Deutsche Zeitschrïft, juillet et août
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Als hraechte sie's der Glut, die sie umflammt, Und leert's auf einen Zug. In's Dunkle wirft Sie's weit und gleitet ihrem Bêcher nach. Ein Blitz. Zwei schwarze Rosse haeumen sich. Die Peitsche knallt sie ziehen an. Vorbei !
La pièce est une des plus caractéristiques du recueil. Tout est ici donné à la plastique (L'illumination crue, violente et brusque par l'éclair; le char de moisson chancelant; au haut des gerbes la belle fille, les cheveux défaits, le brus nu, étendu, tenant un verre; les deux chevaux noirs qui m cabrent). Le tableau — très artificiel — est arrêté dans tous les éléments essentiels de sa composition.
En vrai Parnassien, G. -F. Meyer cultive la description pure et simple. Ses vers n'auront souvent point d'autre ambition que d'être la « légende » d'une statue, d'un monument ou d'une toile. Ses pièces s'appelleront : l'ber einem Grab, Der Marmorknabe, Auf GoldgruiuL Das Gemàlde, Dek Triumphbogen, Nach einem Niederlander, Der romisclie Brunnen, Die gegeisselte Psyché, Nach einem venezianischen Bild, Der Tote Achill, Der Musensaal, Vor einer Buste, Die sterbende Méduse, Das Goldtuch, Das Munster, Michel-Angelo und seine Statueii, In der Sistina, etc., etc.
La pièce intitulée Der tote Acliill est une des plus significatives. C'est une énumération détaillée des éléments d'un sarcophage de marbre. Voici la description du groupe des Néréides.
Eine hebt das Schwert und zieht's
Und laeht und haut und sticht und wundet Licht und Luft. Ein schlankes Mâdchen zielt mit zurùckgehognem Arm, In gchwachgeballter Faust den unhesiegten Speer, Dér, auf und nieder, wiederWage Balken, schvanket, Die dritte schieht der hlanken Schulter feinen Bug Dem Erzschild unter, ganz als zoge sie zu Feld, Dann deckt damit den sanften Busen gaukelnd sie, Als schirmt' das Eisen eines Kriegers tapfre Brust, Die vierte, Held, du ziirntest, schlummertesl du nicht!
LES TOESIES iog
Setzt jubelnd sich den Helm, den wildumflatterten, Aufdas gedankenlosc Ilaupt und nickt damit.
Le tableau est d'une jolie grâce sensuelle. C.-F. Meyer, ['ancien janséniste, a découvert le monde des formes et l'harmonie des gestes.
On aura remarqué dans ce morceau l'importance des ferbes. Un vers comme « Und lacht und haut und stichl and wundet Licht und Luft », ne peut passer inaperçu. Ceci est la conséquence de l'importance donnée au geste Unis le credo artistique de Meyer. Le verbe seul donne le mouvement. « Tout dans la poésie doit être mouvement (Es tnuss ailes Bewegung sein) » disait, nous l'avons vu, Conrad à Betsy. Meyer écrit sans adjectif. L'adjectif est coloré, mais Inerte; il ne possède point de force dynamique. Le verbe est le nerf de la poésie1. Il arrive à Meyer, pour lui faire donner toute sa capacité de plastique animée, de le placer en tète de la phrase, dans une construction qui viole les lois de la grammaire et lui est personnelle. Le Rômische Bru K ne 11 commence par ces vers :
« Aufsteigt der Strahl und fallend giesst Er voll der Marraorschale Rund.
Dans une pièce qu'il est intéressant d'analyser dans son détail, parce que l'auteur a voulu y rendre d'un bout à l'autre, à l'aide seule des verbes, l'impression essentielle de mouvement laissée dans sa mémoire visuelle par un tableau
i. Cf. la valeur plastique que prend le verbe « schreiten » dans des pas- - comme les suivants :
Sie hebt die ersle sich, erweckt die Schnitterschar, Ergreift die blanke Sichel, die im Schatlen lag, Und schreitet herrlich durch das Goldgewog des Korns Umblaut vom Himmel, als ein Gôltliches Gebild.
(Der Triu.mphbogen .
la lin de Paspt Julius :
In der Faust zerrissene Ketten Schreit' ich durch des Hades Nacht !
le début de Pentheus :
Sie schreitet in baçchisch bevolkertem Rauin Mit wehenden Haaren ein glilbender Traum.
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de Gleyre (Penthée poursuivi par les Ménades, 1864, Musée de Bâle '. notre poète écrit :
Du dienst einen Gaukler ! — Im Schutz des Gewands 2.
Verhïïllt er tien Busen, entreisst ihr den Kranz,
Wild hebt sie densstab Sie Schlug! Aufstohnt, der das Leben îhr gab.
et :
Sie jagen den Kunig. Agave vorauf,
Er stiirzt in den Strora und erneuert den Lauf
Ain andern Gestad.
Aufspritzen die Wasser, sie springen ins Bad.
Dans Das Heiligtum Meyer nous offre une succession de mouvements obtenus par la plus curieuse accumulation de verbes. Xous avons devant nous une série d'attitudes détachées, de gestes isolés que reliera le mouvement ainsi que fait le cinématographe. César est dans un bois sacré; ses légionnaires n'osent par superstition attaquer à la hache le tronc des chênes; leur chef leur donne l'exemple.
Er ist bei seiner Sebar. Er deutet hin
Auf eine Eiche. Sie umschligen ihn.
Sie decken ihn wie ira Gedràng der Schlacht;
Sie flehn. Er ringt. Er hat sicli losgemachl,
Er schreitet vor. Sie folgen. Er ergreift
Ein Beil, hebt's, fûhrt den Sehlag, der saust und pfeift3.
1. La réminiscence de <it l<^ œuvre, où le mouvement est effectivemenl bien rendu, a poursuivi Meyer (voir Thespesius, lied, -l'ïi) Leiden einoi Knaben et Angela Borgia (le rêve do Giullio).
•>. Penthée parle à sa fille Agave.