‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 144 sur 177 · Cf. l'image du « Rumischer Brunnen · texte numérisé non relu

Cf. l'image du « Rumischer Brunnen

1. Ce clioix d'un fransciscain comme inslrumenl de La conversion de Giuli" n'est pas indifférent. Il signifie nu fléchissement de I anticatholicisme chez Meyer. Quelques années plus tôt, notre auteur se sérail passé de cel intermédiaire entre Dieu et sa créature. Toul le passage cité plus haut a une couleur générale de « catholicité » qui contraste d étrange façon avec la tonalité des œuvres précédentes.

3. Le duc Alphonse prévoit la chute de Strozzi : il sait aussi avec la plus grande exactitude que César Borgia s'évadera, ce qu'il fera après, comment il le fera, etc.. Benibo prédit à la duchesse de Ferrare que L'heure de son

D'IlAi-.cour.T. 27

.', îN G. -F. MEYER

ment de toute frontière nette entre la vie inconsciente et la vie consciente, de l'empiétement du songe sur la vie lucide. Li >s personnages cYAngela Borgia rêvent les yeux ouverts: Lucrèce voit d'un angle obscur de sa chambre surgir l'apparition de son frère César, « enlevant de ses traits blêmes son masque de velours ». Du cardinal Hippolyte, que ronge le remords, il est dit : « Il vint un moment où le soleil ne le réveilla plus jusqu'à la claire conscience. Il s'enfonçait dans une sombre galerie souterraine peuplée dï< latantes et fugitives visions. » Il sent « d'agiles et blanches mains de fantômes » s'agiter autour de lui. L'hallucination n'est plus l'accident; il y a dans l'ensemble de la nouvelle comme une perpétuelle altération de la perception du réel.

En 1887, lors de la composition de Pescara, Meyer parlait déjà d'un élément « fantastique qui, il ne savait comment] s'était glissé dans son œuvre ». Cet élément fantastique, que Meyer voyait alors déjà poindre, mais que ses forces vitales lui permettaient encore d'enrayer, se trouve dans An gela Borgia prendre un plein essor.

Cette dernière œuvre est d'un subjectivisme qui dépasse toutes ses devancières; son alimentation par le dehorréduite au minimum; elle vit de l'intimité même de la vie de son auteur.

Meyer a écrit à Anna von Doss, le i!\ janvier 1 892 : « Ce qui est remarquable dans ma nouvelle sur les Borgia, et ce qui constitue à la fois ses défauts et ses qualités, c'est l'incroyable spontanéité de sa production, — spontanéité allant jusqu'à la vision, éliminant toute réflexion, tout calcul1. »

L'œuvre porte un caractère de nécessité, nous allions presque dire d'automatisme psychologique. La conséquence naturelle sera une émancipation de l'imagination aux dépens

destin sonnera et qu'elle ne saura pas résister à l'appel satanique de 308 1 1 . re, etc.

i . Br. II, p. ^52 .

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de la puissance de contrôle. « Ich hemme die beschwingten Rosse nicht1 », avait dit .jadis le poète ; ces o chevaux ailés » de sa pensée, il lui devenait maintenant difficile <!<• les maîtriser.

Tout ce qui peut être réalisé par l'impulsivité «lu talenl sera dans ia nouvelle excellent. Il \ aura des trouvailles d'expression poétique ; pensée et langue prennent en «citâmes pages une incomparable suavité lyrique, par exemple, dans le chapitre vu. Meyer n'a jamais rien écrit de plus exquis ; remarquons l'intercalation, — qui prend ici une importance considérable, — de morceaux en vers.

Les lacunes, en revanche, ne se feront que trop clairement sentir dans tout ce qui exige la collaboration de la puissance lucide d'organisation. Il n'y a pas de plan. Cette nouvelle qui en contient deux est à peine construite. Toute la composition est médiocre; le récit est l'ait de hors d'œuvre que presque rien ne relie; nulle part le lecteur n'a la sensation de la continuité. Enfin, les erreurs historiques positives abondent 2.

