‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 131 sur 177 · Langmesser, p. ii.j · texte numérisé non relu

Langmesser, p. ii.j

LES l>KRXIKlti;s ANNEES I91

L'éditeur, le bon Haessel, malgré les premières résistances de sa paisible et naïve nature contre les o romans militaires » et 1' « Ungemùtlichkeit de la Renaissance », 1 1 i<ssel lui-même était entraîné, « un peu grisé a par la contagion du succès.

Celui-ci mettait entre les mains de l'auteur une forer dont il ne sentait que trop « le caractère de précarité o « le suis, écrivait-il plaisamment à Wille, dans la situation d'un pape, obligé de compter avec l'âge1. »

Selon un dicton répandu parmi les paysans des bords du lae. et dont Meyer s'amusait, la soixante-troisième année était fatale aux hommes. Celte superstition populaire devail se réaliser. Pendant la veillée de Noël de l'année 1887, le maître de maison de Kilchberg, qui, à cette occasion, avait invité quelques amis, fut saisi d'un accès de fièvre intense et de violentes douleurs rhumatismales. C'était le début d'un mal tenace, étrange, de nature mal définie, quideva'it, désespérant le malade et les médecins, étreindre Meyer pendant toute la durée de l'année qui venait. Le poète qui avait tant « chanté la mort » 2 entendait le premier coup de cloche.

L'année 1888 devait être « l'une des plus difficiles de sa vie » 3.

Le mal débuta par une inflammation de la gorge, — de tout temps sa partie délicate, — puis du nez; puis attaqua lentement l'état général. Des symptômes nerveux apparurent. Le poète perdit le sommeil, eut des crises d'étouffement et d'oppression, passant, devait-il dire un jour à Frey, par toutes les affres d'un « pendu ». Il ne put prendre ses repas que debout. Enfin la névrose, si longtemps refoulée par un persévérant effort de volonté, quittait le domaine obscur de l'inconscient, où elle -veillait, pour rentrer triomphante en scène sous la forme d'angoisses et de tourments

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