfares sonnées en Thôtinënr da projet administratif. Mais il n^eh à paftétë de même en Âfriqne. Une feuille d'Alger, VAkhbaf^ en d parlé Tannée dernière en termes qnî prouvent que si dans la métropole on est pour le grandiose ef le possible à long terme, dans la coloiiie, où l*on sait par où la vie s'en va, on est pour Futile et le praticable à courte échéance. « En » somme, disait-il le 13 février 1855, quelque con- )) sidérable que soit ce projet , il n'a rien d'exa- )) géré ; c'est pour cela que nous lui donnons en prin- » cipe la préférence sur d'autres plus grandioses et » peut-être prématurés, tels que celui d'un réseau de » chemins de fer en Algérie. »

Quand VAkhbar parlait ainsi, il ne connaissait du projet Saint-Lager et C^ que la viabilité énoncée dans le mémoire imprimé; aujourd'hui que le projet a été augmenté de la question du travail, des machines, des usines et de l'appropriation des terres , que di<^ rai t- il donc, lui, avec les autres journaux de la colonie qui ne cessent de crier : Des bras! des bras! ou nous périssons!

Rien n^anrait donc semblé devoir s'opposer à Tadôptioh d*un projet qui portait en lui le salut immédiat de la colonie algérienne , et , pour un avenir prochain, les éléments d'une prospérité incalculable dont les réalisations auraient fait en deux années une vérité vraie de ces paroles, quelque peu anti-historiques, de t'a direction des affaires de l'Algérie : La France a plus

lié l.-ALGRBllî FHANIJATSE.

/ttïi en Afriiiui- m vingt annéfx que l'iiiipire roinaiil t*)i Uyuœsièctfs.

'' MàÏB il ne faut pas qu'on se fesse illusion : c'est tliàiia la nature même du projet et dans ses voies et moyens que se sont rencoutrées, comme je l'ai dit, les pierres d'ai serai compris de reste

jiar les pereonut ;nnent des résistances

léngtemps oppc listratiou et le gouver*

itiement lui-méi -iomphant aujourd'hui

de la con8triicti( de fer par des compa-

gnies Ûnaucièrei

L'introduction ne en Algérie, ou le

monopole de l'initiative administrative s'étend partout, et 30D application aux travaux publics, dont PËtat est resté seul chargé jusqu'ici , me seiùblent avoir couru grandement le risque de passer aux yeux de l'administration pour un effacement complet de son action , de sa prépotence. De quelle monstruosité a dut être pour elle, ea effet, un projet dont les anteurs, pour première condition, se réservaient le droit de faire exécuter les travaux par des agents de leur choix et tels procédés qu'ils jugeraient convë* nables , le droit de vendre , louer à bail , aliéner d'une manière quelconque les terres , terrains à bAtir, eaux et chutes d'eau, sans que l'admiDistratioD eât le droit d'intervenir dans ses marchés ! Et cela aurait eu lieu en Algérie, où toute chose, toute pen^i tout projet, tout homme est sous ta coupe toujours fonctionnante des bureaux niveleurs de la «ioloaistt^

tion ! N'y avait-il pas là de quoi leur faire croire oq dire tout au moins qu'un tel projet était la levée de Tétendard de rémancipatioUy et que son adoption aurait précédé de quelques heures seulement une proclamation de séparation et d'indépendance ?

Mais que Tadministration n'ait ni n'afifecte de si puériles terreurs. En quelques circonstances , elle a déjà pu se convaincre que les institutions de liberté en Algérie faisaient plus les affaires du pays que les institutions de monopole : témoin la différence qui existe entre les services rendus au commerce et à Tagriculture de notre colonie africaine par la banque de l'Algérie et par la Caisse du cQtnTnerce algérien.

D'un autre côté, l'administration a bien vu que cette construction des chemins de fer par les compagnies dont elle a tant eu peur n'a enlevé aux pouvoirs publics ni action, ni influence, ni autorité, ni personnel. On peut môme assurer qu'il y a eu augmentation de toutes ces choses qu'elle tient en un si haut prix. Qu'elle fouille aussi l'idée de la rénovation algérienne, qui aurait suivi infailliblement les réalisations du projet en question , et elle reconnaîtra qu'elle y aurait gagné au lieu d'y perdre. Ses premiers bénéfices auraient été d'avoir une responsabilité moins lourde, pour laquelle sonne déjà l'heure des redditions de compte y et d'avoir eu bientôt à administrer uo pays et un peuple à la place d'un désert de quel^ ques milliers d'hommes. Au demeurant, c'est son

L'ALGÉRIE FHANÇAISï:.

