CONCLUSION
« Le développement de ma vie est extraordinaire », disait un jour Meyer à sa sœur, dans un de ces moments d'expansion et de retour sur lui-même qui lurent rares, même auprès de cette intime confidente. Le lecteur de la biogra*phie du poète souscrira à ce jugement : trente années d'impuissance intellectuelle; — quinze années d'efforts patients pour se dégager de l'ombre; — vingt années de production; — la jeunesse, l'essor physique et intellectuel, atteint à cinquante ans ; — cet anormal épanouissement venant, après une rapide période d'éclatante plénitude, s'abîmer dans le gouffre de la folie. — voilà une destinée d'écrivain qui est peut-être sans précédent.
La vie de C..-F. Meyer fut une constante transformation. Elle ne connut pas de période d'état. Nous retrouvons dans cette existence cette impossibilité de s'arrêter1, de se fixer dans une altitude stable et définitive qui a déjà été signalée a propos de l'élaboration des thèmes poétiques. « Ce qui
i. Ci". Les vers de Ohne Datum Gedichte -
Kurz isl und eilig eines Menschen Tag
Er drangt, er pulst, er flutet Sehlag uni Schlaj
Wie eines Berzens ungesttlmes Klopfen...
Zu ruliii ist înir versagt ; es treibt mich fort. L)ie Stunde rennt. .
Ich hemme die beschwinglen Rosse nieht Icli freue mich mit jedem neuen Licht Das Feld gestreckten [vailles zu 1 1 u i<h m ;•- ~<- n . Ein férues, dunkles Gestern zu vergessen.