Ibidem
>. Ce qu'il appréciail \r plus dans la critique de Julian Schmidt. qu'elle le traitait tend rem eni : « ci- liât micb liebevoll behandell. » Br, I. I>. 171. Cf. le détail de la brouille entre Meyer el Hcrniann Kriedriclis pos il une critique trop libre de i-<- dernier. Br. II, p. 365.
conçu sion , ; ;
pour les autres. » Ce jugement contient son correctif clans les mots : par nécessité. L'égoïsme de Meyer fut conditionné par sa fragilité nerveuse. La réalité extérieure constituait par elle-même un choc désorganisateur pour ce tempérament débile qui ne résista qu'en s'isolant1.
Enfin, dans un article delà Neue Zurcher Zeitung, M. rieer résumait Meyer par ce jugement singulier : « G'étail un de cessimples exquis sans raffinement, qui vont droit ;i l'âme du peuple. » Ici encore, nons devons protester, s'il esl vrai jù'au contraire le trait distinctif de la personnalité do Meyer fut la complexité. Sa vie nous apparaît essentiellement comme une construction artificielle, une suite de superpositions conscientes. Trop sensible, Meyer lit effort vers l'ironie2 et une sorte « d'ataraxie »3; naturellement mélancolique, il se donna un masque d'optimisme; son écueil était l'imagination, — il chercha un contre-poids dans le réalisme *. Et enfin le janséniste et le renonçant s'éleva par un effort de volonté à l'apologie de la vie; il a parlé dans une de ses œuvres de « la veine de stoïcisme cachée au fond de tout sensuel5 ».
Notre personnalité profonde est solidaire de notre geste extérieur, G. -F. Meyer réussit dans sa tentative de transformation arbitraire de lui-même. Il descendit des nuées
i. Cf. l'aveu curieux de Meyer lui-môme dans une lettre à Louise v. François (Brief<.\echsel, p. 177) « Eben lèse ich im Magaz.in des In 11. Auslandes, dass ich von Haus ans eine viel zu sehr mit mir beschàftîgte Natur bin uni midi eingehend mit dem Leben und Treiben nieiner Mitmenschen befassen zu kônnen. Nicht ùbel !... »
2. Il a loué la « valeur libératrice de ta raillerie, de la raillerie exercée sur 5>oi-mème (der befreiende Zug des Spolies, des Selbstspottes) ». Conversation avec Kôgel.
3. Cf. la phrase très juste de Saitschik Meister der schweizerischen Bicktung des 19 ten Jahrhunderts, Frauenfeld, 1894 : « So ist die erkunstelte Muhe zu erklâren, die er ùber seine Schopfungen ausbreitel . die aber im < îrund auf eiu verborgenes Weh hindeutef : so isl es zu erklâren, warum seine Sprache hinter ihrem gemeisselten A.usdrucksformen eine gewisse Nervosit -» t yerspûren lasst. )>
(. Cf. Lettre à Spitteler, décembre 1882 : « Ich lege ini< li jeden Abcnd realistischer zu Bett als ich morgens aufgestanden bin. i> 13r. I. p. j 5. Angela Borgia, p. 101.
D'Harcourt.
romantiques et des sommets du renoncement vers les plaines de la vie. Son exemple démontre qu'il y a quelquefois plus de mérite à descendre qu'à monter. Comme le géant de la légende, il prit des forces en touchant terre.
A cette œuvre lente d'affranchissement de lui-même, il travailla avec une admirable constance1. Il devait dire un jour à sa sœur : « C'est une pitié de voir comme les jeunes gens se ruinent eux-mêmes; ils sont là, les yeux fermés, devant le mur, et veulent y faire brèche de leur tête jusqu'au moment où ils retombent en arrière ensanglantés. S'ils pouvaient seulement attendre! 2 » Durer, c'était pour une nature comme celle de C.-F. Meyer la grande difficulté. Il la vainquit. S'il nous fallait enfermer dans un mot le principe directeur de cette vie, nous nommerions : la patience.
Comme homme et comme écrivain, Meyer représente une contradiction avec le sol qui l'a vu naître. Dans* un pays où les préoccupations collectives sont plus répandues que partout ailleurs, il fut un isolé, un individu. Au" milieu d'un peuple défiant de la culture désintéressée et habitué à appliquer aux œuvres de l'esprit le critérium de l'utilité sociale, il se contenta d'être un artiste.
Malgré les affirmations de patriotisme un peu banales qu'il se crut quelquefois obligé d'énoncer devant des étrangers qui venaient l'interviewer \ il est permis de penser
i. Meyer avait écrit dans L'édition primitive de Hùtten : lch weiss es, ich erlebe nicht den Sieg: Erbittert isl der Kainpf and lang der Krieg.
Cf. les vers de Thespesius [Gedichte).
Ich ward ein Anderer : nicht mit kleinem Kampf! Der Kampf ist gross. Mein neuer Name stiirkte mich !
C'est uni- erreur fréquemment commise, même chez 1rs historiens contemporains de la littérature allemande, (\<- voir dans la vie de C.-F. Meyer uni' existence aplanie de toute difficulté, sans conflits et sans luttes. < t. à ce sujel
Heinrich Harl : C.-F. Meyer, <i Daheim » 1899, 11" i3.)
Herbert Eulenberg : Schattenbilder, Berlin, 1910, p. i3a. el même, jusqu'à un certain point, M. Richard, M. Meyer dans son Histoire de lu littérature allemande du XIX siècle.