SCÈNE QUATRIÈME
RKNÉ.
Je le crois bien, elle est tordue... sans être serrurier, je vais essayi r de la redi esser. (il prend on martcan et frappe tantôt lur la clef, tantôt sur ses doigts *.)
MADAME DOLORÈS
Que d’excuses je vous dois I
RENÉ
Ne dites pas ces choses-là, madame 1 Si vous saviez combien je m’estime heureux de pouvoir vous être bon à quelque chose!...
(Avec élan.) Car je vous dois iine réparation... je ne parle pas de * celle de votre clef.
MADAME DOLORÈS
Je ne vous comprends pas.
RENÉ
Moi, je me comprends.
MADAME DOLORÈS
Je ne sais qu’une chose, c’est que je vous cause une foule d’ennuis.
RENÉ, se relerant.
Des ennuis, vous! (ad pobiic, avec enthonsiasme.) Elle I... un ange 1 Je ne la connais pas, mais je suis sûr que c’est un ange! (A Dolorès.)
Et si je vous disais, madame, que votre présence, loin de m’être importune, me fait du bien au contraire, qu’elle me rassérène, me distrait de mes sombres préoccupations.
MADAME DOLORÈS, foiiri.inl et faii^ant allusion k son costnme.
Vous avez de sombres préoccupations, vous, monsieur ?
RENÉ
Ah ! oui, vous dites cela à cause de mon costume. Allez, madame, l’habit ne fait pas le... pierrot. (Solennellement.) J’ai l'habit d’un pierrot, mais je n’en ai pas l’àme. (il reprend le trarail de la clef; à lui-même.) Et quand je songe à ma folle conduite...
MADAME [DOLORÈS, faisant allusion à sa clef.
Parvenez- VOUS à la redresser?
* René, madame Dolorès.
C’ÉTAIT GERTRUDE
RENÉ, tout à sa pensée.
Ma conduite?... Pardon, voire clef... cela commence, madame... Quand je songe aux suites qu’elle peut avoir... ma conduite...
MADAME DOLORÈS, à part.
Il est un peu décousu dans ses idées...
RENÉ
Je crois que l’on a fait une comédie de ce titre : Les suites d’un bal masqué. Je ne l’ai jamais vue ; mais je la conçois, je la ferais même, bien que je ne sois pas auteur dramatique.
MADAME DOLORÈS
Pardon, monsieur, pourquoi... ?
RENE, se méprenant.
Parce que je suis architecte; seulement ma comédie à moi ne serait pas une comédie, ce serait un drame... sanglant peut-être.
MADAME DOLORÈS
Veuillez m’expliquer...
RENÉ, avec an soupir.
Ne me demandez pas la clef de ce mystère... ne me demandez pas... (Changeant do ton.) Je crois que la vôtre est remise en état et je vais essayer... mais ne descendez pas encore, madame, la bise est glaciale dans l’escalier, et si elle n’allait pas... (il sort en laissant la porte onverte.)