Arrivés au terme de l'œuvre et de la vie littéraire de Mever, essavons de résumer les grandes tendances moraleet religieuses qui s'en dégagent. On a porté sur le poète les jugements les plus contradictoires. M. Richard, M. Meyer a vu en Meyer une nature « d'épicurien » achevé, vidant jusqu a la lie la coupe des jouissances de la vie3 ; M. Eugène Wolff

i. Olme Datum Ged.

■i. <".itons-en deux. Après l'attentat du cardinal Hippolyte mm- Giulio, il est fait allusion à la domination de Ludovic le More à .Milan. Or, l'attentat a lieu tu ir3o6 et. depuis i5oo, Ludovic est en captivité en France Lucrèce,

là son entrée à Ferrarc comme fiancée du duc Alfonso, sembi croire qi frère languit dans un cachot d'Espagne.

3. « Es war eine mehr als epikuraiche Natur... Vo'ller erschôpfender Lebensgenuss war ihin Bedùrfnis. » [Deutsche Liter, des A/.Vlen Jahrhun- ■Icrls

salue en Meyer le poète protestant et moral1; M. Trog insiste sur le « modernisme » d'idées de l'écrivain et son ardente confiance dans la vie; M. Otto Frommel voit dans l'humilité évangélique le trait essentiel de la nature de Meyer \

La divergence de ces appréciations s'explique. L'œuvre — comme la vie — de Meyer semble au premier abord dominée par une sorte de dualisme, dans le domaine de l'idée et dans celui du sentiment.

Dans le règne de l'idée, Meyer nous apparaît : ici, courbé sous Tidée de responsabilité, là, enchaîné par le déterminisme. Deux thèmes antithétiques, parfois juxtaposés à 1 intérieur de la même nouvelle, traversent son œuvre comme des leit-motivs. Celui de la Justice, du Devoir, de la « Treue »

i. C.-F. Meyer. ein protesïantischer Dichter, Berlin, igo3. Sur la question religieuse chez Meyer, cf. encore : B. Slcin. Neuere deutsche Dichter im l.icht der Christentums, 1907.

Walther Kohler. C.-F. Meyer. als religiôser Charackter, 191 1.

.'.. Neuere deutsche Dichter in ihrer reli^iusen Stellmig, Berlin, 1902. . « L'objectivité de Meyer est telle, écrit l'auteur avec une certaine naïveté, < ] u <■ quand il dépeint les natures brûlantes et ardentes de la Renaissance, on pourrait un instant presque croire que ses sympathies sont de ce côté t. M. Frommel nous rassure tout de suite : « Heureusement, avec une netteté admirable, Meyer trace la frontière de démarcation entre le Bien et le Mal. »

Une caractéristique religieuse de Meyer ne serait point complète sans la mention de son anticatholicisme, qui éclate, d ailleurs, de façon assez évidente .(ans son œuvre pour qu'il soit inutile d'y insister. Cf. Br. I. p. 1 ]±. lettre a Bovet : « Moi, pécheur, je tâche d'être juste ou de le devenir, el il m es! facile de l'être pour les Juifs, par exemple, mais beaucoup moins envers les catholiques qui m'ont enlevé — voici mes griefs personnels — deux cousins de nia femme, dont l'un, un Orelli, de ces Orelli qui jadis se sont exilés pour la foi. Aussi les catholiques se donnent-ils ici — à Zurich — des airs 'le vainqueurs. I)e plus, ils m'ont enlevé mou meilleur ami. mon ami d enfance el de mes pires années, h' K . K. général-major Xùscholer, et, depuis sa conversion, nous en sommes venus à un ton de courtoisie qui me navre. » Kl encore ' Br. I , p. 1 iSG, lettre à Willc : « Le catholicisme el tous ses aient ouïs me tent. Plutôt encore : d enclins au Mal, incapables par nous-mêmes d aucun Bien » (ces derniers mots sont en français dans le texte), (les attaques onl provoqué des polémiques très vives. Cf. Karl Muth : Die H'iedergehurt dtr Dichtung nus dent religiôsen Erlchnis, Miinchen, 1909, pp. 1 1 8- 1 Die literar, Aufgahen der deutschen Katholiken, Maiuz, 1895, pp. suiv. Cf. encore la discussion entre Richard, .M. Meyer et Hermanu lier/ .1 propos «lu Heilige dans la Kolnische Volkszeitung du 17 octobre et du 7 novembre i<i"7 .

