SCÈNE HUITIÈME
MADAME DOLORÈS
Que dit-il ?
RENÉ
Je me souviens à peine que j’ai englouti l'autre dans la poche de mon pierrot. Tout est sauvé!
MADAME DOLORÈS, à part.
Tout est perdu 1...
J’ai retrouvé mon duel! AhI la bonne chose de retrouver un duel qu’on croyait perdu ! (ll va reprendre sa veste de Pierrot.) Les duels ressemblent aux liqueurs fortes : tout d’abord on ne les aime pas; mais une fois qu’on y a pris goût, on ne peut plus s’en passer *.
MADAME DOLORÈS
El ne pouvoir rien faire pour...
RENÉ, revenant près de Dolorès.
Si fait, madame, vous pouvez me rendre un service
MADAME DOLORÈS
Parlez 1
RENÉ
Tout à l’heure, lorsque je vous di.sais que j’étais seul, je calomniais une excellente tante qui me p >rle une affection toute maternelle... Eli bien, j’ose vous prier, si un malheur arrivait, d’aller la trouver et de lui raconter la catastrophe gentiment, avec ménagement...
MADAME DOLORÈS
Je vous le promets 1
RENÉ
Je vous remercie, ma voisine, et je vous prie de me pardonner ce petit mouvement de vivacité qui m’est échappé tout à l’heure. (Voyant que madamo Dolorès c^suie ses yeux.) Eh bien, qu’avez-VOUS ?
MADAME DOLORÈS
Non. Je ne puis cacher mon émotion. Après tout et, malgré vos vivacités, vous vous êtes montré si bon à mon égard 1
RENÉ, gagné par l’émotion.
Le fait est que je me suis montré assez bon à votre égard.
* René, madame Dolorès.
C’ÉTAIT GERTRUDE
MADAME DOLüKÈS.
Si serviable I
HE NÉ, plus cma.
Le fait est que je me suis montré assez serviable, (a part ) Comme ces Espagnoles comprennent les clioses de cœur !
MADAME DOLOnÈS.
Si dévoué I
RENÉ
Le fait est... (Chmgeani de ton.) Sapristi, madame, no m’attendrissez pas, et lai.ssez moi chercher la carte de mon Turc... (il fouille dans une poche de son pierrot.)
MADAME DOLORÈ8.
Vous ne m’avez pas donné le nom de madame votre parente.
' RENÉ
C'est juste... (Fouillant dans la seconde poche.) Elle est dans l’aulrcl MADAME DOLORÈS.
Vous dites?
Ah! pardon... madame de Marsay.
MADAME DOLORÈS, mcmenl.
De Marsay, rue de Grammont?
RENÉ, cessant de chercher la carte.
Tiens 1 vous connaissez ma tante?
MADAME DOLORÈS
C’est chez elle que je me suis tant attardée hier soir.
RENÉ
Chez ma tante... Et je n’y étais pas. (a part.) Comme on a tort de négliger sa famille... Haut) Ah! vous connaissez ma tante 1 (il tire machinalement nne carte de la poche de son pierrot.) Tiens^ la voilà!
MADAME DOLORÈS, se retournant.
Votre tante ?