‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 113 sur 177 · Briefw. Meycr-Franrois, p · texte numérisé non relu

Briefw. Meycr-Franrois, p

3i8 C-F. MEYER

Beaucoup d'yeux brillent dans mes vers, Mais tout ne fut qu'un jeu.

Peut-être autrefois, furtivement, Une larme tomba-t-elle sur ma page ; Mais elle est séchée depuis longtemps ; Tout n'a été qu'un jeu.

(Ailes war ein Spiel . i

Cette tentative un peu naïve pour dérouter le lecteur par une attitude d'indifférence dont on démasque trop aisément le manque de sincérité, a été déjouée par la sagacité <l.s biographes ; elle reste caractéristique de la pudeur d'âmf de l'auteur.

Le volume de poésies de Meyer demeure, malgré toutes ses prudentes et diplomatiques réserves, le répertoire le plus complet que nous puissions souhaiter pour l'étude <le son évolution intime. Le contrôle détaillé des dates et de* remaniements des diverses pièces est aussi éloquent et précis que la meilleure biographie : il permet de refaire, étape par étape, avec la plus attachante certitude, l'histoire de l'âme de notre auteur depuis l'hostilité maladive de sa jeunesse à l'égard de la vie [Schwùlé) jusqu'à la triomphante « Weltbejahung » de sa vieillesse — qui fut sa maturité (Fillle, Morgenlied, etc.'; depuis le culte de l'Ethique Def Huguenott, Die Fusse im Feuer) jusqu'à la religion de la l'orme (Der Triumphbogen : depuis le monothéisme du Monch von Bonifazio jusqu'au panthéisme de la Veltlineti traube. Toutes les pièces dans lesquelles est le plus nettement empreinte la légitimation du monde sensible son postérieures aux recueils de 1864 et de 1870 '. Plus significatifs encore peut-être sont les remaniements imposéf aux pièces anciennes. Il faudrait pouvoir montrer dans le détail, par des comparaisons de textes 2, la « sensualisar

1. Il n'est pas sans intérêt, au point «I»1 vue fie révolution personnelle de notre auteur, de noter l'importanc< te que prend le domaine a bachique » dans la poésie de Meyer. Silène et Dionysos sonl les deux I

de la mythologie grecque qui y apparaissent le plus souvent.

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