‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 21 sur 177 · Lettre du G mai · texte numérisé non relu

Lettre du G mai

4. Il s'agit de la traduction des Récits des Temps Mérovingiens d'Augustin Thierry, dont il sera question quelques pages plus loin.

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éreinté et quasi abêti par ce travail de forçat, on se range au nombre de ces âmes simples qui, la journée finie, n'aspirent qu'à un calme absolu et à un verre de bière1. » A une lettre du 7 mai 1 853, il ajoute en post-scriptum : « Savez-vous que L'étude commence à me captiver? ce serait trop amusant si je devenais à la fin un savant! »

Cependant, il y a des moments où il se lasse de « traduire comme un Allemand », où le poète se réveille en lui et réclame ses droits. Il écrit, le 18 avril : « Je suis travaillé plus que jamais de mon amour sauvage d'indépendance et d'art, il faut bien, tant cela m'a repris, que je couche par écrit, dimanche prochain, le plan de certain drame qui m'occupe déjà depuis de longues années. » Et, quelques mois plus tard : « J'ai dû renoncer à ce qui m'est le plus cher, à l'Art, ce plaisir enivrant, cette douce folie, parce que j'ai d'autres devoirs à remplir... Il faut souvent que je me tienne à quatre, surtout par ces belles soirées d'été, pour ne pas barbouiller du papier. La poésie me surprend souvent comme un brigand ; ma sœur, le mâle amour de mon ami ", enfin le cœur me fait souvent délicieusement mal. Tenez, pour poète, je le suis; mais c'est précisément à cela que je renonce, surtout par amour pour ma mère; et vous voulez, vous autres, madones et diaconesses, qu'on fasse tant d<- <as de vos sacrifices ? »

Il sent, en certaines heures, que celte vie de discipline et de labeur qu'il s'impose ne sullit pa* à combler son cœur, et plusieurs de ses lettres portent la trace d'un désenchanta ment résigné qu'on a peine à rencontrer sous la plume d'un jeune homme de vingt-huit ans. « J'ai eu, écrit-il le 22 octobre 1 853, des visites de Zurich, on m'y aime encore; ici, MM. Van «1er Mùllen, Vulliemin veulent tous deux faire mon bonheur île la manière la plus agréable du monde; je n'a» rais qu'à parler, mais je n'en ai pas trace d'envie. Une placé

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