‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 133 sur 177 · Briefiv. Meyer-Francois , pp · texte numérisé non relu

Briefiv. Meyer-Francois , pp

l'architecte retarde de toute sa volonté l'efFritenient. « Klagea mag ich nicht1 (je n'aime pas me plaindre). » — C'est le ton fondamental de sa correspondance d'alors. Il écrit à Louise von François une ligne sèche sur son état, puis coupe brutalement dans le vif: « Et maintenant plus un mot sur ma santé; je m'ennuierais moi-même2. » L'effort volontaire vers la virilité d'accent est évident, même dans l'aveu : « Croyez-moi, ami, écrit-il à Haessel, dans l'automne de l'année douloureuse, je ne suis pas précisément douillet ni geignant [welileidig] ; mais je vous le dis : j'ai traversé des heures inoubliables3. »

La maladie de l'année 1888 eut, dans l'évolution intérieure de Meyer, une conséquence qu'il convient de noter ici. Elle produisit, en même temps qu'un affaissement physique, une concentration spirituelle. Meyer traverse une crise de vie psychologique intense. Il y a, dans le fond de si personnalité, effondrement des anciennes valeurs et remplacement par de nouvelles. Le domaine moral empiète décidément sur le domaine intellectuel, la vie mystique sur la vie sensible. Tout le chapitre vu àWngela Borgia, — celui où Don Giulio aveuglé par Hippolyte d'Esté sent poindre en lui une sorte de renaissance intérieure. — sera la projection littéraire de cet état d'âme.

Meyer a été autrefois « tellurien », plutôt que positiviste (ce qui impliquerait une doctrine philosophique, une systématisation dont ce tempérament exclusivement esthétique n'était guère capable). Il a cru à la valeur intrinsèque de la vie, au « vrai-humain » \ ainsi qu'il l'a dit, à l'exclusion de « toute vérité métaphysique ». Il a été « déei(l<; moniste » "°\ n'a donné sa foi qu'aux « catégories humaines ».

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