Xov. 1880. Br. I, p. i
\'\i C.-F. MEYEH
Le Page de Gustave- Adolphe fut composé dans la première moitié de l'année 1882. Meyer a écrit à ce sujet à Flans Blum : « J'ai lu VEgmont de Goethe et me suis mis à creuser la pensée suivante : n'y aurait-il pas intérêt à dessiner la physionomie d'une femme qui, sans s'abandonner à celui qu'elle aime, sans même que son idole se doute de son sexe, s'attache d'un silencieux et discret amour aux pas d'un gran^ héros et le suive dans la mort. Sans doute le héros devrai être myope pour ne pas s'apercevoir que son adorateur est une femme. Gustave-Adolphe était précisément ailligé d'uni extrême myopie ; je me suis permis de faire de son pagf Leubelfing une jeune fille1. »
Ces lignes moitié plaisantes, moitié sérieuses, précisent très franchement l'élément de fantaisie poétique du récil <l«' Meyer. (v)ue lisons-nous dans l'histoire sur ce page Leubel» ûng? Fils de Hans de Leubelfing, capitaine remarquable, que ses concitoyens de Nuremberg nommèrent commait? dant en chef de leurs troupes en 1626, ce jeune homme s engage en qualité de page au service de Gustave-Adolphe. Il le suit à Lutzen, où il trouve la mort en même temps que son roi dans les circonstances suivantes : à l'issue de II bataille, au moment où l'infanterie de l'aile gauche fléchit, Gustave-Adolphe, à la tète i\n réginu-nt de cavalerie de Snialand, fonce sur un gros de cuirassiers ennemis, avec une telle impétuosité que ses cavaliers n'arrivent point à le suivre, à l'exception de son page Leubelfing et du duc «le Saehsen-Lauenbourg dont le rôle restera énigmatique dans cette affaire. Un fragment de boulet fracasse le bras gauche i\\\ roi; quelques instants après, un autre coup de feu le frappe à la nuque et l'étend mort au moment même ou il se tourne vers le duc pour lui demander de l'arracher a la