H.-, il, p. r
■2. Briefw. Mryrr-Fraiirois, p. n ï i. 3. Br. II, p. r6i.
.j. « Das Menschlich-Wahre... Das Metaphysisch-Wahre halte ich fûf absolut unzugânglich. » Briefw, Meyer-François, p. 83. >. Briefw. Meyvr-Francois, p. 94.
LES DERNIÈRES \\\ii— ;.,',
C'est l'époque de la publication des GedicJite,, du lyrisme naturaliste de Genug isi nicht genug, du Morgenlied.
Les choses changeronl en 1888 aussi bien, elles ont déjà commencé à se modifier depuis quelques années déjà, mais ce n'est qu'après la maladie que le pas décisif es1 fail . L'esprit de Meyer prend une physionomie métaphysique nouvelle; la méditation envahit un champ de conscience qu'ont jusqu'ici dominé les images; la croyance au réel cède le pas à la préoccupation de l'au-delà; « l'œil intérieur •> «lu .poète s'ouvre sur l'Inconnaissable, sur une seconde vie, où l'intuition mystique remplace la perception rationnelle, mais qui a ses lois, son organisation, ses activités profondes1.
Les lectures de Meyer ont changé; la vie n'est plus pour lui Je parterre enchanté et fleuri où le menaient ses visions de poète. Aux livres qui lui donnaient le spectacle de la vie, il préfère maintenant ceux qui en méditent la « cause finale » ; et il a mis de coté les œuvres préférées de ses années passées, son Odyssée, son Benvenulo Celiini, pour prendre Tolstoï, dont la conversion doit logiquement l'attirer et dont il lit « d'un trait » la profession de foi religieuse 2.
Il se sent dominé par le supra-sensible, par des forces supérieures et secrètes dont sa raison abdique la discussion, et écrit à Félix Bovet : « Malgré tous mes efforts pour échapper au christianisme, au moins à ses dernières conséquences, je m'y sens ramené par plus fort que moi, chaque année davantage, et même quelquefois avec une extrême
1. Cf. lettre du 7 août 1889 a F'ranoois von Wyss : Durchgemacht in deu letzten Jahren habe ich niehr als ich je zugestelien werde. Was micb hielt. war eigentlich ein Seelenwanderungsgedanke. Ich sagte mir .du ha si offenbar in einein frùheren Dasein irgend etwas frevles unternommon. Da sprach
das Schicksal : dafur soll mir der Kerlauf die Erde und ein Meyer werden. Beides muss nun redlich durchgelitten werden, uni wieder in eine bi Lage zu gelangen. »
Cf. l'idée de ce fragment avec lidée de ThespesLus (Gedicbte).
2. Article de la Revue des Deux Mondes intitulé Ma Religion CF. la lettre à ce sujet à Louise von François du i5 oct. 1888. Briefw. \>
3yG C.-F. MEYER
violence et au mépris de toute science critique et philosophique. ' »
Et deux ans plus tard : « Je pense assez souvent au monde à venir, auquel je crois fermement, depuis ma maladie de 1888, mais que je me figure plutôt comme nue migration. En somme je m'attends à un purgatoire2. »
La convalescence se fit lentement; le mal se retira en hésitant, comme il était venu. Dans l'automne de 1888, en quittant Sleinegg, la demeure de son beau-frère, pour rentrer à Kilchberg, le poète retrouva de nouveau, pour la première fois, une certaine joie au spectacle de la « nature » vue de la fenêtre de son wagon3.
« Je me reprends à espérer en toute modestie, écrivait-il à Fr. Wille en octobre ; il me serait agréable d'assister encore à un des services du « banquet de la vie*. » Et ei décembre, à Hermann Haessel : « Mes ailes commencent de nouveau à se déployer tout doucement. »
Le rétablissement s'affermit. L'année suivante (1889),