‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 171 sur 177 · LES SOURCES DE L'ŒUVRE · texte numérisé non relu

LES SOURCES DE L'ŒUVRE

A) Probablement Th. Voigt. « Die Wiederbelebung des klassischen Altertbums . t. I, p. 23; s., dont la plupart des détails biographiques sur Poggio paraissent tirés.

Voigt parle du concile de Constance auquel Poggio accompagne, en qualité de secrétaire, le pape Jean XXIII (i4i4h des fouilles entreprises dans les monastères environnant Constance par le secrétaire papal que les discassions abstruses et dogmatiques des théologiens du Concile laissent froid, de la découverte d'un Quintilien (et non d'un Plaute !) dans la poussière et la moisissure d'une vieille bibliothèque de Saint-Gall, de la lettre fameuse écrite par Poggio sur les bains de Turgi, du volume de « Facetiae » édité en 1438, du « Codex » de Plaute acheté par le Cardinal Orsini au moine Nicolas de Trêves (1429) sur le conseil de Poggio qui fera la recension, du renoncement de Poggio à la vie religieuse et de son mariage, de la retraite de l'humaniste vers la fin de sa vie à la cour de Cosme de Médicis qui le comble de faveurs et d'égards, des malheurs de famille qui viennent assombrir cette vieillesse d'épicurien (entrée du fils aine dans les ordres, mort de l'épouse, vie de désordres du fils cadet Jacopo).

Tous ces détails historiques, nous les retrouvons dans la nouvelle de Meyer.

B) Peut-être Jo. Caspar Orelli. « Symbola nonnullae ad historiam philologiae adjectis duabus Pogii Epistolis. »

Beilage zum Vorlesungsverzeichnis der Ziircher Hochschule, [-853

C) Pour ce qui est de Poggio, Erwin Kalischer (op. cil.) remarque fort justement que la longueur donnée par Meyer à sa nouvelle, «ju'il intitulait primitivement « Une facétie, du Pogge », pourrait d'emblée faire douter qu'il aitlu réellement les « Facéties » brèves et sèches anecdotes contées généralement en quelques lignes. Le romancier a d'ailleurs pris lui-même la peine de nous éclairer ■< ce sujet en nous avouant qu'il n'avait a jamais lu les Facéties de Poggio ». (Voir plus bas lettre à Bovet de décembre 1881). Cependant une fréquentation poêtérieure du conteur italien est attestée par la « Hochzeil des Monchs » où Meyer, dans le personnage de Gocciola, a utilisé la Facétie CXX1 intitulée « Hesponsio Dantes ». Voir Kalischer, op. cit., p. 5."> et 56.

Kalischer. qui n'a pas connu la correspondance de Meyer avec Bovet, se trompe en affirmant la contribution des oeuvres du Pogge è la nouvelle a Plautus im Nonnenkloster ». Voir la page 2t> de son étude. Di Burckhardt. Kultur der Renaissance, t.. I, p. 20, le trait de mépris des Italiens pour la « barbarie » germanique. « Am Ende des Jabrhunderl 1 ital,

Chroniken gern von der « barbarie oltramontana tedesca

5oO C.-F. MEYER

P. i(ii) : «Die aus dem 1 >,cn Jahrh. stammenden lateinischen Fazetien des Poggio sind dem Inhalte nach den italien. Erziihlungen Sacchettis nahe verwandt : Burle, Insolenzen, Missverstiindnisse einfacher Menschen gegeniiber der ratlinierten Zote, dann abeï mehr Wortwitze die den Philologen verra ten. »

206 : « Von den beiden grossen Biichei findern Quarino und Poggio ist der letztere... bekanntlicb auch in den siiddeutschen Abteien Uitig gewesen und zwar bei Anlass des Konzils von Konstanz. Er fand dort sechs Reden des Cicero und den ers ten vollstàndigen Quinlilian.

