‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 100 sur 177 · Cl . Appendice critique · texte numérisé non relu

Cl . Appendice critique

■2. Conquête, tome II. p. 66, édit. Fume.

LE FOYER 2<Si

donner à cette transformation un mobile humain et terrestre (den seltsamen Vorgang... menschlich zu motivieren), voilà quelle a été ma tâche '. »

Quel est ce mobile? C.-F. Meyer j>rùte à Thomas Becket une fille. Cette fille est, encore impubère2, séduite par le roi Henri, « un tempérament violent, sans méchanceté au tond, à la fois sensuel et naïf3 ». Le mobile de la conversion de Becket sera la vengeance d'un père. L'Eglise, dont il « se servira sans y croire », ne sera « qu'une arme entre ses mains1 ». L'absolue « laïcisation » du thème — si l'on peut ainsi s'exprimer — est frappante. C.-F. Meyer a été parfaitement conscient de la déformation imprimée à la figure de Becket. « La physionomie du primat, a-t-il dit d'originale façon, se déforme dans le miroir concave qu'est la personnalité du narrateur5. » Il n'a voulu nous donner que « sa vision subjective 6 » du caractère du Chancelier.

C.-F. Meyer a eu, en écrivant son roman, une intention dont une lettre à Jules Rodenberg nous donne la clef : « Il a voulu, nous dit-il, tourner subtilement en dérision le moyen âge7. » Dans sa pensée, Becket se détache de l'époque qui lui sert de support et de toile de fond ; l'attitude prêtée par Meyer au primat est une sorte d'ironie supérieure vis-à-vis de son temps et de l'ensemble de mœurs et de croyances qui l'enveloppe. Becket domine et devance son époque. Son « humanité » fait contraste avec la violence élémentaire de l'existence qui l'entoure; son « incroyance » avec la foi naïve

i. Br. II, p. 354-

1. « Das unreife Kebswcib cines Koiiigs », dit Hans l'Arbalétrier dans le Saint.

Page 1