Cf. Appendice critique
LES POÉSIES Sig
lion «progressive de pièces comme Miltons Bâche, Kônigin Agnès, Die Ketzerin, Der Mars von Florenz, Die Dryas, Einskdiel. « Le cas est unique, écrit M. Spitteter, d'un poète atteignant sa jeunesse intellectuelle aux frontières extrêmes de la maturité1. » Oui, si l'on ajoute que cette jeunesse conserve malgré tout quelque chose d'anormal et d'artificiel, qu'il lui manque pour être tout à l'ait authentique La marque essentielle de l'adolescence vraie : l'insouciance. 11 v a de la gravité, presque de la mélancolie, dans la volupté des Gedichte ; la sensualité de Meyer a l'intensité pleine et presque âpre de la maturité, la lourdeur épanouie de l'automne ; elle n'a point l'allégresse du printemps. Le Morgenlied n'est qu'une effusion anacréontique de sexagénaire. Dans l'ivresse de Corybante de Fiïlle entre une sorte de solennité hiératique. C'est une sensualité recueillie, consciente, disciplinée dans l'exaltation. — l'hymne à la vie d'un mortel dont la reconnaissance déborde, mais qui sait ses instants comptés :
\-sez n'est pas assez! Loué soit
L'Automne ! Point de branche sans fruit !
.Maint rameau trop chargé de richesses s'incline jusqu'au sol,
La pomme tombe à terre avec un bruit sourd.
A-sez n'est pas assez ! La tonnelle rit!
La pêche savoureuse s'ofiVe aux lèvres altérées,
Les guêpes dansent des rondes ivres el chantent
« Assez n'est pas assez » autour d'une treille.
Assez n'est pas assez ! A lon^s traits
L'âme du poète se désaltère à la source '1'- joie;
Le cœur a, lui aussi, besoin d'abondance;
\--<ez ne suffit point, ne suffira jamais !
Le poète dont 1 automne est si riche ne se console point de n avoir pas eu de printemps.
La jeunesse dont on n'a pas profité est une source de douleur, .1 ne source d'éternelle nostalgie;
i. Article cite.
\io C.-F. MEYER
Le cœur cherche son printemps, Toujours, toujours !...
Et pour achever de nous avertir que ce n'est pas à une jeunesse de vingt ans que nous avons affaire, la Mort mêle aux citants de vie de notre poète l'enchantement sensuel de sa voix; elle leur prête la volupté de son ombre. Comme dans le portrait de Bocklin par lui-même, nous la vovons appuyée à l'épaule de l'artiste (Der Kamerad, dus //cuir. der Marmorkuabe* der Tod und Frau Laura .