LES MÊMES, CLORINDE
CLORiNDE, au fond. \
Eh! bien, personne?
LUDOVIC, allcml à elle.
Mme d'Hermilly !
ANNA, de même.
La future de mon oncle !
LUDOVIC
Ma protectrice !
CLORINDE, qui est descendue.
Oh! ne me donnez plus ce nom... il n*est plu^ en mon pouvoir de vous protéger.
SCÈiNE m
Lt'T^OVIC.
Que dites -vous?
CLORiNDE, appuyani .
Je dis que je n'épouse plus M. Bouchonnet.
ANNA
Ah!
LUDOVIC
Me voilàbien 1
ANNA
Cependant, cette visite. . •
CLORINDE
A pour but de lui redemander mon portrait, que, selon toute apparence, il ne veut pas me rendre.
LUDOVIC
Je conçois, madame, qu'il ne se résigne qu'avec peine à nne pareille restitution.
CLORINDE
Demeurant dans la même maison et presque sur le mêmepalier,ça lui était pourtant bien facile. D'ailleurs la lettre très peu aimable que le portier lui a remise de ma part, hier soir, n'admettait pas la possibilité d'une réconciliation.
ANNA
Gomment , madame, vous seriez fâchée à ce point contre mon oncle !
CLORINDE
Oui, mou enfant.
LUDOVIC
Il faut espôrerque ça s'arrangera.
CLORINDE
Impossible.
LUDOVIC
Ah ! mon Dieu!., et pourquoi ?
CLORINDE
Parce qu'en m'unissant à M. Bouchonnet, je croyais faire un mariage de raison, et que M. Bouchonnet est l'être le plus déraisonnable!...
LUDOVIC
Ah! c'est bien vrai 1
ANNA
Il avait l'air de tant vous aimer !
CLORINDE
Ah ! oui, mais il m'aime trop !
ANNA
Par exemple !
Jugez- en : Hier soir, il m'avait conduite au jardin d'Hiver. Eleclrisé par l'harmonie, il me parlait de notre prochain mariage dans une des allées du jardin, lorsque tout-à-coup, suppos;int sans
doute que quelque promeneur laisuiL attention à moi, il me dit avec une sorte de violence: Baissez les yeux ! baissez les yeux ! mais baissez donc les yeux !.. Pour lui complaire, je fais ce qu'il exige; mais alors, et c'était bien naturel, je heurte un jeune homme qui venait devant moi et que je ne pouvais apercevoir.— Madame, s'écrie M. Bouchonnet, c'est indécent! pourquoi avez-vousdonné un coup de coude à ce jeune homme? — Parce que, selon votre recommandation, je baissais les yeux. — C'est faux, c'est un rival !. Et, dans sa jalousie, M. Bouchonnet me pince le bras avec force, et bouscule tout le monde pour se mettre à la poursuite de l'inoffensif promeneur, qui, fort heureusement, s'était déjà perdu dans la foule.
LUDOVIC
Et tout cela, parce que vous aviez négligé de baisser vos paupières ?
CLORINDE, souriant Ah, mon Dieu, oui.
Air : Du fleuve de la vie.
Vite alors, je monte en voilure, Je reviens et par un billet, ne crahite de mésavenlure.
.le redemande mon portrait.
Votre portrait '
ANNA
CLORINDE
Tout m'autorise
A rôter à ce furieux. . .
Comme il ne baisse pas les yeux, .l'ai peur qu'il ne le brise.
ANNA
Oh ! mon oncle est incapable...
LUDOVIC
Mais si vous l'abandonnez, vous m"'abandonnez aussi.. Et moi qui n'avais pas d'autre appui, d'autre protecteur que vous...
ANNA
Vous pardonnreez à mon oncle...
CLORINDE
Quand au lieu de réparer ses torts, il les agrave !... quand il n'a pas même daigné faire droit à ma lettre !.. Le portier la lui a remise hier soir et. .
ANNA
Excusez-le; il est rentré fort tard, et il n'est pas encore sorti de sa chambre. Eh ! mais, voilà sa porte qui s'ouvre!
LUDOVIC, remontanl la seèm pour sortir.
Diable ! si c'était lui !
ANNA
Non, c'est Lazarre.
C'EN ÉTAIT IIA
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