276 : « Pedanten inachten sich ein Vergniigen daraus, jeden Stadrat als Patres Conscripti, jedes Nonnenkloster als Virgines Vestales, jeden Heiligen als Divus oder Deus zu betiteln. »

T. II, 2J7 : « Was môgen sich vollends die Humanistin . crlaulil haben... Wo sie das Christentum anriihren, da paganisieren es, Man muss sehen, wie weit z. B. ein Giovano Pontano die Vermischung treibt ; ein Heiliger bei ihm heisst nicht nnr Divus sondern Deus: die Engel hait er schlechtweg mit den Genieq des Alterlums fiir identisch und seine Ansiiht von der Unsterblichkeit gleicht einem Sehattenreich. Es kommt zu einzelnen ganz wunderbaren Exzessen in dieser Be/iehung. Als if>2G Siena von der Parlei der Ausgetriebenen angegriffen wurde, stand der gute Domherr Tizio, der uns dies selber erzahlt. ani ■>..< .luli vom Bette auf..., gedachte dessen, wass im dritten Buch des Macrobius chrieben stehl, las eine Messe und sprach dann die injenem Antor aufgezeichnete Devotionsformel gegen die Feinde aus, nur dass er statt « ïellus mater teque Jupiter obtestor » sagte « Tellus teque Christe Deus obtestor. »

P. 210 : « Die wenigste Reliquienandacht zeigten die Florentiner... Vielleirht war man der Reliquien etwas iiberdriissig, seitdem man (i35a) durch eine verschlagene Abtissin im Neapolitanischen mit einem falschen, aus IIolz und ili|inachgemachten Arm der Schutzpatronin des Dômes, S. Restituta, war betrogen worden ».

E) Manzoni. « Promessi Sposi ». pour lintrigue, l'idée du vœu de virginité fait paf une paysanne à la Vierge pour obtenir de revoir sa mère, et du tourment cauaé par la fidélité à ce vœu après que ce dernier a été exaucé. Les rapprochement^ faits par Erwin Kalischer semblent — en dépit de l'opinion du professeur Solger-(rebing (Studien zur vergl. Literatur-Geschichte, Berlin, Dunken 1908, Bd 1S, Heft 4) — bien concluants (p. 'J4-36).

Toutefois, après rénumération de toutes ces sources, il convient de rapporter le témoignage de l'auteur lui-même ; il est forme] :

Br. 1. 2")', (à Rahn, novembre 1881) : « Das Brigittchen ist von A bis Z meine Erfindung. Xichts isi irgend einer Quelle entnommen (souligné dans le texte!) »

Sur Tœuvre consulter :

Briefwechsel Meyer-François, p. 24 (Meyer à Louise v. Fr.. septembre 1881) : « Die Novelle in der Rundschau... ist Renaissance. Poggio, der Manuskriptendieb erzahlt sie. Thema : Scbelmerei und Redlichkeit. »

Br. I, p. 4:"» (à Georg v. Wyss, novembre 1881) : « Ich kann mich nicht enthaltea Ihnen noch eine Notiz Uber « mein lîrigittchen » zu geben. Der Ubersetzer des « Hutten » ins Pranzôsische, ein Elsiisscr ^Iraf Dilrckheim) ein frommer Mann, bat llberdiess einen sehr delikaten Geschmack. Dergestalt ôffnete ich seinen mit ftlr das zugesendete Brigiltchcn dankenden Briefnichl obne Appréhension Aber nein ! Er hat dasselbe zweimal en famille (!) zu grossem Ergôtzen /.uni Beslefl gegeben, und jedermann erkannte in Brigittchen das Portrait der Sehwester eines benachbarten Curé. Ubrigens einmal ist keinmal. Aufdiesem Wege werde ich nichl weiter wandeln. »

APPENDICE CRITIQ1 E ÏOI

$8 (à Fritz v. Wyss, novembre r88i) (La lettre suivante esl intéressante comme témoignage de la façon dont la nouvelle Fui accueillie dans les milieux puritains de Zurich. L'ami d'enfance de Meyer, liii/ \ Wyss, lui avait écrit une lettre assez âpre de reproches au sujel de la liberté de son œuvre. Voici la réponse dn us laquelle Meyer présente sa défense

Lieber Fritz !