affaire; mais , si mon esprit de prévision ne me f^il point défaut, je crois ponvoir.tai dinécgiïllilaaUtiaiq résistance, ni maaTaiiivQnll[fip[qaii>éa)^betit;iaÉ^tempe encore Dnea(KJiété>idtt«ai«K[fiae^BpleiilléMt ,pente aojoord'baî ea(i^t^a4*^^i(^i( IfssâlntàoDideii certatos travaux piAIi^iinqi^BaMiptioiûfHbeéeadesti capitaux de la ÛBance «tidellliuhiskift ïnoo^haManii France , ce système véBbunaid^'àifgoBdTnifiadraîtq de s'implanter en Afrique; repoussé hier^ôlaBBinpiiÉip senlera demain, el toQJonr&i jsé^^ HBaiii}afai^bi livre passage et qu'on- lui «Use:. faitfliU.f'tiètr.Ben'l veilleusement aidé par les évéD«a^n(6»iqiii aideotu toujours les réalisations devenues nécessaires à-U «ie! des peuples.

L'Algérie a po longtemps être regardée comme un fief militaire; en lui prenant ses généraux et eoa armée, la guerre d'Orient lui a enlevé ce qai lui restait des derniers éléments de cette coustitutioD.

Aujourd'hui l'Algérie passe pour un fief adminis' Iratif. L'inadmissibilité du projet de M. de Chabaud- Latour, effort suprême tenté pour perpétuer cet ordre de choses, lui porte le dernier coup; il a démontré que l'administration n'a plus rien en elle de ce qui peut assurer non-seulement le progrès, mais la vie même de l'Algérie française. Qu'elle se montre doue digne et intelligente du rôle que l'Algérie est appdée à jouer dans les destinées de la France , de la Médi^ , terranée et de l'Europe occidentale. Qu'elle seconde, au limi de l'entraver, le mouvement de la rénovation ■-

par les associations qui n'ont point Tâérnent hamain^ pour base d'opérations.

Mais des associations pour racoler des hommes : des bldDCS , des enivrés ou des noirs? des associations pour constituer la perpétuité hypocrite du métayage? des associations pour exploiter, sous quelque dénomination que ce soit y un bétail humain pris à cheptel

par des directeurs en commandite? Impuissance

que tout cela.

Impuissance de l'agonie africaine, qui atteste les besoins instinctifs du salut et de la vie, mais qui, n'ayant ni intelligence , ni foi , se rejette en arrière dans les siècles et dans les sociétés pour se reprendre à leur passé et le recommencer. Algériens! le salut et la vie ne sont pas en arrière : les choses que vous voulez tenter sont des œuvres mortes à la tâche; le temps et le progrès humain les ont emportées dans leur cours. Vous ne feriez que les galvaniser pour les voir retomber à leur état de cadavres. Le salut et la vie pour vous aujourd'hui , comme dans tous les temps et pour tous les pays, ne sont pas dans lé passé qui s'en va, mais bien dans l'avenir réservé à la sociabilité qui vient, aidée même par tous les efforts tentés pour l'arrêter.

C'est dans cet ordre d'idées que j'ai cherché les moyens de relever l'Algérie des fautes qui, dans le passé, ont compromis sa colonisation, et de la garantir des fautes qui, dans l'avenir, la pousseraient à nne déchéance finale. Ces moyens , j'en ai trouvé en

t» rALCtÉBlB FRANÇAISE,

partie les élénneQta dans l'Algérie même ; leur application peut être immêdiale, sans le secours de trcs'grands capitaux , sans autre concours de l'Klal que U part légitime d'action qui revient à loue les grands pouvoirs sociaux dans le gouvernement et dans l'adminislralion df

J'aurais soi donner le nom de sys-

tème à ce tra\ los, parce que tout sys-

tème n'est qu' de Procuste, qui laisse

en dehors hier ililcs el fécondes; mais

je me sers de qu'il est le plus usuel,

et que je n'en l'autre.

Mon système ne est complexe , mais parfaitement divisible. 11 embrasse les cléments de colonisation qui sonfsor la terre d'Afrique et ceux qui lui poorraienl venir de la France et de l'Europe. On peut s'en tenir aux premiers, mais il serait mieux de les utiliser GODCarremment avec les seconds. Les premiers peuvent commencer à rendre la vie à l'Afrique; avec les seconds on entre en plein dans un monde nouveau de politique et de sociabilité. Avec les premiera, on demeure dans le terre-à-terre de la qaestioo algérienne; les seconds ouvrent tes grandes perspectives de la civilisation dans le monde. Les uns font rœvne du présent, les autres feraient l'œuvre de l'avenin

Là est la réalité , ici le rêve. Mais ce rêve luitnl&ne tient aux aspirations de la pensée démocratiquey dont la réalisation a ses antécédents dans les ElalS^dcf rUnion américaine. Rêve et réalité, bien qu'à 4m

SECONDE PARTIE. t03

degrés cUffëreiits, peuvent » par la création et la fasîoQ d'intérêts de civilisation inégale, arrêter, on tont an moins àfihîbliri et feire tonrner vers l'Algérie le monvement d'émigration qai emporte tant de populations européennes vers les solitudes du nouveau monde.

