‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 145 sur 177 · Br. I, p · texte numérisé non relu

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\j.() C.-Y. MEYEK

d'un poète vaincu : « Moi aussi j'espère garder mon activité et, — ce qui vaut mieux, — ma sympathie pour tout ce qui vil et tout ce qui devient1. »

L'état s'aggrava. Les ténèbres qui jadis avaient obscurci cette âme en refaisaient la conquête ; et la voix tentante <lu suicide libérateur, que le poète avait chantée dans ses vers ' se Taisait de nouveau entendre.

Un jour, dans une de ses crises de désespoir, Meyer vniilui détruire son œuvre ; il lacéra le manuscrit commence du Dynasl, et comme l'épouse fidèle voulait en conserver les débris, jetés dans un panier, il ordonna qu'on les jetai soo| ses yeux dans la flamme du foyer.

L'heure vint où le malade ne put plus être gardé à la maison. Le 7 juillet 1892, il fut, avec son consentement, transporte a l'asile d'aliénés de Konigsfelden dans l'Argovie .

C'est là qu'Ad. Frey vint le visiter le 11 septembre 1892. 11 nous a laissé de cette entrevue un récit douloureux dont nous nous permettons d'extraire quelques fragments : « Je M pus me défendre d'un sentiment lamentable de pitié et fus impuissant à retenir mes larmes lorsque je me trouvai face à face avec Conrad-Ferdinand Meyer. L'homme qu« j'avais connu autrefois tout droit et imposant, marchait courbé, amaigri, effondré. Les cheveux, jadis courts et drus, pendaient longs et clairsemés ; le visage était très vieilli, comme voilé par l'ombre de la mélancolie, et surtout. 1 ««lat des yeux si brillants d'autrefois s'était éteint. Seuls les gestfl! et la façon de parler ne s'étaient pas modifiés. Il me reconnut tout de suite et me lendit la main : « Je suis heureux de vous voir ». me dit-il, et s'adressanl au médecin : « Oui, c'est lui, c'est bien lui; c'est encore sa voix, SQl allure, cl même son habit n'a pas changé. » Mais alors les voix de la folie s'élevèrent... « A quelle époque, «fuis

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