Br. I, p
■2 Br. I, p. 445.
i. Br. I, p. i39.
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psychiques divers. Cette dernière partie du mal, certainement la plus torturante pour le malade, il nous la faut devinera travers les ambiguïtés, les réticences, le parti pris d'atténuation dans l'expression de la correspondance de cette époque. Il est évident que Meyer a fait un pacte envers lui-même, et que les rapides et brefs aveux qui traverses) çà et là ses billets comme des éclairs ne sont que des cris involontaires arrachés par la souffrance à la résolution de ne rien laisser transpirer au dehors d'un mal qui ne serait point compris1. Meyer, dans une lettre à Frey, parle de « misères nerveuses ». Trois mois après, le mal n'ayant fait qu'empirer, il écrit : « Je suis dans un état lamentable dont je n'aime pas parler2. » Et plus tard encore : « Tout au fond de moi-même j'ai peut-être conservé l'espérance ; mais elle m'a si souvent dupé au cours de l'épreuve que je traverse, que je ne veux point me laisser aller à l'exprimer tout haut : je la tiens secrète, de peur que l'avenir ne m'inflige un démenti3. » A sa sœur, Meyer écrit: « Avant tout, prie pour moi nuit et jour*. »
Des traitements divers furent tentés avec un égal insin :< d'abord, des cautérisations galvaniques, puis, une cure d'aïs titude au Gottschalkenberg (en mai). Dans le milieu de l'été, le malade chercha un refuge contre la chaleur dans le domaine de Steinegg (près de Frauenfeld) appartenant à son beau-frère Alfred Ziegler. Il envoya de là à sa vieille amie Louise von François, qui, en fidèle épistolière, s'étonnait du silence prolongé de son correspondant, un laconique <t mélancolique billet qui nous donnera bien la mesure de son âme douloureuse et résignée d'alors :
« Ma chère amie, vous avez deviné : j'ai été malade, longtemps malade, pendant tout l'hiver, tout le printemps
i. « Uni den bôsea oder wenigstens ùbertreibendeu Maillera môglicbrt die Nahruag zu ent/.iehen. » Lettre à Louise von François. Briefw., p. -'36. ! a. Br. I, p. 376.
'>. Lettre de juillet .888 à Frey. Br. I. p. 376. 4. Frey, p. 3a6.
et tout Tété, et je ne suis pas encore guéri. Une inflammation de la gorge s'est résolue en une affection chronique du nez dont je ne suis point encore délivré. La part qui, dans iies misères présentes, revient à l'ébranlement des nerfs p'est difficile à déterminer... Autant j'aimerais encore fournir une étape littéraire de cinq ou six ans, autanl je crains peu une fin prochaine... Les médecins ne m'ont point manqué ; j'ai tenté aussi une cure galvano-caustique ; le tout sans résultat.
« Ne pouvant pas travailler, j'ai voulu distraire ma femme de ses préocupalions à mon endroit, en lui faisant fonder un petit asile pour cinq ou six convalescents pauvres, son-, la direction d'une diaconesse. Le petit établissement prospère.
« Ici, dans la propriété de campagne de mon beau-frère oit je me suis réfugié, j'ai de grands espaces et l'air des bois. J'espère y rester jusqu'à la fin de septembre... Serez-vous Bissez bonne pour m'y envover une ligne?1 »
Dans une lettre antérieure, faisant allusion à la brève mention que Meyer avait faite de son accès de lièvre de la fin de l'année 1887, Louise von François écrivait a son correspondant « qu'elle n'avait point confiance en lui » pour ce qui regardait les nouvelles de sa santé, qu'elle le « trouvait sur ce point trop détaché et vaillant ». Ces méfiances étaient fondées. Les bulletins que Meyer nous donne sur lui-même ne doivent être acceptés que sous réserve; l'expression brève, indifférente, trahit trop évidemment l'effort sur soimême, l'attitude d'énergie. Il y a là, à la fois, mesure d'hygiène et dignité morale. Meyer sent, à la Cois, l'utilité thérapeutique d'une culture de volonté et l'inconvenance — Unwiirdigkeit — des épanchements. Les billets de l'année 1888 sont à nos yeux un nouveau document de la personnalité additionnelle de Meyer, de sa personnalité consr ciente, de ce lent et laborieux édifice de pierre dure, bâti sur les ruines des Jrop molles fondations primitive-,, et dont