Deine lieben Zeilen haben mir begreiflicherweise zu denken gegeben, obne dass mir dieselben — so aufmerksam ich sie gelesen habe — ganz verstandlich gewerden waren. Da ich deine Freundschafl und deine OfFenheil kenne, \\ir~t iJu mir gelegentlich — mundlich, nicht schrifllich — in unbefangenem Gesprâche deine nichl kleinen Bedenken klar legen mtlssen.

Vorlàufig ein Paar Bemerkungen,

In den drei Figuren sind die drei historischen Bedingungen der Reformation, in komischer Maske, verkôrpert : Die Verweltlichûng des hohen Klerus : I der wahre Typus des Humanisten : Geist, Leichtsinn, Nachâffung und tlbertrie-

bene Schatzung der Antike, Unwahrheit, Rachsucht Diebstahl und Bettelei

— (Remarquer accessoirement que ce tableau esl toul entier construil avec des éléments empruntés à Burckhardt.)

Die Verthierung der niedrigen Geistlichkeit : das Brigittchen. Sie stehl als die grobe mit der feinen Luge des Poggioim Gegensatz. Die beiden, die sich gegenseitig ihre Wahrheiten sagen, stehen im Gegensatze mil dem ehrlichen Fond in der deutschen Volksnatur (Gertrude) ohne welchen die Re formation eine Unmôglichkeit gewesen wâre.

Mir scheint, du hast den ernsten Untergrund des Novellchens ni< lit gentigend in Betracht gezogen. Bedenke z. B. die Stelle im Anfang von dem Gesetze der Steigerung » kraft dessen der Sohn des Poggio nahezu ein Strassenrâuber wird. Kann mari deutlicher sein? Und andererseits durfte man nicht deutlicher sein im Alunde eines Poggio !

Wie wenig ich dern Poggio gleiche, kannst du daraus ersi hen <!;< --s ich, obgleich unsere Schriflen unser Fleisch und Blut sind, dièses mein Fleisch und Elut keineswegs zu verwôhnen gewillt bin und guten Rat — den deinigen zu allererst — zu beherzigen wissen werde. Nur musst du mir deinen Standpunkt vôllig klar machen. wie gesagt, nicht brieflich, sondern eiemal und hoffentlich bald in traulicher Plauderei. »

P. r>> (à Bovet, décembre 1881). Meyer croit devoir insister de nouveau sur la moralité intérieure contenue dans sa nouvelle à propos d'un article paru dans la Bibliothèque Universelle. L'auteur de cet article, Eugène Rambert, notait le dilettantisme intellectuel attesté par l'œuvre de Meyer.

«Je ne suis pas du tout un « artiste 1). Au contraire, je n'écris que toul fois qu'un fait moral me frappe ou même m'a ébranlé, sans doute en effaçant dans l'œuvre d'art tout ce qui pourrait être trop individuel. Ce phraseur de Rambert n'a pas vu qu'au fond et malgré la gaieté du récit, je mépi humaniste, ce Poggio... »

Et dans la même lettre, les quelques lignes suivantes de nature à corriger l'opinion parfois excessive que Ton se fait de la culture el de 1 érudition de Meyer :

« J'ai bien ri de l'Aululàire (Meyer dans l'édition primitive de Plautus parue dan* la Deutsche Rundschau avait écrit Aulularius au lieu d'Aulularia). Voici comment la chose s'est passée : j'écrivais la petite nouvelle dans [a maisonnette d'un voisin que j'avais louée pendant qu on rebâtissait à fond la mienne, -ans livres... si ce n'est le dictionnaire historique de ce brave Bouillet que vous connaissez. J'y cherche l'article Plaute » et j'y lis qu'une de ses comédies, où

. Molière était allé chercher son Avare, s'appelle « l'Aululàire », dont je fais naturellement, n'ayant jamais lu la dite pièce pas plus que les t acetiae du 1 Aulularius. Voilà! Et dire que cet imbécile de Rambert, à qui j'attribue la bêtise

de vingt lignes dans la « Bibliothèque Universelle » m'appelle un homme de « haute culture ! »

Langmesser. Op. cit., -p. 120-121.

Sulger-Gebing. Op. cit. . <

Th. Zolling. Zwei Erziihlungen von K.-F. Meyer [Gegenwart, n° 38, 1 885) .

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