LES DERNIERES ANNEES \ • i

[le Saint, Pescara, Frédéric II et Pierre des Vignes, la Justicière) et celui de la Nécessité [Pescara, les Noces du Moines le Saint) '.

Dans le domaine du sentiment reparaît le même dualisme. renoncement à la vie, affirmation de la vie; ascétisme et

I. Suivons à travers l'œuvre la progression de l'idée d. I, i ministe :

HiUleii : lhr lieben Sterne, Crôstlich allezeit

AVer dàchle, dass lhr arge Zwingherrn seii] :

Gewissen, lasse farder mich in Kuh !

Den Sternen schreib'ich meîne Sflnden v.u. Doeh. iiberleg'es Ilutten ! Dreimal nein ! Ein Sklave willst du nie gewesen sein ! Du Bist ein Feind von jeder Tvrannei.

Und deine Silnden auch begingst du frei.

Après délibération, combat intérieur, l'idée de responsabilité, l'idée morale prévaut.

Amulette : Progrès de l'idée déterministe — la donnée du médaillon — la discussion sur la prédestination entre Schadau et Boccard. — Schadau est le champion de la prédestination, Boccard le champion de la responsabilité. — Finalement la question reste pendante ; Meyer semble admettre les deux doctrines sans se charger de les concilier : « es ist ein dunkler, schwercr Satz », dit Schadau.

Le Saint : Déterminisme ou plutôt fatalisme presqu'absolu. a) .< wus aber meine:* Christenglauben betrifft, ô Herr, — c est Hans qui parle — so habe ich ihn gegen einen grossen Philosophen behauptet dem ich Rohren wodurch er den Gang der Gestirne beobachtete. vervollkomnraen hait. Alln.ïi htlich zeigte er mir die langsam wandelndcn Heere des Himmels und erklârte mir wie von Ewigkeit her die menschlichen Geschicke an diesc leuchtenden /lichen und Figuren, dièse Thiergestallen und Wagen geschmiedel seien, so dass keine Hand, weder menschliche noch j^o ttliehe. in die sich drehenden Speichen des Feuerrades greifen konne und kein Raum bleibe weder fur die menschliche Wahl noch fur den Zorn und die Gnade Gottes. Ich aberglaubte ihm nicht und berief mich auf die Gewitterfluth der Roue, wann ich même Sun. le vollbracht halle (p. 26). » (Cette conclusion est évidemment ironique de la part de Meyer !)

[J) « O Herr wozu ? — (discours de Thomas au roi à propos de Fauconbridge.) Es regen sich unter dem Thmi eines jeglichen unsitchbare Arme. Ailes Ding koramt zur Reife und Jeden ereilt zulelzt seine Stunde ■• p. 1 • [). La destinée du chancelier s'établit sans que lui-même ait à y intervenir. La vie s'impose à l'homme et ne lui laisse que le rôle de témoin. La psychologie du Saint est la psychologie de la Nécessité (Dergestalt verlor Herr Pauconbridge sein Erbe und sein Haupt durch die langmulige Barmhi keit lies Kanzlers). Le fatalisme du Saint a été très bien mis en lui par Haussleiter.

Les Xoces du Moine : Apogée du déterminisme. Il n'y a aucune responsabilité.

a) « Die Hânde hielten sich nicht l'ester beiui IetZten Schritt des \V

plastique ; jansénisme et Renaissance ; ou, comme Meyer l'a dil lui-même : « Antithèse du principe humaniste-esthétique et du principe réformateur-éthique1 ». Il a intitulé un des livres de ses Gedichte : Frech und Fromm. Cette antithèse, domine son œuvre. Dans un compartiment, les apologistes de la vie, au geste de défi et d'audace (Del Guasto. Astorre, Aseanio, Leubelfing, Hippolite d'Esté, Poggio, Corinne, la captive de Sclavonie, dans le Page de Gustave* Adolphe); dans un autre, les renonçants (Becket, Boufflers, Pescara, Gustave-Adolphe, Hiïtten à la fin, surtout dans h première édition, Don Giulio au Pratello) et les austèi Scliadau, Coligny

A v regarder de plus près, cependant, il y a dans l'œuvre comme dans la personnalité de Meyer plutôt évolution que contradiction. Le développement moral et religieux du poète semble pouvoir être assez logiquement divisé en quatre

sic yeranchsen (remarquer la suppression des verbes réfléchis) ohih 7.u drûcken (p. 118). »

i) « Antîope vergriff sicli an fremden Eigentum und beginij Raub an Dianen t'asl in Unschuld, denn sie batte weder Gewissen mehr noch... ^p. 118).

