‹ C'en etait un!!!: pochade en un acte, melee de coupletsChapitre 3 sur 23 · LES MÊMES, CLORINDE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, CLORINDE

CLORiNDE, au fond. \

Eh! bien, personne?

LUDOVIC, allcml à elle.

Mme d'Hermilly !

ANNA, de même.

La future de mon oncle !

LUDOVIC

Ma protectrice !

CLORINDE, qui est descendue.

Oh! ne me donnez plus ce nom... il n*est plu^ en mon pouvoir de vous protéger.

SCÈiNE m

Lt'T^OVIC.

Que dites -vous?

CLORiNDE, appuyani .

Je dis que je n'épouse plus M. Bouchonnet.

ANNA

Ah!

LUDOVIC

Me voilàbien 1

ANNA

Cependant, cette visite. . •

CLORINDE

A pour but de lui redemander mon portrait, que, selon toute apparence, il ne veut pas me rendre.

LUDOVIC

Je conçois, madame, qu'il ne se résigne qu'avec peine à nne pareille restitution.

CLORINDE

Demeurant dans la même maison et presque sur le mêmepalier,ça lui était pourtant bien facile. D'ailleurs la lettre très peu aimable que le portier lui a remise de ma part, hier soir, n'admettait pas la possibilité d'une réconciliation.

ANNA

Gomment , madame, vous seriez fâchée à ce point contre mon oncle !

CLORINDE

Oui, mou enfant.

LUDOVIC

Il faut espôrerque ça s'arrangera.

CLORINDE

Impossible.

LUDOVIC

Ah ! mon Dieu!., et pourquoi ?

CLORINDE

Parce qu'en m'unissant à M. Bouchonnet, je croyais faire un mariage de raison, et que M. Bouchonnet est l'être le plus déraisonnable!...

LUDOVIC

Ah! c'est bien vrai 1

ANNA

Il avait l'air de tant vous aimer !

CLORINDE

Ah ! oui, mais il m'aime trop !

ANNA

Par exemple !

Jugez- en : Hier soir, il m'avait conduite au jardin d'Hiver. Eleclrisé par l'harmonie, il me parlait de notre prochain mariage dans une des allées du jardin, lorsque tout-à-coup, suppos;int sans

doute que quelque promeneur laisuiL attention à moi, il me dit avec une sorte de violence: Baissez les yeux ! baissez les yeux ! mais baissez donc les yeux !.. Pour lui complaire, je fais ce qu'il exige; mais alors, et c'était bien naturel, je heurte un jeune homme qui venait devant moi et que je ne pouvais apercevoir.— Madame, s'écrie M. Bouchonnet, c'est indécent! pourquoi avez-vousdonné un coup de coude à ce jeune homme? — Parce que, selon votre recommandation, je baissais les yeux. — C'est faux, c'est un rival !. Et, dans sa jalousie, M. Bouchonnet me pince le bras avec force, et bouscule tout le monde pour se mettre à la poursuite de l'inoffensif promeneur, qui, fort heureusement, s'était déjà perdu dans la foule.

LUDOVIC

Et tout cela, parce que vous aviez négligé de baisser vos paupières ?

CLORINDE, souriant Ah, mon Dieu, oui.

Air : Du fleuve de la vie.

Vite alors, je monte en voilure, Je reviens et par un billet, ne crahite de mésavenlure.

.le redemande mon portrait.

Votre portrait '

ANNA

CLORINDE

Tout m'autorise

A rôter à ce furieux. . .

Comme il ne baisse pas les yeux, .l'ai peur qu'il ne le brise.

ANNA

Oh ! mon oncle est incapable...

LUDOVIC

Mais si vous l'abandonnez, vous m"'abandonnez aussi.. Et moi qui n'avais pas d'autre appui, d'autre protecteur que vous...

ANNA

Vous pardonnreez à mon oncle...

CLORINDE

Quand au lieu de réparer ses torts, il les agrave !... quand il n'a pas même daigné faire droit à ma lettre !.. Le portier la lui a remise hier soir et. .

ANNA

Excusez-le; il est rentré fort tard, et il n'est pas encore sorti de sa chambre. Eh ! mais, voilà sa porte qui s'ouvre!

LUDOVIC, remontanl la seèm pour sortir.

Diable ! si c'était lui !

ANNA

Non, c'est Lazarre.

C'EN ÉTAIT IIA

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