Châtiment des conquêtes. •*- Puissance d'absorption des peuples conquis. — Exemples anciens et modernes. — Les métropoles doivent gouverner pour les intérêts de leurs colonies. — Oubli de cet axiome en Algérie. — Indispensabilité de l'élément arabe. — Possibilité de son assimilation. — Préjugés contre les Arabes.

Toute conquête porte avec elle son châtiment.

Ce châtiment consiste dans une sorte d'absorption plus ou moins complète du peuple conquérant par le peuple conquis ; mœurs , habitudes, caractère, langage , lois , races , tout se modifie , tout s'altère , se dénationalise.

Ainsi, les Romains prirent de l'Egypte ses superstitions, de la Grèce la faconde de ses rhéteurs, de TÂsie sa mollesse et ses débauches, de l'Afrique ses combats de bétes féroces, et du nord germanique sou mépris de la vie humaine. Ainsi les Normands de Gnillaume furoit absorbés en moins de deux gênératàoBS par la race saxonne. Chez nous , l'absorption

gauloise, qmmtëcàèiitiktë'^^^^^

gienne, intefroiAptae t^ar lés'pWtJ^të' fë0''àë''Û

seconde race, reprit soii œuifé iJétivé^'àôhs^ilBâ^ciili^

cendants de Bagues Capet; ei.'ftlé&'^Vattk^'^ty it^y

restait plus rien des Francs qùé ïb 'tldié! 'iIôîîii<â'à1tJotre patrie. " "' ' ■ '--='^J' -«'^^-n.!

Cette puissance d'abisorptidn , '^itt'tPop^ jpjéAr'î^ climat, alors même qu'elfe h*è^t pas fôuv^ge^'di^'ta race conquise , s^est fait sentir, coinmé loï'in'éIâëtâi)'ré de la conquête , dans les colonies de rEspaj^e'^éi! <iu Portugal, où cependant Espagnols et Portugais ttVbïÎEiùt exterminé et refoulé les indigènes. Au 'bout dé (jpiel* ques générations, sauf la langue , soumise elle-même à des altérations nombreuses, qui donc dans les Mexicains , les Chiliens , les Brésiliens , aurait reconnu les Espagnols et les Portugais de la patrie des Vespuce, des Gama, des Fernand Cortez? Ils avaient cessé d'être Espagnols et Portugais pour fonder des nationalités nouvelles, accommodées aux climats où se faisait leur développement. Il n'y a guère plus d'un demi-siècle que les colonies anglaises de TAmérique du Nord se sont séparées de leur mère patrie, et voici bien longtemps déjà que les enfants des émigréà et des proscrits du dix-septième siècle ont à eux un caractère qui n'est plus complètement anglais, des mœurs qui n'ont presque plus aucune ressemblance avec les mœurs anglaises , une langue qui reste de moins en moins anglaise , et que de toutes ces altérations de race, de mœurs, de langue, de cairactëb,

iU, ont fait un génie américain, un peuple américain. Nou^mémes enfin, il n'y a pas un quart de siècle que) nous avons conquis l'Algérie , et déjà la loi de rabsorption africaine se fait sentir ; les mœurs françaises se ressentent du contact des populations et des langues diverses ; TArabe , le Maure , le Juif, l'Espagnol , le MaUais , Je Français déteignent chaque jour les uns sur les autres. Ëncoreune ou deux générations, et en Algérie, de tous ces peuples et intérêts divers, il se formera un peuple africain, un intérêt africain.

De ce principe d'absorption, par modification et altération des intérêts primitifs des peuples, découle cet autre principe : Toute colonie tend incessamment à se séparer de sa métropole au bout d'un temps plus ou moins long , pour vivre de son existence propre, en corps de nation, sous un gouvernement à elle, formé d'hommes issus de ce milieu de mœurs, d'habitudes , de caractère , de langue , d'intérêts , de races, dans lequel elle a grandi.

Ces deux principes ont leur démonstration dans les faits des temps anciens et des temps modernes. On peut retarder, mais non éviter Tavénement des situations dont ils renferment le germe. Ils ont donc à la fois un caractère incontestable et inévitable. Dès lors ils, donnent nécessairement lieu à cet axiome d'éco- Tapmild politique et sociale : Les États qui ont de la sages^ et de la prévoyance doivent gouverner et adpûiju^trer les sociétés coloniales pour des intérêts

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