- ) « Verhàngniss » urtheilte der Sarazene niild. »

o) « Eine selîge Nacht, ervriderte der Sarrazene, den sternbesâten Himme) betrachtend. Die ewigen Lichtei1, ob sie nun unsere Schicksale beherrscheo odt'i- nii'lil ]). i35) . »

i l'A enfin te véritable déterminisme, 1 universelle liaison dos antécédent! et des conséquents, dans le discours d'Eccelino : « Hâtte sich mein Ross aient ,in einem gewissen Tage und zu einer gewissen Stunde langs der Brent, eassen i p i j 3) ».

Pescara: De nouveau, comme dans l'Amulette, conflit entre Déterminisme et Responsabilité. Meyer penche vers l'éthique et cependant reste encore « Logique ». Il est tiraillé dans les deux sens et D'arrivé point à la conciliation : I idée morale a gagné du terrain aux dépens de l'idée déterministe. L'œuvre rsi intérieurement contradictoire, en effet

a) « Der grosste sittliche Streit isi der zwischen zwei hochsten Pflichteu mot de Vittoria Colonna, p. 47-

ELeine Walil isi m mich herangetreten ; ich gehorte niclit mir ich stand ausserhalb der Dinge. » Discours de Pescara, p. i63.

Angela Borgia : Triomphe de l'idée i 'aie de Responsabilité : a Aaen

errieth Meisler Ludwig 1 Ârioste . dass der Este (Giulio), dièse seine Heral»- \n iirdigung und Entwertungnicht immer... dem blinden Verhângnis, sondera... einer eigenen Verschuldung zuschrieb. »

i. Br, II. p. GO.

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périodes, avec les évidentes réserves que comporte ce genre de catégories trop rigides.

Dans la première, qui s'étendrail des origines jusqu'aux alentours de l'année 1860, Meyer est à la fois le renonçanl et le janséniste que nous ont fait connaître ses lettres à Yuilleinin, à Bovet et à Cécile Borrel.

Du début des années 1860 jusqu'à 1875, Meyer esl le chantre de la Réforme, l'auteur du Huguenott (titre primitif de Fiisse im Feuer dans la ballade de 1864), de lliilhu. de Y Amulette, de lenatsch. Sa conception religieuse s'est incontestablement affermie, durcie en quelque sorte ; elle est positive, comparée à la conception plutôt négative de la période précédente. L'attitude de Meyer vis-à-vis «le la vie n'est plus celle de l'abstentionniste ; elle est celle du doctrinaire.

De i8-5 à 1 885, Meyer s'éloigne de la Réforme et se rapproche de la Renaissance. 11 semble recevoir alors la révélation de la vie considérée en elle-même, limitée à ellemême. La vie plastique prend le pas sur la vie morale, l'image sur la pensée, le style sur le fond. Le sommet de la courbe par laquelle on pourrait figurer graphiquement l'ascension de l'œuvre de Meyer vers la sensualité littéraire est atteint au début des années 1880. C'est l'époque de Plante au Couvent, de la publication des Gedichte, du Page de Gus* lave- Adolphe, des Noces du Moine, du plan de la Sécularisas ion en douceur. Jamais Meyer n'a affirmé plus nettement les revendications de la vie sensuelle en face du renoncement et de l'ascétisme. Jamais la morale ne s'est effacée plus nettement devant l'esthétique1.

i. Au point de vue proprement religieux, c'est dans cette période (1875* i885) que nous rencontrons le maximum de scepticisme. Cf. 1 accent tout à fait renaniste du passage suivant d'une lettre l\ Louise von François wùrden sich, 1: Freundin, vîelleichl wundern, wie derselbe Mensch se. meine Wenigkeit) nicht nur soviet Sehnsucht nach ewigen Dingen sondera auch eine so grosse Anhànglichkeit an das Lutertum... mit einer sehr strengen Kritik (einer unwillkûrlich aus einer starken historischen Anïage hervorgehenden Kritik) der evangel. Schrif'tstiicke u. — mehr noch — mit d'em tiberzi ten Monismus, dem entschiedensten Misstrauen in aile anderen als menschli-

[ki\ C.-F. MEYER

Enfin, la dernière période, celle qui va de 1 885 à 1892, nous présente une sorte de régression vers l'état d'esprit initial. La correspondance nous permet de suivre dans la vie intérieure de Meyer une véritable conversion. Quant à l'œuvre, par une sorte de force acquise, elle garde la Renaissance comme thème historique, mais se surcharge d'éléments extérieurs à la Renaissance, se vide de l'esprit-Renaissam :e proprement dit. La désagrégation de la conception plastique et sensuelle de la vie commence dans la Justicière, où l'amour physique joue cependant encore un rôle ; elle se confirme dans Pescara, où la morale empiète sur les droits de la vie, pour s'achever dans Angela Borgia, qui consacre la victoire définitive du mysticisme chrétien, de la vie intérieure, la suprématie de la beauté morale sur la beauté des formes.

L'évolution de Meyer se présente ainsi à nous comme un cycle fermé.

Meyer avait été jusqu'au bout de ses forces. « Angela Borgia est finie, écrivait-il le 12 août 1891 à Ad. Frey1 ; ce n'est peut-être pas une œuvre d'art, mais c'est en tout cas un acte de volonté. »

Et la catastrophe qu'une « immense tension d'énergie avait réussi jusqu'ici à refouler se déchaîna.

La correspondance de la fin de l'année 1891 et du commencement de l'année 1892 laisse une impression infiniment mélancolique.

Meyer s'y plaint d'une inflammation des yeux causée par la révision précipitée des épreuves d'Angela Borgia don!

chen Kategorien vereinigen kanti. [ch muss zuweilen sclbsl iiber dies« Widersprùche lacheo mit jenem nicht genug zu lobenden Leichtsinne, dessea ich gar sein- bedarf, uni derâstarkenmelancholischen Aderdas Gleichgewichl zu halten, welche ich von meiner Lieben Mutter geerbl liabe, u. die meine ganze « lyrische Adcr isl ». Lettre 'lu j mai [883. Briefw., p. \w- 1. Hr. \, p. J98.

LES DERNIERES A.NNEES j . "»

l'impression subit mille entraves du l'ait d'une grève dea typographes de Leipzig.

Les lettres sont devenues des billets de quelques Lignes, rédigés dans un style hache, fiévreux, haletant. Meyer envoie tous les jours deux de ces billets affolés ;i son éditeur Ilaessel pour le conjurer de soigner particulièrement l'impression de sa nouvelle. La préoccupation démesurée des « coquilles » de typographie a quelque chose de puéril el de douloureux.

Meyer reste conscient de la disproportion entre ces préoccupations et leur objet; il se sait un malade; « je m'irrite des choses dont je devrais rire », écrit-il à un ami, r'r. von Wys's.

Dans la détresse qui l'enveloppe et contre laquelle il sent qu'il ne peut plus lutter, nous devons admirer la fidélité qu'il conserve à son ancien programme de vaillance stoïque. « Au-dedans de moi il l'ait clair », écrit-il à H. Friedrichs le 16 décembre l.

II signe un billet à Wyss par ces mots : « Ton ami qui traverse la grande école de la patience. » (27 déc. 1891)

« Pour moi, — écrit-il au même ami, — l'inflammation de mes yeux menace de devenir chronique... Et me voilà de ce fait abondamment pourvu de temps pour rêver à mon Commandeur qui a chance d'être très intime et vécu sous le masque du xvie siècle. Je suis, cette fois et à fond, dégoûté de la Renaissance. Je savoure du reste la pensée de pouvoir disparaître delà scène un temps suffisant pour préparer un roman. » (6 janvier 1892'-)

« Courage pour votre drame et en avant, — écrit-il à J.-V. Widmann, le 9 février, — c'est h vous maintenant à tenir la bannière. »

Deux mois auparavant, il avaitenvoyé au même Widmann, son jeune confrère littéraire, cette belle parole dans la bouche

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